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[Revue de presse] La Suisse vote contre la limitation de l'immigration européenne

Revue de presse 28.09.2020

Dimanche, les Suisses se sont prononcés, par référendum, contre une proposition du parti populiste UDC visant à limiter l'immigration des ressortissants de l'Union européenne. Salué par les responsables européens, ce rejet permet de poursuivre les négociations sur un accord-cadre entre le pays et l'Union.

Après avoir voté contre une restriction de l'immigration européenne, les électeurs suisses attendent désormais de voir quelle sera leur nouvelle relation avec l'UE

Après avoir voté contre une restriction de l'immigration européenne, les électeurs suisses attendent désormais de voir quelle sera leur nouvelle relation avec l'UE - Crédits : Oleksii Liskonih / iStock

"Non pas un, ni deux, mais cinq sujets étaient soumis au vote des Suisses, ce dimanche", écrit Le Parisien. Les électeurs suisses ont notamment "voté en grande majorité […] en faveur de l'instauration d'un congé de paternité de deux semaines" et d'un salaire minimum de 4086 francs suisses (3787 euros) à Genève.

Mais ils devaient aussi se prononcer sur une initiative visant à réduire l'immigration des ressortissants de l'Union européenne. A la manœuvre, "le parti de la droite populiste [UDC] militait pour une 'immigration maîtrisée', estimant que la Suisse 'subit une immigration incontrôlée et démesurée' et que les 'emplois sont menacés'", indique France info.

"L'UDC proposait ainsi de résilier l'Accord sur la libre circulation des personnes signé en 1999 avec l'Union européenne", poursuit le média. Ce dernier permet aujourd'hui "aux Suisses de se déplacer librement dans l'UE, où ils sont actuellement près de 450 000", et aux Européens de faire de même en Suisse, rappelle Politico.

"Clause guillotine"

En outre, les relations helvético-européennes sont aujourd'hui régies par "des accords sur le commerce, les transports et la recherche en vigueur depuis 2002 et qui, s'il était mis fin à la libre circulation, cesseraient aussi automatiquement de s'appliquer en vertu d'une clause dite 'guillotine'", analyse The Guardian. Ce qui peut expliquer pourquoi "l'initiative - à laquelle s'opposaient gouvernement, parlement, syndicats et tous les autres partis politiques (…) - a été rejetée par 61,7% des votants", poursuit le média britannique.

Toutefois, la "prochaine étape s'annonce plus compliquée", prévient Le Temps. Depuis plusieurs années, Bruxelles et Berne négocient pour remplacer leurs accords bilatéraux par un accord-cadre global. "L’UE (…) exige un accord institutionnel qui liera la Suisse aux décisions de la Cour européenne de justice", précise La Tribune de Genève. Or "plusieurs points très sensibles sont encore ouverts : les mesures d’accompagnement, la directive relative aux droits des citoyens européens et les aides d’Etat" [Le Temps].

"Un message clair"

"Le peuple helvétique s'est prononcé en envoyant un message clair : ensemble, nous avons un bel avenir devant nous", a lancé le président du Conseil européen, Charles Michel [RTBF]. Egalement citée par le média belge, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a de son côté rappelé que "1,4 million de citoyens de l'Union européenne vivaient en Suisse" et que "320 000 (…) franchiss[ai]ent la frontière chaque jour pour [y] travailler". "Les citoyens suisses ont montré (…) la valeur qu'ils accordent à ces liens", a-t-elle déclaré.

Contrairement à 2014, où une initiative de l'UDC visant à réintroduire "des quotas de migrants, notamment européens", avait été approuvée [Le Monde], le pays semble aujourd'hui "renforcé après le très net rejet de 'l’Initiative de limitation'" [Le Temps]. Le vote soulage également l'exécutif européen alors que les négociations sur le Brexit sont au point mort. "Le vote suisse est-il comparable au Brexit ?", s'interrogeait d'ailleurs Forbes en amont du scrutin, soulignant que les deux initiatives répondaient au même projet de "reprendre le contrôle sur l'immigration". Un même projet donc, mais avec, de Londres à Berne et à quatre ans d'intervalle, des résultats opposés.

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