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[Revue de presse] Open Arms : La justice italienne ordonne le débarquement de 80 migrants

Revue de presse 21.08.2019

Les 80 migrants qui se trouvaient à bord de l'Open Arms depuis près de trois semaines, bloqués à 800 mètres de la côte italienne, ont finalement pu débarquer à Lampedusa mardi soir. Mais le ton est monté entre Rome et Madrid, soulignant l'absence de consensus européen sur l'accueil des naufragés secourus par les ONG.

L'Open Arms, au large de Lampedusa

L'Open Arms, au large de Lampedusa - Crédits : Francisco Gentico / ProActiva Open Arms

Explosions de joie

"Après 19 jours passés à bord du navire humanitaire Open Arms, dont six jours de sur-place à quelques encablures de l'île italienne de Lampedusa" [Euronews], un peu plus de 80 personnes ont pu débarquer dans "le plus proche 'port sûr' de la zone de secours" [Libération]. Un dénouement intervenu mardi 20 août, "peu avant minuit", détaille RFI.

"Le bateau comptait 147 migrants à bord à son arrivée jeudi près de Lampedusa", mais "l'attente interminable" avait poussé "quinze d’entre eux, certains sans gilets de sauvetage [à se jeter] par-dessus-bord pour tenter de rejoindre Lampedusa à la nage", tandis que les mineurs et malades avaient été évacués, explique La Croix.

"L’annonce du débarquement a suscité des explosions de joie sur le bateau" [La Croix], tandis que "le navire est entré dans le port (…) sous les applaudissements d’une cinquantaine d’habitants", relate RFI.

Situation hors de contrôle

Les migrants de l'Open Arms, "secourus au large de la Libye" par l'ONG ProActiva, au début du mois d'août, "s'étaient vu refuser l'accès de l'île par les autorités italiennes, bien que six pays européens (France, Allemagne, Luxembourg, Portugal, Roumanie et Espagne) [s'étaient] engagés à les accueillir", souligne la RTBF.

Le navire de l'organisation espagnole est "conçu pour secourir, mais pas pour accueillir très longtemps autant de monde", remarque Libération. Selon les dires de l'ONG, la situation à bord était ainsi devenue "hors de contrôle" mardi [Le Monde], alors que le navire s'apprêtait à battre le triste "record" de dix-neuf jours en mer établi par le SeaWatch 3 avant son débarquement à Malte, en janvier dernier [La Croix].

Mardi après-midi, dans un communiqué, le gouvernement espagnol avait fini par annoncer l'envoi d'un navire "afin de porter secours et escorter le bateau humanitaire" jusqu'à ses propres côtes. Madrid avait qualifié l'inaction de Matteo Salvini de "honte pour l'humanité", et estimé que l'interdiction de débarquer constituait une violation du droit de la mer. Son navire aurait toutefois mis trois jours à atteindre Lampedusa afin de permettre à l'Open Arms de rejoindre le port de Palma de Majorque, détaille le Midi Libre.

A 800 mètres des côtes

"Madrid avait [déjà] proposé dimanche à l’équipage de gagner le port espagnol le plus proche pour y débarquer, mais l’ONG a[vait] jugé que le voyage mettrait 'en danger l’intégrité et la sécurité des passagers secourus et de l’équipage'" [Le Monde].

"Alors que notre bateau est à 800 mètres des côtes de Lampedusa, les Etats européens demandent à une petite ONG comme la nôtre de faire face (…) à trois jours de navigation dans des conditions climatiques hostiles", s'était scandalisée ProActiva, citée par Libération.

L'association française Tous citoyens avait également appelé "l'ensemble des maires des villes portuaires des Alpes-Maritimes [à] ouvrir leur port aux exilés secourus en mer", critiquant la posture de la France. "Attendre qu’un autre pays ouvre les siens pour prendre ensuite en charge quelques rescapés en clamant haut et fort qu’elle agit avec humanité et solidarité" est "hypocrite et irresponsable", a ainsi déclaré le président de l'association dans un communiqué [Nice-Matin]. La France devrait accueillir 40 personnes, "si elles remplissent les conditions pour obtenir le statut de réfugié", précise Le Figaro.

Enquête contre X pour séquestration

C'est le procureur d’Agrigente, Luigi Patronaggio, qui a finalement permis de débloquer la situation en ordonnant le débarquement "dans le cadre d'une enquête contre X pour 'séquestration de personnes, omission et refus d'actes officiels'", indique Euronews. "Après une inspection de la police judiciaire et de deux médecins, il a en effet décidé que la situation difficile à bord obligeait à débarquer les rescapés" [Le Monde].

"Selon Matteo Salvini, cette enquête le viserait directement" [Euronews]. Mais le ministre de l'Intérieur italien ne se montre pas inquiet pour autant. "Pour interdire l’accès à ses ports, le pays invoquait la menace à l’ordre public", analyse un avocat déjà intervenu sur ce type de dossier, interrogé par le Figaro. Et même si le droit maritime oblige au débarquement des bateaux en situation de détresse dans les pays les plus proches, "les textes internationaux [en] laissent l’appréciation aux pays d’accueil".

A l'heure actuelle, "l'Ocean Viking, bateau affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, cherche lui aussi à débarquer dans un port sûr", rappelle La Croix. Le navire est "pratiquement à l'arrêt entre Malte et Lampedusa". Et il accueille "trois fois plus de monde [que l'Open Arms], dont près d'un tiers de mineurs" [l'Obs].

 

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