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[Revue de presse] Pacte vert : un ambitieux programme qui doit encore convaincre

Revue de presse 12.12.2019

Pour répondre à l'urgence climatique, la Commission européenne a annoncé devant le Parlement européen les principales mesures de son Pacte vert le 11 décembre, à Bruxelles. Un programme qui devrait toucher tous les aspects de la politique européenne. Mais qui peine toujours à satisfaire les députés écologistes, et doit encore convaincre les Etats membres les plus réticents.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait du pacte vert européen la priorité de son mandat - Crédits : European People's Party / Flickr CC BY 2.0

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait du pacte vert européen la priorité de son mandat - Crédits : European People's Party / Flickr CC BY 2.0

"Une véritable révolution écologique", proclame Libération. "Une œuvre gigantesque", pour Le Soir. Ou encore un Green deal "tous azimuts", dixit Le Monde. Les qualificatifs ne manquent pas dans la presse pour décrire le Pacte vert présenté le 11 décembre par la nouvelle présidente de la Commission européenne.

Cette dernière a, elle aussi, léché son discours : "C’est un moment européen comparable à celui de l’homme qui marche sur la Lune", a-t-elle déclaré peu avant sa présentation aux eurodéputés [La Croix].

"Qu’il s’agisse de la politique énergétique, de l’industrie, des transports, des sols, de l’eau, de la construction, du commerce, de la recherche ou encore de la biodiversité et de l’agriculture, l’exécutif européen se veut sur tous les fronts de la transition écologique", explique Le Monde. Et avec en ligne de mire : "Atteindre d’ici à 2050 la neutralité carbone" [La Croix].

Certes, "le texte adopté par le tout nouveau collège de 27 commissaires n’est pour l’instant qu’une communication de 23 pages qui se contente de décliner les objectifs et les grandes lignes du Pacte vert", rappelle Libération. Toutefois, "le processus a démarré et on le voit mal s’enliser, les opinions publiques étant fortement mobilisées", souligne le journaliste Jean Quatremer.

Quelles actions ?

Avec de telles ambitions, le programme de la Commission ne peut qu'être pléthorique. Le Pacte vert "doit irriguer tout l’arsenal législatif et réglementaire de l’Europe", précise Le Monde. Il instaurera le principe du "do not harm", ce qui signifie qu'"aucune politique européenne ne devra faire barrage à la transition écologique", ajoute Libération.

Un premier objectif concret sera de réduire les émissions de CO2 "de 50 % à 55 %" en 2030 par rapport à 1990, "contre un objectif actuel de 40 %" [Le Monde]. Pour y arriver, la Commission propose par exemple que "les émissions des transports soient réduites de 90 %" en 2050 [La Croix], notamment grâce à la création d'"un million de stations de recharge pour 13 millions de véhicules propres ou à faible émission".  

En 2030, la part des énergies renouvelables devra, elle, avoir été portée à 32% de la production d'énergie (objectif contraignant adopté en 2018). Et l'efficacité énergétique avoir été améliorée de 32,5 % par rapport aux projections faites en 2007.

Emissions de CO2, marché carbone… comment l'Union européenne tente de lutter contre le changement climatique

De plus, pour "accompagner cette transition, la Commission souhaite mettre en place un mécanisme d’ajustement aux frontières, afin de prélever les importations de pays extracommunautaires qui ne respectent pas l’accord de Paris", ajoute Le Monde.

De même, "Mme von der Leyen a finalement décidé d’inscrire les futurs accords de libre-échange que conclura l’Union européenne dans le cadre du Green deal" [Le Monde]. Mais, "étant donné qu’aucun pays ne respecte pour l’instant l’accord de Paris, cela veut-il dire qu’aucun nouvel accord ne sera conclu ?", s'interroge Libération. "Silence au bout de la ligne".

"Une grande loi climatique", annoncée pour mars 2020 par l'exécutif européen, devra mettre les choses au clair [La Croix].

Quels moyens ?

Pour Libération, "l’argent est sans conteste le nerf de la guerre" : le Pacte vert mobilisera un important budget. Mercredi, Ursula von der Leyen n'a pas rappelé "le chiffre déjà avancé de 1 000 milliards d’euros mobilisés sur dix ans" pour financer le Green deal [La Croix]. En revanche, "la Commission européenne a admis dans sa communication que les besoins en financement sont supérieurs : 260 milliards d’euros d’investissement supplémentaires par an d’ici à 2030", relève La Croix. "Au total, précise la Commission, au moins 25 % du budget de l’Union européenne (UE) devra, à terme, être consacré à la transition écologique", complète Le Monde.

Des chiffres qui peuvent donner le vertige, mais qui doivent être mis en perspective avec le coût de "l’inaction climatique". Celui-ci pourrait atteindre "200 milliards d’euros par an pour l’économie européenne afin de faire face aux conséquences du changement climatique (si le réchauffement atteint + 3 degrés)", explique Libération.

Quelles limites ?

Mais l'ambitieux programme de la Commission doit encore convaincre au sein des institutions européennes. Au Parlement européen, si "les Verts-ALE se sont félicités de l’existence d’un tel pacte dès le début du mandat", ils militent tout de même "pour une baisse des émissions de 65 % d’ici à 2030", et donc bien supérieure à l'objectif de la Commission [La Croix]. Le groupe écologiste a également visé la politique économique de libre-échange de la Commission, jugée incohérente avec l'objectif climatique, par la voix de son coprésident. "Augmenter encore et toujours les flux commerciaux sur la planète est un total non sens", a déclaré Philippe Lamberts [La Libre].

De plus, Ursula von der Leyen devra aussi s'assurer du soutien des Etats membres de l'Union. Trois pays en particulier, la Pologne, la Hongrie et la République Tchèque se montrent encore "réticents à se rallier à l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050", rapporte La Croix. "De fait, peut-on demander à des économies en rattrapage de faire davantage de sacrifices que les pays d’Europe de l’Ouest qui, eux, ont joyeusement pollué durant le XXe siècle ?", s'interroge Jean Quatremer [Libération]. La Commission envisage dès lors un soutien financier "aux régions les moins vertes", afin de ne "laisser personne en chemin" [La Croix].

"La première bataille s’annonce rude et elle aura lieu ce jeudi lors du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement réuni à Bruxelles", résume Libération.

 

 

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