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[Revue de presse] Italie : Emmanuel Macron prône l'apaisement, Matteo Salvini attaqué par la gauche

Revue de presse 04.03.2019

Après plusieurs mois de tensions, Emmanuel Macron a prôné l'apaisement entre la France et l'Italie dans une interview donnée à la télévision italienne dimanche 3 mars. Une occasion, surtout, de lancer sa campagne pour les élections européennes et de militer pour plus d'Europe, en opposition au nationalisme du gouvernement italien actuel. La contestation contre ce dernier s'organise également sur le plan interne : tandis que les sociaux-démocrates se sont trouvé un chef ce week-end, une large manifestation contre le racisme a eu lieu à Milan.

Emmanuel Macron - Crédits : Chr. Dogas / Conseil européen

Emmanuel Macron - Crédits : Chr. Dogas / Conseil européen

Une demande d'apaisement

"Je crois qu'entre nos deux pays, il y a le cœur, l'amitié, l'amour... Tout ce qui nous permet d'aller au-delà des malentendus, pour l'Europe et pour nous". C'est ainsi qu'a achevé Emmanuel Macron "le grand numéro de charme auquel il s'est livré", comme le présente Le Figaro, dimanche soir sur la Rai 1, principale chaîne généraliste en Italie.

En référence aux incidents diplomatiques qui ont récemment provoqué le rappel de l'ambassadeur de France en Italie, le président a évoqué des "péripéties sans gravité", appelant les peuples italien et français à "aller de l'avant" et "à refaire l'histoire ensemble", rapporte le quotidien.

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"Car l'heure est grave", analyse Le Figaro : "l'Europe vit aujourd'hui une des plus fortes crises qui la menace dans son unité". Pour Emmanuel Macron, cité par le journal, "la réponse" à cette crise "ne peut être celle des nationalismes et de la simplification : aucun pays, ni l'Italie ni la France, ne pourra résoudre ses problèmes en se repliant sur soi, mais seulement avec les autres. Nous réglerons nos problèmes en coopérant, avec une stratégie commune".

Selon l'Elysée, le but du président français dans cet entretien était donc d'insister sur "la responsabilité commune" de la France et de l'Italie "face aux enjeux migratoires, environnementaux, économiques et sociaux" [Libération]. Et de lancer sa campagne pour les élections européennes, estime la presse.

Emmanuel Macron en campagne

Au-delà de la manœuvre diplomatique, cette interview en Italie était en effet pour Emmanuel Macron une manière d'entrer en campagne en vue du scrutin européen du 26 mai, et de défendre son programme pour plus d'Europe. Mardi 5 mars, une tribune doit être publiée dans la presse régionale portant sur ses propositions "concrètes" pour une "Europe qui protège". Et ce "sans attendre l’officialisation de la tête de liste", souligne Libération. "Traduit dans toutes les langues de l’UE, le texte sera également proposé aux principaux quotidiens des autres Etats membres", fait savoir le journal.

Libération explique qu'avec "sa tribune, M. Macron entend soumettre aux citoyens de l’UE une déclinaison concrète des grands principes développés au début de son quinquennat". D'après le journal, "la promotion d’une 'Europe qui protège' passera nécessairement par des propositions sur l’immigration, la sécurité intérieure et la défense européenne. La question de la transition écologique et de son financement au niveau de l’UE devrait aussi être au menu, tout comme la réforme des institutions européennes, largement critiquées pour leur déficit démocratique".

Reste au président français à trouver "suffisamment d’alliés en Europe pour crédibiliser son combat" — et pouvoir créer un important groupe proeuropéen au Parlement européen à l'issue des élections —, remarque pour sa part Le Monde dans un éditorial.

La gauche italienne se trouve un nouveau leader

Le Parti démocrate italien comptera-t-il parmi ces alliés ? Son ancien chef Matteo Renzi avait démissionné à la suite des élections législatives de 2018 qui avaient porté les populistes Matteo Salvini (la Ligue) et Luigi Di Maio (Mouvement 5 étoiles) au pouvoir.

"Il est temps de tourner la page", a déclaré dimanche Nicola Zingaretti [RFI avec l'AFP]. Avec 60% des suffrages, selon les résultats partiels, c'est lui qui, à 53 ans, "a remporté les primaires du Parti démocrate qui ont rassemblé ce dimanche plus de 1,5 million d'électeurs", relève Euronews. Ce "nouveau visage de la gauche en Italie", président du Latium (région de Rome), "partisan du fédéralisme européen et critique des politiques d'austérité", aura pour principale tâche "à l'approche des élections européennes […] de reconquérir l'électorat face à la Ligue et au Mouvement 5 étoiles", résume le média.

Large manifestation contre le racisme

Et au-delà du président français et d'une partie de la classe politique transalpine, la rue se fait également entendre contre le gouvernement italien. "Samedi 2 mars, 250 000 Italiens se sont rassemblés à Milan contre le racisme et les discriminations", lit-on dans Courrier international. La RTBF précise qu'ils "marchaient contre la politique de l’actuel gouvernement italien".

Le journal italien progressiste La Repubblica, dont la Une du dimanche portait sur la manifestation, parle d'une "participation extraordinaire", laquelle pourrait "constituer le premier jour d’un nouveau départ pour la gauche selon beaucoup" [Courrier international]. Beppe Sala, maire de Milan et membre du Parti démocrate, dont les propos sont mentionnés par le journal, voit dans cette manifestation "un moment de changement pour le pays". Selon lui, l'Italie se trouve à un "tournant entre l’ouverture et la fermeture". Un message auquel Matteo Salvini est resté insensible : la position des Italiens "s’exprime dans les urnes quand ils renouvellent leur confiance au gouvernement", a-t-il considéré samedi soir.

 

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