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[Revue de presse] Libre-échange : le CETA revient sur la table alors que l'accord avec le Mercosur suscite de vives craintes

Revue de presse 04.07.2019

Alors qu'agriculteurs et écologistes critiquent la signature de l'accord de libre-échange entre l'UE et les pays du Mercosur, le traité commercial CETA, entré partiellement en vigueur il y a deux ans avec le Canada, revient dans le débat. En France, il sera soumis à l'Assemblée nationale le 17 juillet.

Manifestation à Varsovie contre le CETA en octobre 2016 - Crédits : Wikimedia Commons

Manifestation à Varsovie contre le CETA en octobre 2016 - Crédits : Wikimedia Commons

Le CETA revient sur la table… en même temps que le Mercosur

"Le gouvernement donne son feu vert à la ratification du CETA, l’accord commercial avec le Canada", titre L'Obs. Mercredi 3 juillet, "le conseil des ministres a délibéré et approuvé le projet de loi", a en effet déclaré Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du quai d’Orsay [Le Monde].

Adopté par le Parlement européen en février 2017, le traité de libre-échange UE-Canada, "qui concerne au total 510 millions d'Européens et 35 millions de Canadiens, supprime les droits de douane sur 98 % des produits échangés entre les deux zones, élargit certains services à la concurrence et renforce la coopération en matière réglementaire", rappelle L'Express. Il "permet aussi la reconnaissance de 143 produits d'origine géographique protégée (AOP) au Canada, dont l'agriculture gagne à l'inverse un accès accru au marché européen".

Le CETA est déjà partiellement en vigueur depuis 2 ans. Mais pour devenir pleinement applicable, il "doit être approuvé par les 38 assemblées nationales et régionales d’Europe", précise Le Monde. Seuls "l’Espagne et le Royaume-Uni l’ont déjà ratifié, mais l’Allemagne et l’Italie n’ont pas encore donné formellement leur feu vert", souligne par exemple L'Obs.

En France, les députés de l'Assemblée nationale devront l'approuver le 17 juillet. Un malheureux "hasard de calendrier", puisque l'accord commercial conclu vendredi 28 juin entre l'UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) a relancé la controverse sur les traités de libre-échange, analyse Le Figaro. "Cette concomitance tombe mal et risque de raviver une polémique avec le CETA ; un texte qui avait fini par être accepté", a ainsi glissé un conseiller de l'Elysée au journal.

Des risques sanitaires et environnementaux ?

La négociatrice de l'UE a affirmé mardi que l'accord UE-Mercosur était "stratégique" et "équilibré" [BFMTV]. Mais cet avis n'est pas partagé par les agriculteurs français, qui sont nombreux à s'être rassemblés le 2 juillet dans toute la France "pour manifester leur opposition", ni par les écologistes et différents partis et organisations, rapporte Le Monde.

[Revue de presse] Libre-échange : l'accord UE-Mercosur suscite autant d'enthousiasme que d'inquiétude

La raison ? Cet accord "concerne toute une liste de produits agricoles comme la viande de bœuf, la volaille, le sucre, mais aussi le riz, le miel et le maïs doux", rappelle BFMTV. Or "il met en concurrence deux modèles agricoles qui ne jouent pas à armes égales. D’un côté, on demande aux agriculteurs européens de monter en gamme, avec des produits plus sains, d’avoir des pratiques plus respectueuses de l’environnement. De l’autre, on ouvre nos frontières à des produits agricoles qui n’offrent aucune garantie en matière sociale, sanitaire et environnementale", estime Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, le principal syndicat agricole français, interrogée par La Croix. Au Brésil, la déforestation a "connu un bond sans précédent en juin 2019, +60 % par rapport à la même période en juin 2018", note également LCI

Le 2 juillet à Bruxelles, le chef de l'Etat Emmanuel Macron a défendu "une ouverture sans naïveté, exigeante sur le plan de l’équilibre de nos filières économiques et agricoles, exigeante sur le plan climatique", rapporte Le Figaro. Depuis la fin du mois de juin, "les ministres se relaient pour éteindre l’incendie. Avec une promesse : la France ne signera pas sans obtenir des garanties", ajoute le quotidien.

Mais les écologistes reprochent un décalage entre ce type de discours et les conséquences des derniers accords de libre-échange, notamment le CETA [20 minutes]. L'ancien ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a dénoncé le 30 juin, dans un entretien au Monde, le fait que "le Canada est l'un des pires élèves du G20". Sur le même ton, Mathilde Dupré, de l’Institut Veblen, à Bruxelles, a renchéri : "Dans le CETA, la question climatique n’est pas prise en compte. Et si elle est évoquée dans l’accord avec le Mercosur, c’est sur un mode non contraignant, sans qu’aucune sanction ne soit prévue en cas de violation de l’accord de Paris" [La Croix].

Le gouvernement tente de rassurer les députés de son propre camp

Si le CETA semble aujourd'hui être accepté au sein de la majorité, ce n'est pas le cas du nouvel accord commercial transatlantique avec le Mercosur. Pour Jean-Baptiste Moreau, député LaREM de la Creuse et éleveur, il ne faut pas mettre les deux accords dans le même panier. "L’accord [CETA] s’applique depuis deux ans et il bénéficie à l’Europe. Il n’a quasiment pas d’impact sur la viande bovine et nos exportations de produits laitiers ont augmenté de près de 10 %", vante-t-il [Libération]. "Rien à voir avec le Brésil où 70 % des produits phytosanitaires utilisés sont interdits en Europe. Cet accord avec le Mercosur serait une catastrophe pour nos filières viande et sucre".

Au total, 72 députés LaREM, avec leurs collègues du groupe "Renaissance" au Parlement européen, ont interpellé le gouvernement pour demander des "garanties démocratiques, économiques et écologiques" sur le Mercosur, rapporte le quotidien.

De son côté, la Commission européenne défend cet accord : Pierre Moscovici, "le commissaire européen aux Affaires économiques, estime que cet engagement commercial est positif car il va obliger les pays sud-américains, notamment le Brésil, à respecter les accords de Paris", relate BFMTV.

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