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[Revue de presse] La Commission européenne dénonce les propos "inacceptables" du président turc contre Emmanuel Macron

Revue de presse 26.10.2020

Dimanche 25 octobre, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a dénoncé les propos "inacceptables" de Recep Tayyip Erdogan à l'égard du président français, et appelé Ankara à "cesser cette spirale dangereuse de confrontation".

Le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell

Le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell - Crédits : Flickr Parlement européen

"Les propos du Président Recep Tayyip Erdoğan à l'égard du Président Emmanuel Macron sont inacceptables", a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, dimanche 25 octobre sur Twitter [Challenges]. Tandis que "l’ambassadeur de France en Turquie a été rappelé à Paris dans ce qui se veut 'un signal très fort'", indique l'Obs.

M. Erdoğan avait "de nouveau attaqué dimanche Emmanuel Macron, réitérant ses doutes sur sa santé mentale", rapporte Le Monde. "Le dirigeant turc reproche […], depuis ce week-end, à son homologue français d'avoir promis que la France continuerait de défendre les caricatures du prophète Mahomet", rappelle L'Orient-Le Jour. Lors d’un hommage rendu au professeur assassiné Samuel Paty jeudi, Emmanuel Macron avait en effet promis de ne pas "renoncer aux caricatures" de Mahomet.

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"Chiffon rouge"

Les échauffourées entre Paris et Ankara ne datent pas d'hier. Il y a deux semaines déjà, "M. Erdogan avait dénoncé comme une provocation les déclarations du président français sur le 'séparatisme islamiste' et la nécessité de 'structurer l’islam' en France, alors que l’exécutif présentait un projet de loi sur ce thème", précise Le Monde. "Faire du président français un parangon de l’islamophobie est un chiffon rouge qu’ [Erdogan] aime agiter pour rehausser sa popularité urbi et orbi", analyse Marie Jégo pour Le Monde. "Il en a besoin", poursuit la correspondante du journal à Ankara, face à une popularité et une économie nationales toutes deux en berne. 

Le Figaro remonte même plus loin : "les résistances françaises à l’entrée dans l’Europe de la Turquie et la loi de 2001 sur le génocide arménien par les Turcs ottomans, avaient braqué Ankara contre Paris". Et les incursions de la Turquie en Syrie et en Libye n'ont rien arrangé : "l'offensive turque dans le nord-ouest de la Syrie contre les forces kurdes YPG, alliées de la France et de ses partenaires de la coalition anti-Daech, a été mal vécue par Paris", indique le quotidien. Situation similaire en Libye où "le soutien d’Ankara au Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj" a également été "mal vécu" [Le Figaro]. Plus récemment, les explorations turques en Méditerranée orientale et le soutien de la Turquie à "l’Azerbaïdjan, reparti en guerre contre l’Arménie pour le contrôle du Haut-Karabakh", ont encore accentué la discorde.

Vives réactions au Moyen-Orient

"Dans tous ces dossiers de politique étrangère, le président turc joue les trublions, souffle sur les braises des vieilles rancœurs et des conflits mal éteints", poursuit Le Monde. Or face à lui, "les membres de l’Alliance atlantique, dont l’animal fétiche est l’autruche, ont replongé la tête dans le sable. […] Les Américains sont restés indifférents aux provocations turques. C’est la même chose au sein de l’Europe", analyse de son côté le Figaro. "Si Ankara poursuit ses actions illégales, nous utiliserons tous les instruments à notre disposition", avait pourtant conclu la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à l'issue du Conseil européen du 16 octobre condamnant les "provocations" turques en Méditerranée, rappelle la RTBF.

Ailleurs, les déclarations d'Emmanuel Macron sur les caricatures de Mahomet ont "déclenché un flot de critiques dans de nombreux pays à majorité musulmane", résume L'Orient-Le Jour. "Des fromages retirés des rayons des magasins au Koweït, des photos d'Emmanuel Macron brûlées à Gaza" font partie des manifestations les plus visibles, énumère France info. Tout comme la condamnation vendredi, par "l'Organisation de coopération islamique (OCI), qui réunit 57 pays pour la plupart majoritairement musulmans", de ce qu'elle nomme une "attaque systématique et continue contre les sentiments des personnes de confession musulmane'", indique le média.

Sur les réseaux sociaux, "#Boycott_France_Products, #We_Love_Mohammad ou encore #WeHateFrancegovernment" font partie des messages qui ont proliféré, appelant au boycott de produits français, cependant peu suivi [Le Parisien]. Certaines chaînes de distribution au Qatar "ont annoncé qu'elles 'retireraient' les produits français des magasins jusqu'à nouvel ordre", tandis qu'au Koweït, "des images montrant les fromages Kiri et Babybel retirés des rayons de certains magasins ont été relayées sur les réseaux sociaux", liste le quotidien.

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