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[Revue de presse] La droite européenne suspend le parti du Hongrois Viktor Orban

Revue de presse 21.03.2019

Le Parti populaire européen, qui regroupe la droite conservatrice européenne, a pris la décision mercredi 20 mars de suspendre de ses rangs le parti hongrois Fidesz. Son leader populiste Viktor Orban avait multiplié les provocations ces derniers mois. A l'approche des élections européennes, l'option de l'exclusion n'a pas été retenue pour des raisons politiques, analyse la presse.

Viktor Orban au Congrès du Parti populaire européen (PPE) à Malte le 30 mars 2017 - Crédits : PPE / Flickr CC BY 2.0

Viktor Orban au Congrès du Parti populaire européen (PPE) à Malte le 30 mars 2017 - Crédits : PPE / Flickr CC BY 2.0

Une "suspension" à "effet immédiat"

"La droite européenne suspend le parti de Viktor Orban", titre L'Express [avec AFP]. Mercredi 20 mars, à deux mois des élections européennes, le Parti populaire européen (PPE) a en effet pris la décision de suspendre temporairement Viktor Orban et son parti nationaliste anti-immigration de la formation politique. Sans pour autant l'exclure définitivement, relève Ouest-France.

La motion soumise à l'assemblée politique du PPE "a été adoptée à la quasi-unanimité par 190 voix pour, 3 contre et 1 nul", rapporte Le Figaro. Elle relèverait d'un "compromis" incluant l'intéressé : "le PPE et le Fidesz, d'un commun accord" ont, selon le texte, demandé cette suspension. Un ajout sémantique qui devait "permettre à Viktor Orban de garder la face" mais qui se révèle "vain", relate le media.

Pour le Fidesz, les conséquences sont réelles : le parti "ne participera à aucun meeting, ne disposera d'aucun droit de vote et ne pourra proposer aucun candidat à des postes au sein du PPE jusqu'à ce que la sanction soit levée" [Le Figaro]. Et "aucune durée de suspension n'est mentionnée dans le compromis", précise RFI.

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase

La raison de cette mise à l'écart ? Les "nombreux dérapages populistes contre Bruxelles ou l'immigration" du Premier ministre hongrois [L'Express avec AFP]. Ce sont en effet ses "multiples provocations", dont une récente campagne d’affichage hostile au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker [Ouest-France], qui ont motivé  les élus du PPE. "L'enfant terrible" du PPE a en effet, pour ses détracteurs, "dépassé les bornes" en lançant cette campagne qui mettait également en scène le milliardaire hongrois George Soros [Huffington Post].

Si "le PPE a longtemps toléré la dérive autoritaire d'Orban", écrit RFI, plusieurs voix se sont récemment élevées pour demander son exclusion. Cette semaine, le président de la Commission européenne a lui-même déclaré que "sa place [était] hors du PPE", rapporte le Huffington Post. Hier, le parti européen, qui regroupe notamment la CDU d'Angela Merkel ou Les Républicains de Laurent Wauquiez, a confirmé qu'il ne pouvait "pas faire de compromis sur la démocratie, l’Etat de droit, la liberté de la presse, la liberté académique ou les droits des minorités. Une rhétorique anti-UE est inacceptable, les divergences entre le PPE et le Fidesz doivent cesser", précise la motion citée par  Le Monde.

"Aucune solution idéale"

Exclusion, suspension, gel de l'adhésion ou statu quo ? Hier, les partis qui composent le PPE étaient toutefois "extrêmement divisés" sur le cas Orban [Le Parisien]. "Il n’y avait pas de majorité pour une exclusion pure et simple", assure une source bien informée citée par Le Monde. Alors qu'une douzaine de membres soutenaient cette option, les autres "privilégiaient l’union de la famille politique à l’approche du décisif scrutin des européennes", rapporte Le Parisien.

Certains craignaient en effet qu'une exclusion "n'ouvre la voie à une scission entre l'Est et l'Ouest du continent", fait savoir L'Express (avec AFP). D'autres "s'inquiétaient également de le voir se jeter dans les bras du vice-Premier ministre italien (…) Matteo Salvini, le chef de la Ligue, parti d'extrême droite" [Huffington Post].

Il n'y avait cependant "aucune solution idéale, à trois mois des élections européennes" pour beaucoup de membres du PPE, selon Le Figaro. Mais "en ne sanctionnant pas le Fidesz, le chef de file du PPE pour les européennes, Manfred Weber, le candidat tête de liste aux européennes, s'exposait à voir sa campagne totalement parasitée par le cas Orban", poursuit le quotidien.

Si le PPE s'est vu dans l'obligation de réagir, c'est parce que Viktor Orban n'a toujours pas complètement rempli les conditions imposées par M. Weber pour maintenir le dialogue. Certes le dirigeant hongrois avait fait retirer ses affiches controversées et présenté des excuses, mais ces dernières ont été jugées insuffisantes. Et M. Orban n'a "pas bougé" pour maintenir à Budapest l'université d'Europe centrale fondée en 1991 par Georges Soros, sa "bête noire", note le Huffington Post.

L'affaire aura vraisemblablement une suite. Selon les termes du texte adopté, un comité de sages va se rendre sur place en Hongrie pour évaluer le respect des exigences du PPE [Le Parisien]. Et d'après l'eurodéputé français Franck Proust, qui participait au vote, "une décision sera prise à la remise du rapport des experts, à l'automne" [RFI].

 

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