Derniers articles publiés

[Revue de presse] Italie : une coalition entre le Parti démocrate et le M5S ?

Revue de presse 27.08.2019

Près de trois semaines après l'éclatement de la coalition entre la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), les tractations s'accélèrent pour former un nouveau gouvernement. Le M5S et le Parti démocrate (PD, centre-gauche), deux partis longtemps ennemis, semblent aujourd'hui prêts à s'allier. Mais leur capacité à s'accorder sur un programme commun interroge.

Luigi di Maio et Nicola Zingaretti, respectivement chefs du Mouvement 5 étoiles et du Parti démocrate qui pourraient former une coalition gouvernementale

Luigi di Maio (Mouvement 5 étoiles) et Nicola Zingaretti (Parti démocrate) travaillent à former une coalition gouvernementale - Crédits : Mauro Bottaro / Commission européenne | Niccolo Caranti / Flickr

L'hypothèse d'élections anticipées s'éloigne

"Près de trois semaines après le dynamitage par le patron de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini de l'alliance instable formée seulement 14 mois plus tôt avec le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), la recomposition du paysage politique semble en bonne voie", annonce La Croix (avec l'AFP).

L'éclatement de la coalition avait mis de nombreux scénarios sur la table, indique le Huffington Post. "Dans le camp Salvini, le pari [était] de provoquer de nouvelles élections" afin de gouverner seul, moins de deux ans après les dernières législatives.

Mais seul Sergio Mattarella, le président italien, a le pouvoir de convoquer ce scrutin. Le chef de l'Etat "devrait annoncer mercredi soir une issue à la crise gouvernementale" sans passer par la case élections, explique Politico. Car son souhait "est d’aller vite et d’éviter de prolonger l’instabilité politique de la troisième économie de la zone euro", détaille Le Monde.

Matteo Salvini, dont le parti a perdu entre 5 et 7 points d'intentions de vote dans les sondages en trois semaines, a d'ailleurs lui-même semblé reconnaître l'échec de sa manœuvre lors d'une conférence de presse lundi soir : "je suis fier du choix de liberté fait par la Ligue. On peut échapper aux élections pendant un mois, un an, mais le jugement du peuple arrive tôt ou tard", a-t-il ainsi déclaré [Le Point avec l'AFP].

Alliance entre les antisystèmes et le centre-gauche

"L'option la plus réaliste", suggérée par l'ancien Premier ministre Matteo Renzi apparaît aujourd'hui ainsi être la formation d'une alliance entre le M5S et le Parti démocrate [Huffington Post avec l'AFP].

"Les pourparlers se sont [en effet] intensifiés lundi 26 août, entre le M5S et le PD pour former un nouveau gouvernement et s’accorder sur le nom d’un Premier ministre", relate Le Monde. "Je suis optimiste pour construire cet accord", a ainsi déclaré Nicola Zingaretti, le secrétaire du PD après s'être brièvement entretenu avec Luigi di Maio, patron du M5S [La Croix].

Jusqu'à présent, c'est le sort de Giuseppe Conte, Premier ministre démissionnaire, indépendant mais proche du M5S qui semblait constituer "le principal obstacle à la constitution d'une coalition alternative", explique Le Figaro (avec Reuters).

Nicola Zingaretti excluait en effet le renouvellement du mandat de M. Conte, affirmant que l'Italie avait besoin d'une coupure nette avec le précédent gouvernement [Politico]. Les démocrates lui reprochaient "d’avoir accepté les diktats anti-migrants de Matteo Salvini, son ministre de l’Intérieur pendant un peu plus d’un an" [20 minutes]. Mais le parti a finalement accepté de lever "son veto à la reconduction de Giuseppe Conte à la présidence du Conseil", indique Le Figaro.

Car à ce stade, "les négociations se concentrent davantage sur la répartition des portefeuilles que sur les programmes politiques", analyse Elena Cavallone, correspondante à Rome d'Euronews. "La reconduction de Giuseppe Conte dans le nouveau gouvernement pourrait ainsi se confirmer dans le cas où des ministères importants étaient confiés au Parti démocrate". Par ailleurs, les noms de deux figures du Parti démocrate - l'actuel président du parti Paolo Gentiloni et l'eurodéputé Roberto Gualtieri - ont été évoqués pour le poste de commissaire européen de l'Italie, souligne Politico.

Quel programme de gouvernement ?

Mais "selon les médias italiens, citant des sources au sein du Parti démocrate", les rencontres, notamment entre M. Zingaretti, M. di Maio et M. Conte n’ont pour l'instant, "pas permis de trouver un accord sur le programme de gouvernement" [20 minutes]. Pas plus que pour le projet de loi de finances 2020, "à l'élaboration difficile sur fond de croissance poussive et de lourd endettement" [La Croix].

Les deux camps convergent toutefois "sur la réduction du nombre de parlementaires (ramenés à 600 contre près de 950), un programme économique attentif aux plus faibles et respectueux de l’environnement", tempère Le Monde.

Afin d'aboutir à un accord d'ici 36 heures, "le président italien Sergio Mattarella a annoncé qu'il tiendrait de nouvelles consultations avec les formations politiques" [La Croix]. M. Mattarella s'entretiendra également avec les présidents des deux chambres, et son prédécesseur, Giorgio Napolitano, précise Le Monde.

Mais la question est de savoir si une telle alliance déjà surnommée coalition "jaune-rose", couleurs respectives du M5S et du PD, par la presse italienne serait "capable de résister" et de se maintenir au pouvoir de manière durable, souligne Euronews.

 

LES AUTRES SUJETS DU JOUR

Allemagne

Commission européenne

Grèce

Incendies en Amazonie

Royaume-Uni

Abonnez-vous gratuitement aux newsletters de Touteleurope.eu !