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[Revue de presse] Italie : au Sénat, Giuseppe Conte obtient un sursis mais perd la majorité absolue

Revue de presse 20.01.2021

Après le retrait de Matteo Renzi et de son parti Viva Italia de la majorité, le Premier ministre italien Giuseppe Conte devait, pour se maintenir au pouvoir, obtenir la confiance des parlementaires. Un pari gagné dans la douleur, qui laisse son gouvernement affaibli politiquement.

Hier devant les sénateurs, le président du Conseil italien Giuseppe Conte a lancé un "appel à l'aide" aux "forces pro-européennes, libérales, socialistes et populaires" pour soutenir son gouvernement dans la gestion de la crise économique et sanitaire

Hier devant les sénateurs, le président du Conseil italien Giuseppe Conte a lancé un "appel à l'aide" aux "forces pro-européennes, libérales, socialistes et populaires" pour soutenir son gouvernement dans la gestion de la crise économique et sanitaire - Crédits : Conseil italien CC BY-NC-SA 3.0 IT

"Le gouvernement n’est pas tombé", annonce Le Temps. Dans la soirée du 19 janvier, le gouvernement italien, qui traverse une crise politique depuis que le parti Italia Viva de Matteo Renzi s'est désolidarisé, a obtenu "de justesse", la confiance du Sénat [Le Monde]. "Avec une majorité relative de 156 voix [contre 161 pour la majorité absolue], Giuseppe Conte n’est pas contraint de présenter sa démission", poursuit Le Figaro. "Mais ce score […] obtenu notamment grâce à l’abstention des sénateurs de Italia Viva, lui promet des jours difficiles au Parlement, où il devrait perdre le contrôle d’importantes commissions parlementaires, au moment où il faudra faire voter des réformes difficiles", prédit le quotidien. "Avec les 18 sénateurs de son parti, Italia Viva, l’instigateur de cette crise politique, tient désormais en otage un gouvernement […] après l’avoir soutenu un an et demi durant", complète Le Temps.

La veille pourtant, le président du Conseil italien avait "remporté haut la main le vote de confiance à la Chambre des députés", rappelle RFI. En dépit du "déséquilibre entre la Chambre des députés […] et le Sénat, selon la Constitution italienne, il peut poursuivre son mandat", précise Anne Le Nir, correspondante de la radio internationale à Rome. "Après les votes successifs dans les deux chambres, l’avenir de Conte à la tête de l’exécutif n’est pas menacé à court terme", le pays étant habitué "aux gouvernements faibles ou minoritaires", confirme Le Monde.

[Revue de presse] Italie : un vote de confiance crucial pour le gouvernement Conte

Gouvernement fragilisé

Néanmoins, "la survie de l’équipe de Giuseppe Conte risque de n’être que de courte durée", avertit Le Temps. Pour l'analyste politique Wolfango Piccoli, du cabinet de conseil Teneo, Conte dirige désormais "un gouvernement extrêmement précaire qui risque de s'effondrer au premier vote qui [le] diviserait. L'élaboration des politiques est appelée à devenir encore plus compliquée car le gouvernement se retrouvera souvent à la merci de la bienveillance de l'opposition" [Politico]. Chose qui ne semble pas acquise pour le moment puisque, "convaincues que Giuseppe Conte ne pourra pas gouverner longtemps avec une majorité relative aussi étriquée, les trois formations d’opposition ont fait savoir mardi qu’elles étaient 'au travail pour construire l’alternative'", rapporte Ouest-France. Un pessimisme qui se retrouve dans les titres de la presse italienne, repris par Le Temps : "Conte se sauve, mais ainsi il ne gouverne pas" écrivait en Une ce mercredi matin La Stampa, quand "Il Corriere della Sera ne prédit [au gouvernement] que deux semaines de vie".

"La recherche de soutiens pour atteindre la barre fatidique de 161 sénateurs se poursuit donc", explique le quotidien suisse. Et parmi les partis susceptibles de rejoindre la coalition gouvernementale pourrait se retrouver…Italia Viva. "Même s'il a déclenché la crise politique de Conte, dans les heures qui ont suivi le vote du Sénat, Renzi a indiqué qu'il envisagerait de revenir dans la coalition si on le lui demandait", indique AP. "Une position audacieuse, étant donné que les démocrates, un des principaux partenaires de la coalition, ont exclu tout accord de coalition avec le transfuge Renzi", commente l'agence de presse. Néanmoins, le gouvernement ayant été laissé "très affaibli", Conte pourrait être amené à "retourner parler à Renzi", selon Daniele Albertazzi, chercheur en politique européenne à l'Université de Birmingham, cité par Politico. "Signe que loin d’avoir aplani les difficultés, la confiance des deux chambres n’a pas mis fin aux chantages des alliés. Pour survivre, il aura in fine troqué le soutien d’un groupe compact pour des soutiens dispersés. Pas de quoi en sortir plus fort, ni durer dans des temps si troublés. La crise n’est peut-être pas close", analyse Le Figaro.

Incertitudes sur le plan de relance

Cette instabilité gouvernementale intervient au plus mauvais moment pour le pays alors que le gouvernement est en train de "déployer son programme de vaccination contre le Covid-19" et qu'il doit "indiquer à l'Union européenne, d'ici le mois prochain, comment il prévoit de dépenser plus de [222,9 milliards d'euros] de fonds alloués par Bruxelles pour aider le système de santé italien, durement éprouvé par la pandémie, et relancer [l']économie", indique AP. Or, c'est en raison de désaccords sur la manière de gérer la réponse économique à la crise que Matteo Renzi avait retiré son soutien au gouvernement, l'accusant de "'dilapider l’argent public' en accordant des rabais fiscaux et aides d’urgence au lieu de profiter de la manne européenne pour investir et réformer structurellement". Le chef du parti Italia Viva avait notamment réclamé que le gouvernement ait recours "au Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds destiné aux pays de la zone euro en difficulté" [Ouest-France].

Un nouveau test attend ainsi le gouvernement dès ce mercredi. Les nouveaux objectifs budgétaires seront "soumis à l’attention des parlementaires afin de financer de nouvelles mesures pour répondre à la crise engendrée par la pandémie", informe Le Temps. Et contrairement au vote de confiance, "Giuseppe Conte aura besoin dans ce cas de la majorité absolue qu’il a perdue".

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