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[Revue de presse] La difficile équation des nominations aux postes clés de l'UE

Revue de presse 29.05.2019

Réunis pour un sommet informel à Bruxelles mardi 28 mai, les vingt-huit chefs d'Etat et de gouvernement ont essayé de trouver un compromis sur les nominations aux fonctions les plus importantes de l'UE. Mais avec un nouveau Parlement européen très fragmenté politiquement, la tâche s'annonce encore plus ardue que par le passé.

Les présidents du Parlement européen Antonio Tajani et du Conseil européen Donald Tusk à Bruxelles le 28 mai - Crédits : Dario Pignatelli / Conseil européen

Les présidents du Parlement européen Antonio Tajani et du Conseil européen Donald Tusk à Bruxelles le 28 mai - Crédits : Dario Pignatelli / Conseil européen

Disons-le d'emblée, ce dîner entre chefs d'Etat et de gouvernement n'a pas permis de désigner les responsables européens de demain. A en croire Emmanuel Macron, cité par la RTBF, cette rencontre ne devait d'ailleurs pas être un "débat sur les noms mais sur les projets, les priorités et les critères" de nomination. A Bruxelles, les Vingt-Huit ont donc surtout avancé ceux qu'ils souhaitaient suivre dans leurs choix pour les postes clés de l'UE.

Nouveau président de la Commission : les chefs d'Etat et de gouvernement prennent position

De quelles fonctions parle-t-on ? Des présidences de la Commission, du Conseil, du Parlement européen et de "la fonction de haut représentant, autrement dit celle de ministre des Affaires étrangères de l’UE" [Le Figaro]. La présidence de la Banque centrale européenne (BCE) a pour sa part été "exclue de ce 'paquet' de nominations, au motif que ce poste, éminemment important, est déconnecté des élections européennes". Cette dernière fera, "elle, l’objet d’une négociation séparée entre les Etats", précise Libération.

Quels sont les critères de désignation des principaux responsables européens auxquels ont abouti les Vingt-Huit ? Il faudra que "le candidat prépare un programme précis traitant de la croissance et de l’innovation, de l’environnement, de la sécurité, de l’immigration, de la politique de défense et de l’Europe sociale", explique Libération. Qui plus est, il faudra "que la parité hommes-femmes soit parfaite, ce qui est une énorme nouveauté, et que l’équilibre Est-Ouest, Sud-Nord et bien sûr idéologique soit respecté".

Autant dire que cela ne sera pas chose aisée.

Des intérêts politiques divergents

D'autant que les élections européennes ont considérablement rebattu les cartes : pour la première fois, la droite conservatrice et les sociaux-démocrates, habitués des coalitions et des arrangements à l'amiable pour les nominations, ne détiennent plus à eux deux la majorité au Parlement européen. Le Monde ajoute que "le temps est loin où les dirigeants des grands pays européens, tous issus de la droite classique, trouvaient naturellement un terrain d’entente". "Lorsqu’Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, David Cameron, José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy se retrouvaient autour de la table, ils parlaient la même langue politique". Mais c'était il y a un peu moins de dix ans.

Aujourd'hui, "les leaders des six plus grands pays de l’UE sont tous de partis différents : l’Allemande est démocrate-chrétienne, le Français est 'progressiste', l’Italien est d’extrême droite, l’Espagnol est socialiste, le Polonais est nationaliste, et le Britannique ne pense qu’à partir", poursuit le journal. De quoi complexifier davantage encore la situation.

Le système des Spitzenkandidaten, qui implique que le poste de président de la Commission revienne à une tête de liste aux européennes capable de rassembler une majorité de députés autour d'elle, a par ailleurs été de nouveau remis en cause par les chefs d'Etat et de gouvernement à Bruxelles le 28 mai. Même si l'actuel président du Conseil européen "Donald Tusk a toutefois précisé que ces chefs de file n’étaient pas, pour autant, disqualifiés" [Le Figaro].

Manfred Weber écarté ?

Si ce principe était respecté, l'Allemand Manfred Weber, chef de file de la droite (Parti populaire européen, PPE) arrivée en tête, apparaîtrait à première vue le mieux placé pour prendre la tête de la Commission. Mais de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement s'y opposent. Notamment Emmanuel Macron, qui "a cité trois [autres] candidats ayant selon lui l’expérience et la crédibilité requises pour la présidence de la Commission : la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager, le négociateur en chef pour le Brexit Michel Barnier et l’ancien diplomate néerlandais Frans Timmermans" [Reuters].

Dans ce contexte, la candidature de M. Weber paraît sérieusement compromise, Libération allant jusqu'à titrer "la candidature Weber rejetée, la perle rare reste à trouver".

Quoi qu'il en soit, la recomposition est à l'œuvre. Et les libéraux et les Verts, qui ont connu une forte percée aux européennes, auront sans doute un rôle majeur à jouer pour forger les nouvelles majorités au sein des institutions. Le président français considère en ce sens que les libéraux, auxquels il appartient au niveau européen, auront "une responsabilité importante" en travaillant "avec les conservateurs, les sociaux-démocrates et, je le souhaite, avec les Verts" [L'Express avec l'AFP].

Toujours est-il que du point de vue des nominations, pour La Croix  "le 'Game of Thrones' des institutions européennes a commencé". Espérons que les dirigeants trouveront un terrain d'entente avant que l'hiver n'arrive.

 

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