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[Revue de presse] Plan de relance européen : à l'approche du Conseil européen, les tensions couvent entre les Vingt-Sept

Revue de presse 10.06.2020

A la suite de la proposition de plan de relance formulée par la Commission européenne le 27 mai dernier, les ministres des Finances des 27 Etats membres se sont entretenus mardi 9 juin par visioconférence. Des discussions marquées par les réticences des "frugaux", mais aussi des pays du groupe de Visegrád, qu'il faudra lever pour parvenir à un consensus lors du Conseil européen.

Sous la présidence du ministre croate des Finances, les ministres européens des Finances se sont réunis par visioconférence pour échanger leurs positions sur le plan de relance de la Commission européenne - Crédits : Conseil de l'UE

Sous la présidence du ministre croate des Finances, les ministres européens des Finances se sont réunis par visioconférence pour échanger leurs positions sur le plan de relance de la Commission européenne - Crédits : Conseil de l'UE

Mardi 9 juin, les ministres européens des Finances ont pu débattre pour la première fois "des propositions de la Commission européenne consistant à emprunter collectivement 750 milliards d'euros pour stimuler la relance économique", rapportent Les Echos. Présentées le 27 mai par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen devant le Parlement européen, ces propositions seront au cœur des discussions des chefs d'Etat et de gouvernement lors du prochain Conseil européen prévu le 19 juin. "La réunion de mardi n'avait donc pas vocation à être décisive", explique le quotidien, mais elle a permis aux ministres de "faire connaître leurs positions" sur un dossier "qui s'annonce comme le grand bras de fer européen de ce début d'été".

Ces divergences se cristallisent donc autour de la proposition de Bruxelles, qui prévoit de "[lier] le projet de plan de relance au budget pluriannuel européen" et qui doit permettre à la fois de "structurer l'Union européenne pendant sept ans, tout en donnant rapidement un coup d'accélérateur à une économie mise à genoux par la crise du coronavirus" [Les Echos]. Pour y parvenir, la Commission européenne a proposé une enveloppe de "500 milliards d'euros de subventions et 250 milliards d'euros de prêts" afin de ne pas alourdir la dette des Etats, rapporte Reuters. A cela vient s'ajouter une version modifiée du budget pluriannuel de l'Union pour la période 2021-2027, qui s'établirait à 1 100 milliards d'euros. S'ils s'apparentaient "plus à un tour de table […] qu'à une discussion à bâtons rompus", les débats ont néanmoins "confirmé les divergences profondes qui existent à ce stade entre les Vingt-Sept", commente Le Monde.

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Les réticences des "frugaux" et du groupe de Visegrád

Pour les Pays-Bas, l'Autriche, le Danemark ou encore la Suède, qualifiés de pays "frugaux" au regard de leurs finances publiques saines, le recours aux subventions (et non aux prêts) suggéré par la Commission européenne dans son plan de relance menacerait le principe selon lequel "l'UE ne peut pas s'endetter et son budget ne peut pas être déficitaire". Pour ces pays, "les subventions de l'UE ne sont pas du tout nécessaires" alors que "tous les pays peuvent emprunter à bas prix sur le marché" [Reuters]. Par ailleurs, une telle mesure, adossée au prochain cadre financier pluriannuel, impliquerait de revoir à la hausse le montant des contributions des Etats au budget européen. En début de semaine, le ministre des Finances autrichien a ainsi annoncé à Politico que "la nouvelle proposition de la Commission n'était pas acceptable sous sa forme actuelle", notamment parce qu'elle verrait "la contribution de l'Autriche au budget de l'UE augment[er] de 50 %". Côté néerlandais, le ministre des Affaires étrangères veut "éviter une augmentation structurelle des contributions" au budget européen et appelle au maintien des "rabais" dont bénéficient ces pays, sur le montant de leur participation financière au budget européen [Politico].

En Europe centrale et orientale, d'autres pays ont exprimé leurs inquiétudes concernant les répartitions des financements. Le gouvernement hongrois considère que le plan de relance de la Commission n'est pas équitable. "Dans sa forme actuelle, ce plan de sauvetage économique est injuste pour la Hongrie, puisqu'il est par essence taillé sur mesure pour aider les Etats membres du Sud", a ainsi déclaré le ministre hongrois des Finances [Challenges avec Reuters]. La Hongrie, la Lituanie, "traditionnels récipiendaires des fonds européens, se sentent lésés pour avoir bien maîtrisé l’épidémie", résume Le Figaro. En réaction, les dirigeants du groupe de Visegrád, qui réunit la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie ont prévu de se rencontrer jeudi 11 juin pour débattre d'un plan "juste et proportionné", selon les vœux du ministre hongrois [Challenges].

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Un Conseil européen décisif

La réunion des ministres des Finances avait donc pour objet de préparer le terrain des négociations entre les chefs d'Etat et de gouvernement des pays européens, qui doivent se saisir du sujet lors du prochain Conseil européen qui débutera le 19 juin à 10h. Sur ce dossier, "l’objectif est d’aller vite, dans l’espoir d’un accord avant le mois d’août, une mise en place des mécanismes à l’automne [pour] que les fonds soient disponibles début 2021", relate Le Figaro. "Nous ne pouvons pas perdre de temps", a confirmé le commissaire européen en charge du Budget Johannes Hahn, qui espère parvenir à un accord "lors du Conseil européen de juillet" [Politico].

Le Monde assure pourtant que "les discussions ne font que commencer et préfigurent déjà de débats houleux". Malgré la persistance de "difficultés de fond", certains diplomates restent optimistes au vu des échanges entre les ministres des Finances. "Il n'est pas interdit d'être prudemment optimiste compte tenu de la tonalité constructive des discussions", a ainsi déclaré un diplomate allemand cité dans Les Echos.

 

 

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