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[Revue de presse] Libye : quel rôle pour l'Europe dans le processus de paix ?

Revue de presse 20.01.2020

Une conférence internationale sur la crise libyenne s'est tenue dimanche 19 janvier à Berlin. Douze pays et quatre organisations internationales ont promis de renoncer à toute interférence et de respecter un embargo sur les armes. Parmi eux, l'Union européenne cherche sa place.

Les représentants de douze Etats et quatre organisations internationales sont parvenus à un accord sur le conflit libyen, dimanche 19 janvier à Berlin - Crédits : Dario Pignatelli / Conseil de l'Union européenne

Les représentants de douze Etats et quatre organisations internationales sont parvenus à un accord sur le conflit libyen, dimanche 19 janvier à Berlin - Crédits : Dario Pignatelli / Conseil de l'Union européenne

"Il y a longtemps qu’une conférence de cette taille n’a pas eu lieu à Berlin", note RFI. Le 19 janvier, la capitale allemande a réuni douze Etats pour traiter du cas libyen. Un événement qui fait figure de petit succès diplomatique.

Parmi les parties présentes, les présidents russe et turc, directement impliqués dans le conflit qui fait rage depuis 2011, mais aussi les dirigeants français, britannique, italien et bien sûr allemand. "Quatre institutions internationales dont l’ONU et l’Union européenne", ainsi que la Ligue arabe et l'Union africaine, y étaient également présentes.

L'objectif ? Ramener les belligérants au dialogue. D'un côté, le maréchal Khalifa Haftar, "homme fort de l’Est libyen dont les troupes de l’Armée nationale (ANL) ont lancé en avril dernier une offensive sur la capitale" [Ouest France]. De l'autre : Fayez al Sarraj, chef du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale.

Un accord a ainsi été trouvé dimanche. Les pays et organisations signataires promettent ainsi de renoncer à toute "interférence" étrangère et de "respecter l'embargo sur les armes" [Les Echos]. Décidé par l'ONU en 2011, ce dernier est jusque-là "largement resté lettre morte". Les participants ont également "appelé à un cessez-le-feu permanent", ainsi qu'au "retrait des armes lourdes, de l'artillerie et des avions", selon Les Echos.

Double jeu

Les parties présentes n'avaient "pas pour ambition de résoudre la crise libyenne d’un coup de baguette magique", explique le média burkinabé Wakat Séra, cité par Courrier International. Elles cherchent surtout à éviter l'internationalisation du conflit, qui s'est enlisé.

"Depuis la reprise des combats entre camps rivaux en Libye en avril 2019, plus de 280 civils et 2 000 combattants ont été tués et, selon l'ONU, plus de 170 000 habitants ont été déplacés", indique France 24 avec l'AFP. Et les accords internationaux n'ont jusqu'alors eu que peu d'effets : le maréchal Haftar avait notamment refusé d'endosser la "fragile trêve entre belligérants" négociée la semaine dernière à Moscou, ajoute France 24.

La faute aux "chefs d'orchestre" du conflit, la Turquie et la Russie, qui se livrent à une "guerre d'influences" en Libye, analysent Les Echos. Ankara, qui soutient le gouvernement d'Union nationale de Fayez-al-Sarraj, "est accusé d’avoir dépêché quelques centaines de combattants syriens" pour le soutenir, note Le Figaro. De son côté, la Russie est soupçonnée d'appuyer le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle 80 % du pays, grâce à des "mercenaires russes, soudanais et tchadiens" [La Croix].

"Une solution politique"

L'enjeu majeur du sommet résidait donc dans la réduction de l'influence des puissances externes, "qui doivent revenir à davantage de neutralité", selon l'envoyé spécial de l'ONU en Libye Ghassan Salamé [RFI]. Une première étape nécessaire à la désescalade, afin de privilégier "une solution politique", selon les mots de la chancelière allemande Angela Merkel [Le Figaro].

Cependant, même si Fayez-al-Sarraj et Khalifa Haftar doivent participer à une "commission militaire mixte de suivi" de ce cessez-le-feu [Les Echos], "on voit mal dans ce contexte les deux hommes forts de la Libye obtempérer". Les deux dirigeants "ne se sont pas croisés à Berlin. C’est par Angela Merkel qu’ils ont été informés du résultat des discussions", relève Le Figaro. "Il n’y a toujours pas de dialogue sérieux entre les belligérants", a d'ailleurs souligné Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe.

L'Europe n'a donc "pas de garanties sur la suite du processus", déplorent Les Echos. D'autant que Turquie et Russie ont "profité du vide laissé par le retrait des Américains dans la zone et l’absence relative de l’Europe", souligne Courrier international.

Enjeux européens

L'Union européenne semble pourtant avoir intérêt à assurer la stabilité du pays. "La fin de la guerre civile et un gouvernement efficace à Tripoli signifient plus de sécurité pour l’Europe et le retour d’un partenaire avec lequel travailler sur la question des réfugiés", analyse le Tagesspiegel cité par Courrier International.

Angela Merkel souhaite ainsi s'assurer du respect du cessez-le-feu et de l'embargo "plus strictement que par le passé". "L'Europe doit être prête à mettre en œuvre et surveiller ce cessez-le-feu, éventuellement aussi avec des soldats", avait même déclaré le Haut-Représentant de l'UE Josep Borrell avant le sommet [Les Echos].

Ainsi, l'idée d'une opération internationale, placée "sous l'égide de l'ONU", "a fait son chemin chez les délégations en présence", rapporte Le Figaro. Elle est soutenue "par les Allemands, les Britanniques et les Italiens", et pourrait être mise en place avec l'aide de l’Union africaine et de la Ligue arabe, poursuit le quotidien.

Elle pourrait cependant être "coûteuse et dangereuse", estime une source diplomatique française citée par Les Echos. Le président français est, quant à lui, "soupçonné par ses alliés européens de soutenir" le maréchal Haftar [Les Echos].

Quoi qu'il en soit, la question libyenne est "en tête du programme des ministres des Affaires étrangères européens, réunis ce lundi à Bruxelles", concluent Les Echos.

 

 

 

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