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[Revue de presse] Italie : le centre-gauche bat la Ligue de Matteo Salvini en Emilie-Romagne

Revue de presse 27.01.2020

Alors qu'elle jouissait de sondages favorables, l'extrême droite s'est inclinée face au Parti démocrate dimanche 26 janvier, en Emilie-Romagne. Un coup dur pour la Ligue, qui progresse cependant dans ce bastion de la gauche. Le Mouvement 5 étoiles, lui, essuie une lourde défaite.

Le leader de la Ligue Matteo Salvini, ici en meeting le 24 janvier à Ravenne, s'était personnellement engagé dans la campagne de la candidate d'extrême droite en Emilie-Romagne - Crédits : Twitter @matteosalvinimi

Le leader de la Ligue Matteo Salvini, ici en meeting le 24 janvier à Ravenne, s'était personnellement engagé dans la campagne de la candidate d'extrême droite en Emilie-Romagne - Crédits : Twitter @matteosalvinimi

"Matteo Salvini a perdu son 'référendum'" en Emilie-Romagne, annonce La Repubblica. Dans la nuit de dimanche à lundi, les résultats du scrutin régional qui s'est tenu le 26 janvier en Italie ont en effet marqué "un coup d'arrêt" pour le leader de la Ligue, commente Giovanni Orsina, politologue à l'université Luiss Guido Carli de Rome [Les Echos].

Sa candidate, Lucia Borgonzoni, alliée aux "berlusconiens de Forza Italia" et aux "néofascistes de Frères d’Italie", "n’a obtenu que 43,8 % des suffrages" [L'Humanité]. Elle s'incline donc face au président sortant de cette région du nord du pays, Stefano Bonaccini (Parti démocrate, centre-gauche).

"Les sardines ont repoussé le requin"

"La Ligue espérait arracher une autre région du 'cœur rouge' de la péninsule après son triomphe en Ombrie en octobre dernier", expliquent Les Echos. Un défi de taille : l'Emilie-Romagne, bastion communiste puis social-démocrate depuis la fin de la guerre, est "considérée comme la région la plus riche d'Italie", et même comme "un modèle", selon l'ancien chef du gouvernement et président de la Commission européenne Romano Prodi [L'Obs].

Le discours de Matteo Salvini y avait néanmoins "fait des ravages" auprès des "populations marginalisées et périphériques", note l'historien Miguel Gotor. Récemment, l'ensemble de la droite y avait fait "de sérieuses incursions dans ses villages et ses campagnes", rappelle L'Express avec l'AFP. La Ligue était ainsi devenue le "premier parti régional avec près de 34 % des voix" aux élections européennes de mai 2019, contre seulement 5 % cinq ans plus tôt [France 24 avec l'AFP].

En réaction à cette progression, le mouvement des "Sardines", à l'origine de rassemblements populaires sur les places d'Emilie-Romagne puis de tout le pays, était né fin 2019. Le jeune mouvement, qui "entend protéger l'Italie des dérives autoritaires, racistes et antisémites, ainsi que des excès de la propagande populiste sur les réseaux sociaux" [Les Echos], est ainsi "devenu un symbole national de la protestation contre l'extrême droite", explique L'Express. Pour de nombreux commentateurs, il aurait également contribué à la hausse de la participation au scrutin régional de dimanche (68 %, contre 37 % en 2014) : "les 'Sardines', qui ont reçu les remerciements [du secrétaire national du Parti démocrate], ont été décisives" dans la victoire du centre-gauche, selon le Corriere della Sera. "Les sardines ont repoussé le requin", s'amuse L'Humanité.

Enjeu national

Cette défaite locale est donc un coup dur pour la Ligue, qui avait donné à ce scrutin une "valeur de test national", note L'Express : son leader, Matteo Salvini, s'était engagé "au premier plan", axant la campagne de son parti autour de la lutte contre le centre-gauche, "le véritable ennemi à abattre", explique L'Obs. Une transposition de son combat national contre le Parti démocrate au gouvernement : "le chef de la Ligue avait annoncé qu'en cas de victoire de son camp il exigerait dès lundi la démission de l'exécutif et des législatives anticipées", rapporte L'Express. "La défaite de la Ligue dimanche octroie un sursis" au gouvernement de Giuseppe Conte, commentent Les Echos.

Pour autant, la coalition au pouvoir ressortira-t-elle vraiment "renforcée" de ce scrutin, comme le prévoit L'Express ? Pas si sûr. "Le fait qu’une candidate de la Ligue parvienne presque à faire jeu égal avec le président sortant de l’Émilie-Romagne constitue en soi un événement remarquable", commente Le Figaro. "La Ligue s'est enracinée dans des régions dans lesquelles elle était jusqu'ici absente", note également Giovanni Orsina dans Les Echos.

Par ailleurs, le Mouvement 5 étoiles, partenaire de coalition du Parti démocrate au niveau national, "essuie un énième désastre électoral en s'effondrant sous le seuil symbolique des 5 %", ajoute le quotidien. Le parti antisystème, "principal parti politique représenté au Parlement" italien depuis 2018 [Les Echos], est depuis plusieurs mois "affaibli par une crise profonde", explique L'Express. Après sa victoire au scrutin de dimanche, le Parti démocrate pourrait ainsi être tenté "d'imposer son agenda politique à son allié", et déséquilibrer le gouvernement. Or "un retour prématuré aux urnes pourrait permettre à Matteo Salvini de revenir aux affaires", avertit L'Express : "Attention aux effets collatéraux".

 

 

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