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[Revue de presse] L'Otan condamne la capture de navires ukrainiens par la Russie

Revue de presse 27.11.2018

Trois navires de la marine ukrainienne ont été arraisonnés et capturés dimanche 25 novembre dans le détroit de Kertch, séparant la Crimée et le sud-ouest de la Russie. La Russie s'estime légitime dans ses eaux territoriales, tandis que l'Ukraine a déclaré la loi martiale dans les régions frontalières, par peur d'une offensive russe. Les pays occidentaux appellent à la libération des marins.

Le détroit de Kertch, entre la mer Noire et la mer d'Azov

Le détroit de Kertch, entre la mer Noire et la mer d'Azov - Crédits - 200mm / iStock

"L'Ukraine et la Russie sont engagées dans leur pire bras de fer depuis plusieurs années", déclare l'Express. Dimanche 25 novembre, "des bateaux des gardes-frontières russes se sont emparés de trois navires ukrainiens après leur avoir tiré dessus, faisant prisonniers la vingtaine de marins à bord". L'accrochage "est survenu en mer Noire lorsque ces navires tentaient de pénétrer le détroit de Kertch pour entrer dans la mer d'Azov", ajoute l'hebdomadaire. Faut-il craindre l'escalade entre les deux pays ?

Tensions autour du détroit de Kertch

La Russie s'estime dans son bon droit. Le pays "revendique le contrôle des eaux au large de la Crimée depuis l'annexion de la péninsule en 2014", explique l'Obs. Pourtant, "Kiev et les Occidentaux accusent Moscou d''entraver' délibérément la navigation des navires commerciaux via le détroit de Kertch". En réaction, "Kiev demande [la] libération [de ses marins] et de nouvelles sanctions contre Moscou".

Signé en 2003, un accord entre le président ukrainien de l'époque Leonid Koutchma et Vladimir Poutine "donnait normalement droit aux deux pays de naviguer librement dans le secteur. Mais, dans les faits, Moscou considère le passage des bateaux ukrainiens comme une violation de ses eaux territoriales", rappelle Le Monde. La situation entre les deux pays a bien évolué depuis 2003 : "la mer d’Azov, située entre la Crimée, l’Ukraine et la Russie, est une zone de tension depuis l’annexion de la Crimée en 2014 par Moscou". "Kiev ne reconnaît pas ce découpage et s’emploie à renforcer sa présence militaire" sur la mer d'Azov.

L'Ukraine introduit une loi martiale

L'Ukraine a "réuni d’urgence", dans la nuit de dimanche à lundi, son "Conseil de sécurité et de défense [qui] avait d'abord proposé au président Petro Porochenko d’introduire la loi martiale 'pour 60 jours', a annoncé le secrétaire de cette structure" [Le Progrès]. Finalement, "une session extraordinaire" du Parlement ukrainien "a déclaré l'introduction d’une loi martiale de 30 jours". Restant prudent, le président Porochenko a assuré que "la loi martiale ne signifie par une déclaration de guerre [à la Russie], elle sera introduite uniquement pour la défense".

Le texte prévoit ainsi "qu’une mobilisation partielle de la population peut être décidée par le président", mais également "la possibilité, pour les militaires, de seconder les administrations civiles en place" dans les territoires concernés par la loi (régions frontalières de la Russie, de la Transnistrie et les régions côtières du sud de l'Ukraine), précise Le Monde dans un second article.

L'Otan sur le pont

Les réactions internationales ne se sont évidemment pas fait attendre. "L’Otan en appelle à la Russie pour que les marins et les navires ukrainiens puissent repartir librement", indique RFI. L’Alliance atlantique demande aussi à Moscou "de garantir aux navires ukrainiens la liberté de navigation dans le détroit de Kertch et la mer d’Azov". Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a de son côté lancé un "appel au calme", car l'Otan "veut maintenir le dialogue déjà en place avec la Russie", commente le média international.

Pour autant, l'organisation militaire ne minimise pas les évènements : "la Russie a utilisé directement la force militaire contre l'Ukraine. Ce qui s'est passé hier est très grave", a déclaré M. Stolenberg "à l'issue d'une réunion des ambassadeurs des pays de l'Alliance pour un conseil Otan-Ukraine organisé à la demande de Kiev" [Le Figaro]. S'il a fait allusion aux "conséquences" des actions de la Russie, le secrétaire général a en revanche "refusé de dire quelles actions concrètes l'Otan pourrait mettre en œuvre".

Un "blocus inacceptable"

"On n’aime pas ce qui se passe", a de son côté commenté le président américain Donald Trump, qui a assuré "travailler là-dessus" avec les Européens, rapporte Libération. Mais "rien ne paraît justifier cet emploi de la force par la Russie", a pour sa part fait valoir une porte-parole de la diplomatie française. Quant au Royaume-Uni, le pays a condamné ce qu'il qualifie d'un "acte d’agression de la Russie".

Enfin, "l'Allemagne, qui mène avec la France, la Russie et l'Ukraine les négociations en 'format Normandie' visant à trouver une issue au conflit dans le Donbass a dénoncé lundi la fermeture du détroit de Kertch à la navigation", décrypte France 24. "Le blocus de la mer d'Azov est inacceptable", a twitté Heiko Maas, le chef de la diplomatie allemande. Pour avancer vers une résolution rapide de l'accrochage de dimanche, "des diplomates des quatre pays se sont réunis lundi à Berlin pour discuter de la situation, a fait savoir le ministère allemand des Affaires étrangères".