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[Revue de presse] Italie : Mario Draghi prend la tête d'un gouvernement d'union nationale

Revue de presse 15.02.2021

Une semaine après sa désignation au poste de Premier ministre, Mario Draghi est parvenu à former un gouvernement. Composé de nombreuses familles politiques, de la gauche radicale à l'extrême droite, ce dernier aura la lourde tâche de poursuivre la lutte contre le coronavirus et de conduire la relance économique italienne.

Âgé de 73 ans, l'ancien président de la Banque centrale européenne aura notamment pour mission de trouver un consensus sur la répartition des 209 milliards d'euros du plan de relance national

Âgé de 73 ans, l'ancien président de la Banque centrale européenne aura notamment pour mission de trouver un consensus sur la répartition des 209 milliards d'euros du plan de relance national - Crédits : Conseil européen

"Après trois semaines de crise politique, Mario Draghi a officiellement accepté le poste de Premier ministre et a annoncé dans la foulée la composition de son gouvernement", écrit Eric Jozsef pour Libération. "Surnommé 'Super Mario' pour son rôle dans la crise de la dette de la zone euro en 2012, le Président de la République, Sergio Mattarella, l’avait choisi pour succéder à Giuseppe Conte, contraint à la démission le 26 janvier après l’éclatement de sa coalition", poursuit le correspondant du journal dans la capitale italienne. "A Rome, on murmure en souriant que sauver l'euro n'était que 'la partie facile du job'. Sauver l'Italie sera une autre paire de manches", indique pour sa part Pierre de Gasquet pour Les Echos. "Un court serment prononcé samedi au palais présidentiel à Rome a achevé la transformation de Mario Draghi, qui est passé [d'ancien] chef de la Banque centrale [européenne] à homme politique de première ligne", écrit le Financial Times.

[Revue de presse] Italie : Mario Draghi chargé de former un nouveau gouvernement

Pour le nouveau chef du gouvernement, le premier objectif sera de se démarquer des précédents présidents du Conseil et de gommer l'image de technocrate qui lui colle à la peau. "Pendant des années, à la tête de la Banque d’Italie puis de la BCE, Mario Draghi a calibré jusqu’à ses silences, […] âgé de 73 ans et totalement absent des réseaux sociaux, il ne risquait pas de se muer en décideur volubile. Là réside sans doute la rupture la plus évidente entre le gouvernement Draghi et ses prédécesseurs.", écrit Le Monde. Une rupture de style, qui n'empêche pas le nouveau président du Conseil d'assurer une certaine continuité politique. Pour le journal Financial Times, "en conservant un nombre important de ministres du précédent cabinet de son prédécesseur, Giuseppe Conte", "Super Mario" a évité de reproduire une erreur qui avait "condamné la dernière expérience de gouvernement technocratique de l'Italie sous Mario Monti en 2011".

Le grand écart idéologique de la coalition

"Presque toutes les formations, de la gauche radicale à la Ligue d’extrême droite, ont en effet accepté de soutenir un cabinet d’union nationale alors que l’Italie est toujours plongée dans la crise sanitaire (plus de 90 000 morts) et économique (une récession de 8,8 % en 2020)", rappelle Libération. Jeudi dernier, les adhérents du Mouvement 5 étoiles, parti antisystème, ont voté pour "décider de soutenir ou non le gouvernement naissant de Mario Draghi. […] Un exercice de démocratie directe qui a donné un résultat relativement serré, mais incontestable : le oui l’a emporté avec 59 % des suffrages [Courrier International]. "En perte de vitesse depuis sa tentative avortée d'obtenir les pleins pouvoirs à l'été 2019", la Ligue de Matteo Salvini rejoint également les rangs du nouveau gouvernement. A cette occasion, l'ancien député européen a d'ailleurs "rangé au placard, au moins provisoirement, ses diatribes europhobes", relève Libération.  "Alors qu’il y a encore quelques mois il indiquait qu’un référendum pour sortir de l’Union Européenne serait 'compréhensible', le leader de la Ligue soutient aujourd’hui qu’il est 'avec le cœur et le cerveau à l’intérieur de l’Europe'", continue le quotidien.

Fiche pays "Italie"

"Dans l'immédiat, [la] principale tâche [du gouvernement] sera la lutte contre le coronavirus, en s'assurant que le programme de vaccination du pays contre le Covid-19 sera un succès et que les dommages économiques infligés par la pandémie sont maitrisés", estime le Financial Times. Pour le reste, "Mario Draghi est resté silencieux sur les détails de son programme", complète Libération. Pour autant, "l'habileté" du nouveau chef de gouvernement fait que chaque parti de sa coalition a eu "le sentiment d’avoir été entendu. 'À la Ligue, il promet que les impôts n’augmenteront pas, au Parti démocrate 'un système d’impôt progressif', aux Cinq étoiles un grand ministère de la Transition écologique", résume le quotidien italien la Stampa [Le Figaro].

Un agenda européen chargé pour l'Italie

"Mais le gros morceau va être la réécriture du plan de relance pour le présenter à Bruxelles avant le 30 avril", résume le journal. Sur ce dossier, à l'origine de l'éclatement du précédent gouvernement, Mario Draghi aura fort à faire pour arbitrer les décisions. L'enjeu est de taille, puisqu'il faudra trouver un consensus sur la répartition des 209 milliards d'euros du plan national italien. Il devra notamment "intégrer ce qui péchait dans la dernière mouture du plan laissée par Giuseppe Conte : une structure de gouvernance", poursuit le quotidien.

Plan de relance européen : quelles sont les prochaines étapes ?

Pour de nombreux observateurs, l'arrivée aux commandes de Mario Draghi est une bonne nouvelle pour l'Europe. Selon Enrico Letta, un de ses prédécesseurs, "Draghi aidera l'Europe à surmonter l'austérité et le péril souverainiste" [Les Echos]. Pour Giuliano Da Empoli, proche de l'ancien Premier ministre Matteo Renzi, "outre l'opportunité de consolider la relation franco-italienne, 'motrice pour l'Union européenne', l'idée que Mario Draghi hérite désormais de la présidence tournante italienne du G20, en mai, est aussi un 'gigantesque soulagement'", rapportent Les Echos. "D'autres n'hésitent pas à comparer Mario Draghi à un 'Jacques Delors' italien, au vu de la ferveur de son engagement européen", surenchérit le quotidien économique.

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