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[Revue de presse] Migrations : l'arrivée de deux nouveaux bateaux réactive les divisions européennes

Revue de presse 08.07.2019

Deux nouveaux bateaux ayant secouru des migrants en Méditerranée ont accosté à Lampedusa et à Malte, le 7 juillet, malgré la désapprobation des autorités. De quoi relancer les tensions entre les ONG, les autorités européennes et le dirigeant italien d'extrême droite Matteo Salvini alors qu'un accord sur la répartition de ces demandeurs d'asile n'est toujours pas trouvé.

Campagne de communication de Sea-Eye en Méditerranée avec une banderole "Honte à toi Europe"

Campagne de communication de Sea-Eye en Méditerranée avec une banderole "Honte à toi Europe" - Crédits : Sea-Eye.org

Alors que la capitaine du Sea-Watch 3 Carola Rackete est visée par plusieurs enquêtes pour être entrée de force, le 28 juin dans le port de Lampedusa après avoir secouru des migrants en mer [Sud Ouest], l'arrivée de deux bateaux de naufragés aux abords des côtes européennes ajoute à l'embarras de l'UE autour de la question migratoire.

Samedi 6 juillet, l'Alex et le Alan Kurdi (du nom de l'enfant syrien retrouvé noyé sur une plage turque en 2015) ont ainsi "tenté de débarquer sur l’île italienne de Lampedusa. L’un d’eux a réussi, l’autre a décidé de faire route vers Malte", relate Le Figaro.

Naufragés épuisés

L'Alex, bateau affrété par "le collectif italien de gauche et d’extrême gauche Mediterranea", détaille le Huffington Post, a en effet pu débarquer à Lampedusa, au petit matin, dimanche 7 juillet et après deux jours passés en mer. Mais sur le quai, "d'importantes forces de police" attendaient alors le voilier, informe Le Figaro.

Pour Mediterranea, aucune alternative n'était toutefois envisageable, en raison des conditions d'hygiène "intolérables" à bord et de l'épuisement des naufragés et de l'équipage. Si la dizaine de migrants les plus vulnérables a bien été autorisée à débarquer dès vendredi 5 juillet, plusieurs mineurs non accompagnés, dont un enfant de 11 ans restaient toujours à bord. "Dans ces conditions, il [était] impossible d’envisager 15 heures de navigation", a fait valoir Alessandra Sciurba de Mediterranea, citée par le Huffington Post.

La manœuvre a néanmoins été vivement dénoncée par les autorités italiennes, désireuses de maintenir les portes du pays fermées. Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien, cité par Le Figaro, n'a d'ailleurs pas épargné les ONG dans ses dernières adresses publiques, les associant aux "passeurs" et qualifiant leurs employés de "chacals".

Les migrants de l'Alex ont ainsi été "conduits dans un centre d'accueil", tandis que "le voilier a été provisoirement saisi et [que] son capitaine, Tommaso Stella, fait l’objet d’une enquête pour soupçon d’aide à l’immigration clandestine", relève Le Figaro.

En effet, un décret-loi adopté en juin par le gouvernement prévoit "des amendes jusqu’à 50 000 euros contre le capitaine, le propriétaire et l’armateur d’un navire qui entrerait sans autorisation dans les eaux italiennes". Après l’accostage de l’Alex, Matteo Salvini a de plus "fait savoir, par un nouveau tweet, qu’il entendait augmenter cette amende jusqu’à 1 million d’euros", précise le Huffington Post.

Le dirigeant d'extrême droite peut en outre s'appuyer sur le soutien d'une majorité des Italiens, qui sont 59 % (dont 1 électeur sur 3 du Parti démocrate, de centre-gauche) à vouloir la fermeture des ports, à en croire un sondage Ipsos réalisé pour le Corriere della sera.

Accostage à Malte

Dimanche soir, "les 65 migrants de l'Alan Kurdi", bateau de l'ONG allemande Sea-Eye, sont quant à eux arrivés à Malte, avec l'aide "d'un patrouilleur militaire maltais". En parallèle, les forces armées maltaises ont aussi porté secours "à un groupe de 58 autres migrants qui se trouvaient sur une embarcation en train de couler en mer", souligne Le Monde.

Toutefois, pas plus que l'Italie, Malte ne semble disposée à une véritable ouverture de ses ports. L'île avait en effet interdit l'entrée du bateau dans ses eaux territoriales, "avant d’infléchir sa position, en fin de journée" seulement, pointe Le Figaro.

"Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, qui a eu des discussions dimanche avec la Commission européenne et le gouvernement allemand, a précisé sur Twitter qu’aucun de ces 65 migrants ne resterait dans son pays, 'étant donné que ce cas n’était pas de la responsabilité des autorités maltaises'", détaille Le Monde.

Solutions d'urgence

La destination finale des migrants demeure ainsi incertaine. Jusqu'à une quarantaine de personnes seront accueillies en Allemagne, selon le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, cité par Le Monde.

Ce dernier a cependant critiqué ce "système" de répartition : "Pour régler ce type de cas, nous avons à présent rapidement besoin d’un mécanisme qui fonctionne. Les Etats membres et la Commission doivent y travailler d’arrache-pied", a-t-il déclaré dimanche.

Même son de cloche du côté des ministres des Affaires étrangères maltais et italien, cités par Le Monde. "Il n’est plus admissible de continuer à procéder au cas par cas, en cherchant des solutions dans l’urgence", ont-ils souligné dans un communiqué commun.

"Plus de 30 000 personnes ont manifesté samedi dans une centaine de villes d’Allemagne en signe de solidarité avec la capitaine allemande du Sea-Watch et pour réclamer une prise en charge des migrants sauvés en Méditerranée", pointe ainsi le Huffington Post.

Le pape François "qui a fait de la défense des migrants l'un des axes majeurs de son pontificat", s'est également exprimé dimanche sur la situation des migrants en provenance de Libye [La Libre], appelant "à l'organisation de 'corridors humanitaires'" pour venir en aide aux plus nécessiteux.

Lundi 8 juillet, François organise en outre une messe pour les migrants "à l'occasion du 6ème anniversaire de sa visite à Lampedusa", en présence de réfugiés et d'opérateurs humanitaires, rapporte Le Temps. Déjà lors de l'affaire du Sea-Watch 3, le diocèse de Turin avait proposé l'accueil des personnes sauvées, sans frais pour l'Etat, rappelle le journal.

 

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