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[Revue de presse] Otan : un sommet sous pression

Revue de presse 03.12.2019

Les membres de l'alliance militaire occidentale se retrouvent à Londres pour deux jours. Mais l'organisation, qui s'apprête à fêter ses 70 ans, paraît aujourd'hui marquée par les divisions.

Réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'Otan, à Bruxelles, siège de l'institution, le 20 novembre 2019 - Crédits : NATO North Atlantic Treaty Organization / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'Otan, à Bruxelles, siège de l'institution, le 20 novembre 2019 - Crédits : NATO North Atlantic Treaty Organization / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

"Ne dites pas : sommet. Dites 'réunion des dirigeants'", ironise Le Soir : un "glissement sémantique" qui reflèterait "la fébrilité" et "la méfiance" qui règneraient actuellement au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN).

Ces 3 et 4 décembre à Londres, l'alliance militaire créée au lendemain de la Seconde guerre mondiale célébrera ses 70 ans d'existence. Au programme : réception avec la reine d'Angleterre à Buckingham Palace, puis dîner au 10 Downing Street ce mardi, avec son lot de discussions bilatérales en marge du sommet. Le lendemain, au cours "d'une seule matinée de réunion" [Le Monde], les chefs d’Etat et de gouvernement tenteront ensemble d'adopter une déclaration de deux pages. On est loin des "80 chapitres" du sommet de juillet 2018 à Bruxelles, remarque Le Soir.

Pourquoi une telle réduction de la voilure ? C'est "une manière de limiter le risque de nouvelles tensions", répond Le Monde. Car ces derniers mois, l'alliance transatlantique ne compte plus ces dernières. Récemment, le président français Emmanuel Macron a marqué les esprits lors d'une interview au magazine The Economist, déclarant que l'Otan était en état de "mort cérébrale".  La semaine dernière encore, celui-ci s'est réjoui d’avoir sonné un tel "wake-up call" (coup de semonce), note L'Opinion. Or beaucoup de dirigeants, des Etats-Unis à l'Allemagne en passant par la Turquie, n'ont pas apprécié ses propos.

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Partager le fardeau

La participation financière de chaque Etat à la défense commune, ou "partage du fardeau" selon les mots du président américain, devrait également se retrouver sur la table. Les Américains, qui ont prévu de consacrer cette année "3,43 % de leur PIB à la défense" [Le Soir], ne cessent de réclamer une contribution plus importante des autres membres. Seuls "neuf pays sur vingt-neuf atteignent l’effort fixé de 2 % de leur PIB", souligne Le Monde.

Un premier pas devrait cependant être effectué : les dépenses militaires des Européens et des Canadiens (892 milliards d’euros au total) seront complétées par "130 milliards de dollars" supplémentaires en 2020, relève Le Monde. Après une évolution à la baisse ces dernières années, une telle augmentation est "sans précédent", a souligné Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Otan [Le Soir].

Autre signe de bonne volonté, l'Allemagne a prévu d'augmenter sa contribution au fonctionnement de l'institution. Celle-ci atteindrait 16% du budget commun. Une décision dont l'impact financier est faible mais dotée d'une "forte charge symbolique", selon Le Monde. Et une réponse à Donald Trump qui "ne voulait pas payer plus que les Allemands" [Le Soir]. Les Etats-Unis réduiraient quant à eux leur part de 22% à 16%.

Les questions turque et russe

La situation de deux Etats devrait également nourrir le débat à Londres. La Turquie est visée tant par la France que par l'Union européenne pour son opération militaire au nord de la Syrie. L'Elysée a réclamé des "clarifications" sur cette intervention, mais également sur le veto qu'Ankara a prévu d'opposer aux "plans de défense de la Pologne et des pays baltes" [Le Monde]. Le président turc Recep Tayyip Erdogan veut en effet que l'Otan reconnaisse d'abord la milice kurde qu'il combat, les YPG, comme "terroriste" [Le Quotidien]. Une réunion à quatre (Allemagne, France, Royaume-Uni et Turquie) est prévue mardi 3 décembre.

Côté russe, "l’évocation par M. Macron d’un nouveau dialogue avec Moscou suscite des inquiétudes", rapporte Le Monde. Le secrétaire général de l'alliance a souligné ses divergences avec le président français sur cette question : il prône une ligne de "fermeté et dialogue" et souhaite que l'organisation parle "d’une seule voix".

"La mort, cet été, du traité russo-américain sur les armes nucléaires intermédiaires en Europe" pose par ailleurs de nombreux défis à l'organisation [Le Monde]. Le président russe Vladimir Poutine a proposé un moratoire sur le déploiement de ce type de missiles. Une initiative accueillie comme "une base de discussions" par Emmanuel Macron, "au risque de hérisser certains partenaires européens, inquiets de la puissance russe à leurs portes", analyse La Croix.

Quel avenir ?

Les crises qui secouent actuellement l'Otan posent surtout la question de son but et de son avenir. En demandant "à quoi sert cette alliance défensive" ou encore "qui est notre ennemi commun", le président français a posé "une bonne question", juge L'Opinion. Cependant, "beaucoup de responsables français ont du mal à mesurer l’importance que la quasi-totalité des pays européens accorde à l’Otan", admet le journal.

De plus, la réponse à ces questions dépend des intérêts de chacun. Ainsi, Washington considère Pékin et Moscou comme ses principaux "concurrents stratégiques, dans cet ordre" [Le Monde]. Tandis que la volonté française de réorienter la "défense collective" contre "le terrorisme" est perçue "par de nombreux partenaires comme une injonction de la France de venir l’aider au Sahel", rapporte L'Opinion. Un "grand discours d’Emmanuel Macron sur la stratégie française et la dissuasion" est attendu pour clarifier le sujet. "Prévu pour cette semaine", celui-ci a toutefois été de nouveau reporté [L'Opinion].

 

 

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