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[Revue de presse] L'Italie va proposer un nouveau budget / Les Vingt-Sept s'accordent sur la réforme de la zone euro

Revue de presse 04.12.2018

Hasard du calendrier, deux nœuds de frictions majeurs dans les affaires monétaires de l'Union sont en train de se délier. Entre Bruxelles et Rome, l'ambiance est à la détente alors que l'Italie annonce qu'un nouveau budget est en préparation. Quant à la réforme de la zone euro, un accord a été trouvé mardi 4 au petit matin, après une nuit entière de négociations.

La Banque centrale européenne à Francfort

La Banque centrale européenne à Francfort - Crédits : 77studio / iStock

L'exécutif italien cède face à Bruxelles

"On avance doucement, mais on avance", s'amuse Le Figaro. "À Rome comme à Bruxelles, l'heure est au dialogue sur le projet de budget italien pour 2019". Après deux mois de blocages et d'échanges tendus, "la Commission européenne a salué de nouvelles propositions italiennes qui vont dans le bon sens". Le commissaire européen à l'Économie Pierre Moscovici, qui s'était fait remarquer avec des propos très offensifs vis-à-vis de l'exécutif italien, a largement assoupli son discours : "à travers le dialogue, nous pouvons créer une atmosphère différente" a-t-il estimé.

Même son de cloche à Rome, où "le président du Conseil italien Giuseppe Conte [a déclaré] au quotidien Avvenire de mardi qu’il présentera 'dans les heures qui viennent' un nouveau projet de budget", rapporte l'agence Reuters. Ce changement de pied, après avoir soutenu bec et ongles le maintien de son budget, intervient "pour éviter une procédure disciplinaire de l’Union européenne". Sans entrer dans les détails pour le moment, "le nouveau projet comportera sans doute un déficit inférieur à ce qui était initialement prévu", indique le chef du gouvernement.

Selon le quotidien La Repubblica, cité par Challenges, "les responsables gouvernementaux pourraient ramener l'objectif de déficit aux alentours de 2%". "Nous sommes actuellement engagés dans des discussions intensives avec les autorités italiennes", a commenté le Commissaire européen à la Stabilité financière Valdis Dombrovskis. "Je dirais que la balle est maintenant dans le camp italien pour que l'Italie procède à d'importants ajustements de son projet pour 2019", a-t-il ajouté. M. Conte s'est d'ailleurs "dit convaincu de parvenir à un compromis avec la Commission européenne", lors d'une déclaration au sommet du G20, dimanche 2 décembre à Buenos Aires.

Les Echos révèlent un certain nombre d'éléments de "la loi de finances qui sera soumise avant Noël au Parlement". Celle-ci a été en partie "expurgée des mesures les plus coûteuses : celles concernant le revenu de citoyenneté et les départs anticipés à la retraite". Sans pour autant les supprimer complètement, "leur lancement sera différé, le nombre des bénéficiaires réduit tout comme le montant du revenu citoyen qui pourrait passer de 780 à... 500 euros". Face à cela, "pour faire accepter à l'opinion publique l'abandon des deux symboles de son programme, le gouvernement a multiplié les cadeaux fiscaux et les embauches dans la fonction publique".

Le Conseil de l'Union européenne trouve un accord de réforme de la zone euro

Dans le même temps à Bruxelles, les ministres des Finances de l'Union européenne se réunissaient lundi 3 novembre pour négocier la réforme de la zone euro. "Avant de commencer la réunion lundi, les ministres français et allemand des Finances, Bruno Le Maire et Olaf Scholz, s'étaient montrés confiants de parvenir à progresser", relate RTBF (Belgique). "La réunion est terminée après 18 heures (de négociations), nous avons un accord sur la réforme de la zone euro", a tweeté le porte-parole de l'Eurogroupe Luis Rego, tôt le matin mardi 4 novembre. "Aucun détail n'a pour l'instant filtré sur l'accord" qui a occupé les ministres durant toute la nuit.

Pour l'éditorialiste du journal Le Point Emmanuel Berretta, "le ministre des Finances allemand a fait tourner les Français en bourriques depuis des mois, se montrant tantôt ouvert à une réforme profonde de la zone euro, tantôt plus circonspect". Concrètement, "il s'agit de savoir si l'union économique et monétaire est capable, par temps calme, de renforcer ses mécanismes de protection de manière à aborder avec plus d'outils entre ses mains la prochaine crise", continue-t-il.

En définitive, "l’accord conclu entre les 27 ministres de l’UE – sans le Royaume-Uni pour cause de Brexit – aurait pour objectif de doter les autorités européennes d’une boîte à outils plus efficace en cas de choc majeur pour l’économie européenne", explique Le Monde. Pourtant, si "ces propositions renforcent le système financier européen", elles n’incluent cependant "aucune des grandes visions évoquées par le passé telles qu’un ministre des finances de la zone euro ou une sorte de FMI européen". De même, continue le journal, "sur un budget spécifique de la zone euro, l’une des idées-phares d’Emmanuel Macron, les discussions n’ont pas autant progressé que l’aurait souhaité Paris".