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[Revue de presse] L'UE réduit ses émissions de CO2 mais ses efforts restent insuffisants

Revue de presse 09.05.2019

Les Etats membres ont réduit leurs émissions de CO2 de 2,5 % en 2018 par rapport à l'année précédente. Malgré tout, l'UE entrera vendredi 10 mai en "déficit écologique". Ce qui signifie que si l'ensemble de l'humanité vivait comme les Européens, elle aurait déjà épuisé les ressources que la Terre est capable de régénérer en une année.

Mine de charbon et centrale thermique de Bełchatów en Pologne - Crédits : ewg3D / iStock

Mine de charbon et centrale thermique de Bełchatów en Pologne - Crédits : ewg3D / iStock

Des émissions de gaz carbonique en baisse

Si elles ont atteint "un niveau sans précédent dans le monde" en 2018, les émissions de CO2 ont cependant baissé dans l'Union européenne au cours de la même période, indiquent Les Echos. Les pays de l'UE ont effectivement réduit leurs émissions en la matière de 2,5 % en 2018 par rapport à 2017, a annoncé mercredi 8 mai Eurostat, l'office européen des statistiques.

Une diminution néanmoins limitée par d'importantes hausses en Pologne et en Slovaquie, fait savoir l'institut cité par Le Monde (avec l'AFP). Dans ces deux pays, les émissions de gaz carbonique ont respectivement augmenté de 3,5 % et 2,4 %.

L'environnement et le climat dans l'Union européenne

Sur les 28 Etats membres, 20 ont diminué leurs rejets de CO2 dans l'atmosphère [Franceinfo avec AFP]. Par rapport à 2017, les baisses les plus importantes ont été enregistrées au Portugal (-9 %), en Bulgarie (-8,1 %), en Irlande (-6,8 %) et en Allemagne (-5,4 %). Elles ont cependant continué d'augmenter en Lituanie (+0,6 %), en Finlande (+1,9 %), en Slovaquie (+2,4 %), en Pologne (+3,5 %), au Luxembourg (+3,7 %), en Estonie (+4,5 %), à Malte (+6,7 %) et en Lettonie (+8,5 %).

La Lettonie ne représente toutefois que 0,2 % des émissions de gaz carbonique de l'UE. Tandis que "l'Allemagne a contribué pour 22 % des émissions de CO2 dans l'UE en 2018, suivie par le Royaume-Uni (11,4 %), la Pologne (10 %), la France (10 %) et l'Italie (10 %)", rapporte à cet égard Franceinfo (avec AFP). Le média rappelle également que l'UE s'est engagée à une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % en 2020, par rapport aux niveaux de 1990, et de 40 % d'ici 2030.

L'objectif de 2020 est pour l'instant atteint, selon une spécialiste de la question à la Commission européenne, interrogée par Les Echos : "Les émissions actuelles sont plus de 20 % au-dessous des niveaux de 1990. Et la baisse de 2018 intervient alors que l'économie de l'Union européenne continue de se développer", note-t-elle.

Mais les efforts de l'UE sont bien loin d'être suffisants à l'heure actuelle pour mettre un terme aux profonds périls climatiques et environnementaux engendrés par l'activité des Européens.

L'UE en "déficit écologique"

"Que l’on observe la situation du point de vue global ou régional, le constat reste très alarmant", lit-on ainsi dans Libération. Car le 10 mai sera le "jour du dépassement" pour l'Union européenne. Il s'agit autrement dit du "jour à partir duquel nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres et cultivé plus de terres que ce que la nature ne peut nous procurer au cours d'une année", explique dans un communiqué l'ONG WWF, qui produit cet indicateur en collaboration avec le think tank Global Footprint Network [Geo]. "Cela marque également le moment où nos émissions de gaz à effet de serre auront été plus importantes que ce que nos océans et nos forêts ne peuvent absorber", précise aussi le communiqué.

"Si le monde consommait autant que l'UE, il nous faudrait quasi trois planètes", observe de son côté le média belge 7sur7 (avec Belga). Les chiffres de WWF indiquent effectivement que 2,8 planètes seraient nécessaires pour vivre chaque année si tous les habitants de la Terre utilisaient autant de ressources que les citoyens de l'Union européenne. Et "si la Chine a une empreinte écologique totale deux fois supérieure à celle des Etats-Unis et de l’UE, ces derniers ont une empreinte par personne supérieure" [Libération].

"Mais l’espoir n’est pas tout à fait éteint : l’empreinte écologique moyenne des résidents de l’UE est en baisse depuis 2007 (-19 %), notamment en raison de la crise financière", poursuit Libération. En 2007, l'UE avait atteint le "jour du dépassement" le 23 avril.

Pour limiter l'empreinte écologique de l'Europe, le WWF a émis des propositions pour les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, qui se réunissent pour un Conseil européen informel ce jeudi 9 mai à Sibiu en Roumanie. L'UE pourrait notamment se fixer comme engagement "d’atteindre zéro émission nette d’ici 2040", selon le communiqué de l'ONG.

Protection de la biodiversité : que fait l'Europe ?

Une coalition de huit pays européens pour aller plus loin

Dans le cadre du sommet de Sibiu, où l'agenda européen des cinq prochaines années sera discuté, huit pays de l'UE ont lancé en parallèle un appel pour "agir maintenant", selon les termes de l'Elysée. La France fait ainsi partie de ces Etats membres, aux côtés de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, du Portugal, de l'Espagne, du Danemark et de la Suède [Le Monde avec l'AFP].

"Du fait de son importance fondamentale pour l’avenir de l’Europe, comme défi et comme opportunité, la lutte contre le changement climatique doit être la clef de voûte de l’agenda stratégique européen pour la période 2019-2024", affirme le texte signé par les huit pays. Celui-ci appelle notamment l'UE à respecter l'objectif "d’atteindre zéro émission de gaz à effet de serre net d’ici 2050 au plus tard" et préconise que 25 % du budget européen soient consacrés "à des projets destinés à lutter contre le changement climatique".

De source élyséenne, l'initiative a été prise par "les pays les plus ambitieux en matière climatique" afin que "les plus réticents [ne] donnent [pas] le ton", relate Le Monde avec l'AFP. Si les signataires espèrent que d'autres Etats membres les rejoindront, l'Allemagne "n’a pas à ce stade voulu [...] soutenir" la démarche pour "des questions internes", explique la source à la présidence française du journal.

Enfin, c'est bien l'écologie que le parti du président a choisi de mettre en avant dans son programme pour les Européennes, dévoilé hier. La volonté de "faire de l’Europe une puissance verte" y figure en première position [La Croix].

 

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