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[Revue de presse] Parlement "zombie" et menaces de mort : la rentrée houleuse des députés britanniques

Revue de presse 26.09.2019

Les parlementaires britanniques se sont remis au travail mercredi 25 septembre, après la décision retentissante de la Cour suprême britannique de révoquer la suspension du Parlement. Au cours d'une séance houleuse, des députés ont dénoncé l'attitude du Premier ministre Boris Johnson, qui a lui aussi attaqué vertement les membres de la Chambre des communes. Mais aucune nouvelle solution n'a été trouvée pour résoudre le blocage politique qui entoure le Brexit.

David Hanson, député travailliste, vent debout contre le gouvernement britannique, le 25 septembre 2019 -  Crédits : UK Parliament / Flickr

David Hanson, député travailliste, vent debout contre le gouvernement britannique, le 25 septembre 2019 - Crédits : UK Parliament / Flickr

C'est "une rentrée électrique" qui a eu lieu mercredi 25 septembre à la Chambre des communes [France info]. Les députés britanniques sont donc de retour, après la décision "historique" de la Cour suprême, la plus haute juridiction du Royaume-Uni, d'invalider la suspension du Parlement décrétée par le Premier ministre Boris Johnson et effective depuis le 9 septembre.

Ce dernier a ainsi dû écourter d'une journée son séjour à New York (où il assistait à l'Assemblée générale des Nations Unies), pour faire face aux parlementaires [Libération]. Et comme l'on pouvait s'y attendre, "le spectacle était […] au rendez-vous", raconte Le Monde, décrivant à la fin de la journée "un vrai champ de bataille"

Attaques du camp Johnson

"C’est un Boris Johnson combatif, agressif même, qui est rentré dans l’arène du Parlement, mercredi soir", rapporte Le Monde. Il en a profité pour annoncer de but en blanc que "la Cour suprême 'avait tort de se prononcer sur une question politique pendant une grande controverse nationale'" [BBC], au lieu de se concentrer sur les questions juridiques.

Boris Johnson a ensuite défié frontalement les parlementaires et en particulier l'opposition : "Ce Parlement doit s'effacer et laisser le gouvernement mettre le Brexit en œuvre, ou présenter une motion de censure et faire enfin face au jugement des électeurs", a-t-il déclaré [France info]. Le Premier ministre a été suivi dans sa charge par Geoffrey Cox, conseiller juridique du gouvernement, qui a qualifié l'institution de "honte" et ses occupants de "lâches". "Consulté par Boris Johnson, M. Cox avait considéré fin août que la prorogation [la suspension] du Parlement était 'en ligne avec la Constitution'", rappelle Le Monde. "Ce Parlement est un Parlement mort. Il ne devrait plus rester assis. Il n'a aucun droit moral de s'asseoir sur ces bancs verts", a encore répété le conseiller juridique mercredi [France info].

Menaces de mort

Ces attaques et ce champ lexical n'ont pas manqué d'offusquer les élus. D'autant plus que le débat s'est ensuite en partie reporté sur la question de la sécurité personnelle des parlementaires. Plusieurs députés ont ainsi fait part à la tribune de menaces de mort reçues récemment.

Jess Phillips, députée travailliste et militante pour les droits des femmes, a ainsi reçu un message faisant référence à une précédente déclaration du Premier ministre. Celui-ci disait alors préférer "être mort dans un fossé, que d'échouer à faire passer le Brexit". "C'est ce qui arrivera à ceux qui ne feront pas passer le Brexit", menaçait l'auteur anonyme de cette missive, selon The Guardian. Mercredi, Paula Sherriff, une élue travailliste elle aussi visée par ces menaces, a ainsi demandé à Boris Johnson "de modérer ses propos" [Le Monde].

Une injonction esquivée par le chef de l'exécutif, qui a évoqué "une fumisterie", notamment en réponse à Jo Swinson, dirigeante des Libéraux-démocrates, dont la famille est également visée par des menaces [The Times].

Le nom de Jo Cox, cette élue travailliste assassinée par un individu d'extrême-droite en 2016, a plusieurs fois surgi dans les débats. Lorsque Tracy Brabin, élue dans la circonscription de Jo Cox, a soutenu les appels à modérer les propos politiques relatifs au Brexit, Boris Johnson a préféré déclarer que "le meilleur moyen d'honorer la mémoire de Jo Cox et de rassembler ce pays est, je crois, de faire aboutir le Brexit" [The Guardian]. Un tollé a suivi cette affirmation, d'autant plus que Jo Cox avait milité pour le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne. Dans la foulée, le dirigeant du Labour, Jeremy Corbyn, a proposé aux chefs des autres partis "d'émettre une déclaration conjointe contre toute forme de langage abusif et de menaces" [The Times].

Pas d'avancées dans les négociations

Quant à "la question de savoir comment sortir de l’impasse du Brexit, le débat n’a pas avancé d’un pouce", rapporte Le Monde. Si le Premier ministre a réitéré sa promesse d'obtenir un deal avec l'Union européenne avant la date limite du 31 octobre, "tout indique à Bruxelles que les négociations piétinent" [Le Monde].

L'éventualité de nouvelles élections a été repoussée une fois de plus, puisque "le Labour et le SNP [Parti national écossais] ont refusé de voter pour des élections générales jusqu'à ce qu'un Brexit sans accord ait été définitivement écarté de la table", explique la BBC.

Dans ce contexte, une nouvelle suspension du Parlement n'est pas à écarter, Boris Johnson ayant indiqué "qu'il préparait une demande de mandat pour une deuxième suspension, pour mettre fin à ce Parlement zombie" [The Times].

La Cour suprême pourrait donc prochainement avoir un nouveau rôle à jouer. D'autant plus important si le Premier ministre ne parvient pas à obtenir un accord avec l'Union européenne et qu'il refuse de réclamer un nouveau report du Brexit comme l'y oblige une loi votée par le Parlement début septembre [The Independent].

 

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