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[Revue de presse] La Commission européenne durcit sa position dans la lutte contre les fake news

Revue de presse 11.06.2020

Mercredi 10 juin, la Commission européenne a dévoilé un rapport dans lequel elle  appelle les géants du numérique à aller plus loin dans la lutte contre la désinformation en ligne. Parmi les auteurs de telles attaques, la Commission a, pour la première fois, explicitement mentionné la Chine.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et la commissaire chargée des Valeurs et de la Transparence Věra Jourová ont présenté mercredi 10 juin un rapport accusant directement la Chine de désinformation

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et la commissaire chargée des Valeurs et de la Transparence Věra Jourová ont présenté mercredi 10 juin un rapport accusant directement la Chine de désinformation - Crédits : Dati Bendo / Commission européenne

"En ces temps de coronavirus, la désinformation peut tuer" [Euronews]. C'est le constat qu'a posé Josep Borell, Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère, mercredi 10 juin. Aux côtés de Věra Jourová, la commissaire en charge des Valeurs et de la transparence, le chef du service diplomatique européen a présenté un rapport de la Commission "appelant à un effort coordonné pour faire face à la propagation de fausses informations", écrivent Les Echos.

Parmi les responsables de cette "énorme vague de désinformation", la Commission "n'hésite plus à citer la Russie et la Chine pour 'leurs opérations d'influence ciblées'", poursuit le média. Bien que "les accusations portées contre la Russie aient été répétées à de nombreuses reprises, c'est la première fois que l'exécutif européen désigne publiquement la Chine comme une source de désinformation", relève The Guardian.

Coopérer avec les géants du numérique

"La Commission européenne veut hausser le ton face aux grandes plateformes [numériques], canaux de la désinformation". Ainsi, tout en saluant les progrès déjà réalisés en ce sens, Bruxelles insiste pour que celles-ci "intensifie[nt] leurs efforts, [soient]  plus transparentes et [rendent] davantage de comptes" [Les Echos]. La Commission les invite à fournir "des rapports mensuels sur leur lutte contre la désinformation" [Reuters], qui "devront porter sur la nature de la désinformation, la dimension du réseau impliqué, son origine géopolitique et l'audience ciblée", détaille Le Figaro. La démarche resterait volontaire : Les Echos soulignent que "depuis 2018, la Commission a choisi la voie du 'soft power', via un 'code de conduite' bâti avec les plateformes". Parmi les signataires de ce code figurent ainsi "Google, Facebook, Twitter et Mozilla", et désormais "l'application de vidéo chinoise TikTok", liste Reuters.

Mais si cet outil "a permis des progrès", reconnaissent Les Echos, plusieurs observateurs le jugent encore insuffisant. Certains experts demandent ainsi à ce que "les lois sur la liberté d'expression soient mises à jour pour s'adapter au monde numérique", complète Euronews.  La Commission européenne a en effet jusque là délégué "la responsabilité de modérer, de réduire, de retirer de la circulation, les informations nuisibles et même illégales, vers les entreprises mêmes qui créent le problème", déplore la directrice internationale de la politique du Cyber Policy Center de Stanford, citée par Euronews. A cela, la Commission répond ne pas vouloir  "instaurer de ministère de la vérité", selon Věra Jourová qui se dit à l'inverse soucieuse de "préserver les libertés d'information et d'expression" [Les Echos].

Position géopolitique

Parmi les pistes envisagées, la Commission a "salué l'attitude de Twitter", en "conflit ouvert" avec le président américain. Věra Jourová a ainsi souligné la méthode du réseau social, en conformité avec l'ambition de la Commission : si ce dernier n'a pas supprimé les messages de Donald Trump, il a en revanche "fourni une information vérifiée", ce que la commissaire tchèque considère comme du "pluralisme"  [Le Figaro].

L'exécutif européen n'hésite en effet plus à pointer du doigts les acteurs internationaux contribuant à la propagation de fake news. En incluant la Chine parmi les instigateurs des campagnes de désinformation subies par l'UE dans son rapport, la Commission assume son ambition "géopolitique" souhaitée par sa présidente, en prenant "des positions fortes sur la scène internationale" [Courrier international].

Cette accusation ne se fait pas sans preuves : "nous avons vu des types de communication beaucoup plus agressifs de la part des acteurs chinois, qui copient souvent des tactiques de type russe" a ainsi expliqué Mareike Ohlberg, chercheur au German Marshall Fund of the United States. "Nous avons été témoins de nombreuses accusations selon lesquelles le coronavirus a été développé dans des laboratoires américains, et de l'exagération du soutien de la Chine au sein de l'UE", a complété Věra Jourová [Politico]. "Nous travaillons déjà depuis longtemps sur la désinformation. […] Ces dernières années, la désinformation a également porté sur des sources provenant de Chine", a expliqué Josep Borrell [La Libre]. Pour autant, le chef de la diplomatie européenne a précisé que l'UE n'avait pas "l'intention d'entrer dans une 'guerre froide' avec la Chine", nuance le média belge.

 

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