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[Revue de presse] Iran : les Européens appellent à la désescalade

Revue de presse 06.01.2020

A la suite de l'attaque américaine en Irak ayant causé la mort du général iranien Qassem Soleimani le 3 janvier, la communauté internationale redoute une escalade des tensions au Proche-Orient. L'Union européenne cherche à jouer les médiateurs, afin de préserver la stabilité de la région et l'accord sur le nucléaire iranien.

Le président iranien, Hassan Rohani, a annoncé de nouvelles mesures éloignant le pays de l'accord de 2015 sur le nucléaire, au grand dam des pays européens - Crédits : www.president.ir

Le président iranien, Hassan Rohani, a annoncé de nouvelles mesures éloignant le pays de l'accord de 2015 sur le nucléaire, au grand dam des pays européens - Crédits : www.president.ir

"Une désescalade est désormais urgente", ont déclaré dimanche Emmanuel Macron, Angela Merkel et Boris Johnson [Le Huffington Post avec l'AFP]. Car depuis le 3 janvier, la tension est en effet à son comble. Ce jour-là, le général Qassem Soleimani, haut responsable de la stratégie iranienne au Proche-Orient, a été tué par une frappe aérienne des Etats-Unis. Alors que l'Iran "se déclare, sans ambiguïté, sur le pied de guerre", explique Le Monde, "Donald Trump joue de son côté la surenchère".

Sur le Vieux Continent, les réactions ne se sont pas fait attendre. "Les appels à la retenue se multiplient au sein de la communauté internationale, afin d’éviter que la situation ne dégénère en conflit ouvert", rapporte L'Obs avec l'AFP.

L'accord sur le nucléaire iranien plus que jamais en péril

Face à ces tensions ayant atteint un nouveau stade, les Européens tentent toujours de préserver l'accord de Vienne de 2015, sur le nucléaire iranien. Et la tâche s'annonce ardue : "de l'avis de nombreux experts", l'assassinat de Qassem Soleimani "a quasiment torpillé toutes les chances de sauver l'accord nucléaire", avertit France 24 avec l'AFP.

En réponse au retrait des Etats-Unis de l'accord en 2018 et au rétablissement de sanctions, Téhéran avait instauré un "plan de réduction" de ses engagements nucléaires. Ce dimanche 5 janvier, conformément à une décision prise avant la mort de son général, le pays a d'ailleurs franchi un nouveau palier de désengagement. Mais "compte tenu de la situation", "certains changements seront apportés" à cette décision, a menacé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Abbas Moussavi, cité par France 24.

Dimanche soir, le pays est ainsi devenu "plus imprévisible qu’auparavant dans le dossier nucléaire. Le délai de deux mois entre chaque désengagement iranien instauré depuis mai a été abandonné. Téhéran est désormais susceptible à tout moment de faire monter d’un coup la pression en annonçant une accélération de sa production d’uranium enrichi", explique Le Monde. La République islamique a ainsi déclaré ne plus être tenue par aucune limite "sur le nombre de ses centrifugeuses", ni "aucun obstacle entravant [son] programme nucléaire sur le plan opérationnel", fait savoir Ouest-France avec l'AFP et Reuters.

[Revue de presse] Nucléaire iranien : Téhéran recule encore sur l'accord, l'Europe peine à réagir

Toutefois, le pays indique que "la coopération de l’Iran avec l’AIEA [l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui soumet son programme nucléaire à un strict contrôle] se poursuivra comme avant", et "qu’il est prêt à faire machine arrière à tout moment sur ses annonces" si les Etats-Unis revenaient sur leurs sanctions. Dans l'ensemble, les mesures annoncées dimanche par Téhéran "paraissent mesurées" au regard des circonstances, selon Le Monde.

L'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, tous trois signataires de l'accord sur le nucléaire, ont ainsi "appelé dimanche l’Iran à abandonner les mesures qui sont contraires à l’accord nucléaire de 2015", dans un communiqué commun, explique Ouest-France avec l'AFP. Le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell, s'est d'ailleurs entretenu avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, qu'il a invité à Bruxelles. Il s'est déclaré "résolu à continuer à jouer pleinement son rôle de coordonnateur et à maintenir l'unité des participants restants pour appuyer l'accord et sa pleine application par toutes les parties", rapporte France 24.

L'Europe médiatrice ?

L'Union cherche ainsi à adopter une position d'intermédiaire. "L'Europe devrait appeler les Etats-Unis et l'Iran à faire en sorte que la situation ne se détériore pas", a déclaré à cet égard le Premier ministre tchèque Andrej Babiš [Radio Prague International]. "Nous devrions davantage nous engager en tant qu'Européens", a-t-il ajouté. A l'inverse, les autres parties - la Chine et la Russie - se montrent bien plus dures avec les Etats-Unis : "le comportement américain est illégal et doit être condamné", a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov lors d'un entretien avec son homologue chinois [L'Obs].

Mais les Européens peinent à rester neutres sur le sujet. Si la déclaration commune à Londres, Paris et Berlin, appelle "tous les acteurs à montrer le maximum de retenue et de responsabilité" [Ouest-France], les trois pays gardent une proximité avec les Etats-Unis. Emmanuel Macron a assuré son homologue américain Donald Trump de "son entière solidarité avec les alliés", et a "exprimé sa préoccupation concernant les activités déstabilisatrices de la force Al Qods sous l’autorité du Général Qassem Soleimani", relate Le Huffington Post. "L’Iran en particulier est instamment invité à faire preuve de retenue dans les circonstances actuelles", a également déclaré un porte-parole de Berlin.

Mais le soutien le plus clair à Washington vient sans doute du Royaume-Uni. Le Premier ministre Boris Johnson a assuré qu'il ne "pleurerait pas [la] mort" de Qassem Soleimani, note le Financial Times. Tout en soulignant la nécessité d'une "voie qui puisse permettre à l’Iran de sortir de son isolement international", le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab a reconnu aux Etats-Unis "le droit de se défendre" [L'Obs]. Déclarant "comprendre pourquoi les Etats-Unis avaient tué Qassem Soleimani", ce dernier considère que "son assassinat [ne] constitue [pas] un acte de guerre", rapporte la BBC.

 

 

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