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[Revue de presse] Nucléaire iranien : face au regain de tensions, les Européens en médiateurs ?

Revue de presse 15.07.2019

En réponse à l'escalade de tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, les Européens tentent de  préserver l'accord sur le nucléaire, trouvé en 2015 et dénoncé par Donald Trump. Dans un communiqué commun publié dimanche 14 juillet, France, Royaume-Uni et Allemagne appellent au calme.

De gauche à droite : Donald Trump et Hassan Rohani - Crédits : Flickr / Wikimedia Commons

De gauche à droite : Donald Trump et Hassan Rohani - Crédits : Flickr / Wikimedia Commons

Conclu en 2015, l'accord sur le nucléaire iranien "oblige l'Iran à se débarrasser de son uranium moyennement enrichi, à réduire ses stocks d'uranium faiblement enrichi et à réduire ses activités de centrifugation gazeuse pendant 13 ans", rappelle le média britannique Sky News. En échange, les sanctions économiques qui frappent le pays seraient levées.

Toutefois, en 2018, Donald Trump a unilatéralement retiré les États-Unis de l'accord signé sous l'administration Obama, avec pour conséquence le rétablissement de certaines sanctions [BBC]. En réponse, Téhéran a "accumulé plus d'uranium faiblement enrichi que permis et a commencé à enrichir de l'uranium au-delà des 3,67 % autorisés par l'accord", et ce "au mépris de l'avertissement lancé depuis quelques temps déjà par les parties européennes de continuer à se conformer pleinement à celui-ci", fait savoir Euronews.

Les Européens inquiets pour la survie de l'Accord de Vienne

"Une mauvaise réponse à une mauvaise décision", a commenté Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères. "L'Iran doit respecter ses engagements. Nous n'acceptons pas les dernières informations selon lesquelles il dépasse ses limites de matériau enrichi", a également réagi Pekka Haavisto, chef de la diplomatie finlandaise, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l'UE. Avant de préciser que les Européens feront tout leur possible "pour aider l'Iran et son économie, dans le cas où l'Iran respecte ses engagements" [Challenges].

Dans ce contexte et face à l’intensification des tensions américano-iraniennes, "la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont agité, dimanche 14 juillet, le spectre d’un effondrement de l’accord sur le nucléaire iranien", écrit Courrier international. En effet, les trois pays européens signataires de l'accord ont appelé ensemble à "arrêter l'escalade des tensions et reprendre le dialogue" dans un communiqué commun diffusé par l’Elysée [20 minutes].

"Aujourd’hui, nous sommes préoccupés par le risque que le JCPoA (accord sur le nucléaire iranien) ne se défasse, sous la pression des sanctions imposées par les États-Unis et à la suite de la décision de l’Iran de ne plus appliquer plusieurs des dispositions centrales de l’accord", poursuivent les dirigeants, cités par L'Opinion.

Regain de tensions

Paris, Londres et Berlin se disent par ailleurs  "profondément troublés par les attaques auxquelles nous avons assisté dans le golfe Persique et au-delà, ainsi que par la détérioration de la sécurité dans la région" [20 minutes]. En effet, lundi 8 juillet, soit trois jours après que Téhéran a répliqué aux sanctions américaines en annonçant produire de l'uranium enrichi à un niveau prohibé, "trois navires de guerre auraient tenté de bloquer le passage d’un pétrolier britannique par le détroit d’Ormuz, à l’entrée du Golfe, selon le gouvernement britannique", informe L'Opinion.

Des tensions qui ont également augmenté la semaine dernière "lorsque la Grande-Bretagne a saisi un pétrolier iranien au large des côtes de Gibraltar", soupçonné d'avoir violé l'embargo contre la Syrie. En réponse, "l'Iran a exigé que la Grande-Bretagne libère le navire et a nié avoir transporté du pétrole en Syrie en violation des sanctions de l'Union européenne" [Euronews]. Selon le média, le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt a déclaré à son homologue iranien, samedi 13 juillet, que "la Grande-Bretagne faciliterait la libération du pétrolier détenu si Téhéran donnait des garanties qu'il n'ira pas en Syrie".

Mais malgré la crise, "l’administration américaine ne semble pas prête à relâcher la pression économique sur Téhéran", prévient La Croix. Car, alors que le président iranien Hassan Rohani s'est déclaré prêt à discuter avec les États-Unis "si Washington lève les sanctions et rejoint l'accord" [Euronews], le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo a fait immédiatement part de ses réticences. Dans un entretien donné au Washington Post, M. Pompeo a rappelé que l'administration Trump n'accepterait pas de "préconditions" à la reprise des négociations.  

Réunion des ministres européens des Affaires étrangères

Les ministres européens des Affaires étrangères doivent désormais se réunir lundi 15 juillet à Bruxelles, informe La Croix. En plein Brexit, les Britanniques ont à cet égard fait savoir qu'ils travailleront avec leurs partenaires européens "pour encourager l'Iran à respecter ses engagements", annonce la BBC.

Et c'est notamment à travers la "médiation française" que les Européens "tentent d'obtenir une désescalade entre Washington et Téhéran", analyse La Croix. "En moins d’un mois, Emmanuel Bonne, conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, s’est rendu à deux reprises à Téhéran. Le président français maintient, de son côté, le contact téléphonique avec Donald Trump", précise le journal.

L'objectif serait d'"obtenir une 'pause' à travers 'des gestes intermédiaires de chacune des deux parties', en attendant l’ouverture d’une négociation, voire la tenue d’un sommet entre Donald Trump et son homologue iranien Hassan Rohani, en marge de la session de l’Assemblée générale de l’ONU, fin septembre à New York" [La Croix].

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