Derniers articles publiés

[Revue de presse] L'Italie maintient son budget malgré les critiques européennes

Revue de presse 23.10.2018

En dépit des vives critiques de la Commission européenne sur son budget 2019, le gouvernement italien maintient sa ligne, avec quelques légères concessions. Le Premier ministre Giuseppe Conte a par ailleurs réaffirmé sa volonté de conserver la monnaie unique.

Ministère italien des Finances, à Rome

Ministère italien des Finances, à Rome - Crédits : fotokon / iStock

Les tensions entre Rome et Bruxelles autour du projet de budget italien pour 2019, annoncé fin septembre par le Conseil des ministres, se sont un peu plus aggravées lundi 22 octobre. Le gouvernement de Giuseppe Conte, coalition de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, anti-système), prévoit "pour l'an prochain […] un déficit budgétaire de 2,4% du PIB", rappelle Le Figaro, conséquences d'une forte augmentation des dépenses publiques.

[Revue de presse] L'Italie confirme sa volonté d'un budget en hausse, la Commission veut dialoguer

Opposition entre Rome et Bruxelles

Soumise à l'évaluation de la Commission européenne comme l'exigent les règles de coordination économique au sein de la zone euro, la proposition de budget pour 2019 s'est donc rapidement vue réprouvée par l'exécutif européen. Pour autant, le gouvernement italien n'envisage pas de modifier son budget : face aux "critiques de la Commission européenne, la coalition populiste au pouvoir en Italie a maintenu lundi [22 octobre] inchangées ses prévisions de budget", poursuit Le Figaro.

La coordination économique des Etats européens

Dans une lettre adressée à la Commission lundi 22 octobre, le ministre italien des Finances Giovanni Tria explique effectivement "qu'il ne changera rien à son budget, qu'il ne réduira par la dette de 131% du PIB, qu'il laissera filer le déficit à 2,4% et qu'il mise sur une croissance très optimiste de 1,5%", rapporte Franceinfo. Pour Giuseppe Conte, "ce budget est bien construit, bien conçu, les prévisions de croissance sont très bonnes, en cohérence avec ce que nous faisons en ce moment". "Dans le même temps, il s’est engagé à porter la dette publique, actuellement de 131 % du PIB, à 126,5 % en 2021", rapporte Le Monde.

À l'inverse, le commissaire européen à l'Économie Pierre Moscovici, qui a formulé ses critiques lundi dans une lettre adressée à l'Italie, estime que "quand on appartient à l'Union européenne et quand on appartient en plus à la monnaie unique, on doit respecter un certain nombre de règles communes", poursuit Franceinfo. Dans cette programmation budgétaire pluriannuelle, les engagements du précédent gouvernement ne sont pas respectés : la coalition "prévoit un déficit de 2,4 % du PIB en 2019 (contre 0,8 % pour le précédent gouvernement), puis de 2,1 % en 2020 (contre 0 %) et de 1,8 % en 2021", précise Le Monde.

Rome justifie son budget

Lundi 22 octobre, Giuseppe Conte a également tenu une conférence de presse à l'occasion de laquelle il a ainsi justifié l'action de son gouvernement : "nous ne sommes pas une bande d'exaltés indisciplinés" [Les Echos]. Il s'en est également pris à politique économique européenne, arguant avoir "longuement étudié la question" : "les recettes de politique économique de l'Europe n'ont pas fonctionné. L'Italie était à la traîne et courrait vers la récession", a-t-il expliqué selon Les Echos.

[Revue de presse] Le budget italien au cœur du sommet de la zone euro

Allant dans ce sens, Jean-Pierre Petit, président des Cahiers verts de l'Économie interrogé par l'Express explique que selon lui, "ces règles uniformes sont absurdes", et "le postulat sur lequel elles s'appuient est faux". "On nous dit qu'un relâchement budgétaire italien favorisera la diffusion d'une hausse des taux d'intérêt aux autres pays de la zone euro. Ce n'est pas le cas", explique l'économiste. Selon lui, "lorsque le risque italien progresse, les pays du cœur de la zone euro jouent leur rôle refuge et leurs taux d'intérêt baissent". En définitive, refuser ce budget revient à "imposer une austérité budgétaire quasi-éternelle à l'Italie qui menace l'existence de la zone euro".

Se voulant tout de même rassurant vis-à-vis des marchés financiers, M. Conte "a assuré que le déficit budgétaire de 2,4 % était 'un plafond maximal', qui ne serait pas franchi", souligne France 24. Par la même occasion, il a réaffirmé "l'engagement européen de l'Italie, déjà martelé par ses deux vice-premiers ministres populistes, Luigi Di Maio et Matteo Salvini", poursuit la chaîne internationale : "lisez bien sur mes lèvres : pour l'Italie, il n'y a aucune chance d'Italexit, de sortie de l'Europe ou de l'eurozone", a-t-il déclaré.