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[Revue de presse] Migrations : un nouveau navire de sauvetage d'ONG, les Vingt-Huit toujours divisés

Revue de presse 22.07.2019

Les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières ont mis à l'eau, le 18 juillet, un nouveau navire de sauvetage. Il patrouillera au large de la Libye en vue de secourir des migrants naufragés. Le bras de fer avec Matteo Salvini est donc appelé à se poursuivre. D'autant plus que les Européens, qui se réunissent aujourd'hui lundi 22 juillet à Paris apparaissent toujours aussi divisés.

L'Ocean Viking en mer

L'Ocean Viking en mer - Crédits : Anthony Jean / SOS Méditerranée

Nouveau navire de sauvetage

Les associations humanitaires SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) "vont reprendre la mer pour secourir les migrants", annonce Libération. Les deux ONG ont "affrété un nouveau navire de sauvetage (…) sept mois après la fin des opérations de l'Aquarius", précise La Croix.

"Plus adapté" que ce dernier, car "plus jeune, plus robuste et plus rapide", rapporte Le Monde, l'Ocean Viking était au départ dédié à "l'assistance aux plateformes pétrolières en Mer du Nord", indique Libération. Le navire, qui bat pavillon norvégien, a ainsi bénéficié de "mois de préparation", selon Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée [La Croix]. Tandis que grâce à la collaboration avec MSF, le bâtiment a été doté d'une clinique [Euronews].

Il dispose par ailleurs "d'un équipage de neuf membres plus une équipe de recherches et secours", ainsi que du personnel médical et d'assistance, "soit plus de 30 personnes à bord", détaille Libération. Au total, il pourra également accueillir à son bord jusqu'à 200 migrants, indique la Deutsche Welle (Allemagne).

Le bâtiment "va patrouiller en Méditerranée centrale, mais sans jamais entrer dans les eaux territoriales libyennes", explique par ailleurs Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée, cité par 20 minutes. Le navire, qui "a quitté le port polonais de Szczecin jeudi 18 juillet" et qui croisait dimanche soir "au large du Danemark", devrait atteindre sa destination d'ici deux semaines, informe Le Monde.

426 décès depuis le début de l'année

Adapté pour naviguer en toute saison, il s'appuie aussi sur un pavillon qui semble très solide, les autorités norvégiennes ayant toujours soutenu le sauvetage en mer [RTBF]. Des conditions qui répondent à la volonté de l'ONG d'avoir une présence sur l'eau permanente, pointe Sophie Beau, citée par La Croix. Car "au moins 426 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de l’année", rappelle le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale des migrations (OIM) [Libération].

Un nombre de décès important alors même que, depuis le début de l’année, les tentatives de traversées en Méditerranée sont en net recul, avec 4 600 personnes arrivées en Italie et à Malte. En effet, "la mortalité de la route maritime a augmenté, sous l’effet de la raréfaction des moyens de secours", décrypte Le Monde.

Cette présence permanente en mer va néanmoins demander "beaucoup d’argent", observe La Croix. "Chaque jour passé en mer coûte 14 000 euros, soit 5 millions pour une pleine année de sauvetage". Or, pour l'instant, quelques collectivités territoriales ont fait des promesses de don, mais aucun Etat ni l'UE ne s'y sont risqués. En effet, en 2018 déjà, 98 % des fonds de SOS Méditerranée venaient de sources privées, relate le quotidien.

Contexte défavorable

Le contexte est en effet particulièrement défavorable à ces actions de sauvetage, rappelle Le Monde qui détaille la "pression politique et [les] entraves judiciaires" subies par l'Aquarius notamment à l'initiative de l'Italie : retrait de son pavillon, enquête sur la gestion des déchets à bord du navire, comptes bancaires gelés… Le bateau avait pourtant permis de sauver 30 000 vies.

De la même manière, en juin, la capitaine du Sea-Watch 3, Carola Rackete, a été arrêtée par les autorités italiennes pour avoir sauvé des migrants et débarqué à Lampedusa [Deutsche Welle].

Plus généralement, la tension et les divisions politiques au sein des Vingt-Huit demeurent très élevées sur le plan migratoire. "Réunis jeudi à Helsinki, les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne ne sont pas parvenus à s’entendre sur un 'mécanisme de solidarité'", relate le Huffington Post. Une nouvelle réunion doit avoir lieu aujourd'hui lundi 22 juillet à Paris "entre ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur d’une quinzaine de pays", fait savoir Libération. L'objectif est de "trouver un mécanisme de débarquement temporaire des migrants secourus en mer" [Le Monde].

Matteo Salvini, ministre italien de l'Intérieur, a fait le choix de ne pas se rendre à Paris. Dans une lettre adressée à son homologue français Christophe Castaner et rendue publique, le dirigeant d'extrême droite rappelle toutefois ses positions intransigeantes en matière d'immigration et ce qu'il estime être "la nécessité de revoir les règles du search and rescue (recherche et secours) pour empêcher les abus qui visent à favoriser une immigration illégale et incontrôlée" [Huffington Post].

M. Salvini souhaite en outre "le débarquement et la création de centres d’accueil temporaire et d’identification des migrants (hotspots) dans les pays limitrophes aux pays de départ", fustigeant les décisions prises "seulement à Paris et à Berlin", rapporte Ouest France.

Une nouvelle rencontre dédiée à la gestion des migrations est d'ores et déjà prévue pour le mois de septembre à Malte.

 

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