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[Revue de presse] Grèce : le programme libéral du nouveau gouvernement à l'épreuve des créanciers

Revue de presse 09.07.2019

Arrivée largement en tête de élections législatives du 7 juillet, la droite grecque retrouve le pouvoir, conduisant Alexis Tsipras dans l'opposition. L'application de son programme libéral pourrait en revanche s'avérer difficile, notamment en matière de réduction d'impôts. Car si le pays s'est redressé depuis la crise, il reste néanmoins sous étroite surveillance de ses créanciers européens.

Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre grec et Mario Centeno, président de l'Eurogroupe

Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre grec et Mario Centeno, président de l'Eurogroupe - Crédits : David Plas / Georg Wilke / Flickr

La Nouvelle démocratie (droite), conduite par Kyriakos Mitsokatis, est arrivée largement en tête des élections législatives en Grèce, dimanche 7 juillet. Comme l'indique La Croix, le parti a remporté "près de 40 % des voix" et 158 des 300 sièges de la Vouli, le Parlement grec [Courrier International].

Une victoire qui marque la fin de l'ère Tsipras et le départ du parti de gauche anti-austérité Syriza après presque 5 ans au pouvoir. Ce dernier obtient toutefois 31,5 % des suffrages, devenant le premier parti d'opposition. Déçus par Alexis Tsipras, élu sur la promesse d'un infléchissement majeur de la politique économique et sociale, les Grecs ont sanctionné le gouvernement dans les urnes.

Promesses libérales

Les électeurs ont donc cette fois misé sur un programme d'inspiration libérale. Kyriakos Mitsokatis entend en effet mettre l'accent sur "les investissements et la croissance", explique RFI. Pour "réformer son pays et relancer la croissance", M. Mitsotakis pourra à cet égard compter sur "sa proximité avec le monde des entreprises", bien "supérieure à celle de son prédécesseur", analysent Les Echos.

Son programme est un véritable "cocktail énergisant", à en croire le quotidien économique qui évoque les "massives et rapides" baisses d'impôts annoncées, notamment pour "en finir avec la surtaxation des classes moyennes". L'impôt sur les sociétés passerait également "de 28 % à 20 %", tandis que la taxe sur l'immobilier - qui affecte principalement les "gros patrimoines" - serait réduite "de 30 %".

En outre, le nouveau gouvernement prévoit de "favoriser les investissements étrangers", qui possèdent un fort potentiel, "principalement dans les activités touristiques, mais aussi dans les transports et infrastructures portuaires", relève La Croix.

Avec cette politique, Kyriakos Mitsotakis "veut favoriser le retour des plus de 500 000 'cerveaux' grecs à avoir quitté le pays depuis 2008". Même si certains observateurs craignent que le système de sécurité sociale et les droits des travailleurs en pâtissent [La Croix].

Le nouveau Premier ministre, par ailleurs "fortement proeuropéen", comme l'explique Georges Prevelakis, professeur de géopolitique à la Sorbonne interrogé par La Croix, devrait aussi pouvoir compter sur "la réaction favorable des marchés aux résultats des élections législatives pour émettre un nouvel emprunt à des coûts historiquement faibles"[Investir].

Inquiétude européenne

Toutefois, prévient la presse française, le nouveau Premier ministre, investi dès lundi 8 juillet, "risque de se heurter", au moment d'appliquer son programme, "à la même intransigeance que celle qu'ont eue à affronter ses prédécesseurs"[Les Echos].

"Avec les baisses d'impôts [annoncées], l'Etat va perdre des recettes", décryptent Les Echos. Or le Premier ministre "devra respecter les engagements sur la dette pris par son prédécesseur vis-à-vis des créanciers", a immédiatement déclaré Mario Centeno, le président de l'Eurogroupe (qui réunit les ministres des finances de la zone euro), cité par l'Express.

Et notamment l'engagement de "de dégager un surplus primaire supérieur à 3,5 % du PIB jusqu'en 2022", expliquent Les Echos. "Une pierre angulaire du programme d'aide" et "condition sine qua non" à la mise en place de mesures d'aide, a affirmé Klaus Regling, le président du Mécanisme européen de stabilité (MES). Celui "dont la mission est d'aider les pays de la zone euro en difficulté" [l'Express] se rendra d'ailleurs à Athènes dès la "semaine prochaine", relate Le Monde.

Ainsi, il n'est pas garanti que le nouveau Premier ministre réussisse à "abaisser les objectifs d'excédent budgétaire demandés" grâce à "un plan de réformes raisonnables" et une croissance "supérieure à 3 %", comme il l'avait pourtant annoncé avant son élection [Le Monde]. 

Car la dette publique représente toujours 180 % du PIB et la Grèce continue d'inquiéter. Défaut de paiement ou encore sortie de la zone euro : le souvenir des scénarios catastrophe de 2015 plane toujours. Et même si le pays est "sorti de sa mise sous tutelle en juin 2018", il reste soumis à "un cadre de surveillance renforcée" de ses créanciers, note Le Monde.

En outre, "le dernier rapport soumis ce lundi aux ministres européens" - lors de la réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles afin d'examiner la situation économique, fiscale et financière de la Grèce - fait état d’un "ralentissement des progrès" dans le pays, poursuit le quotidien. "En Grèce, il risque donc d’y avoir plus d’une promesse de campagne qui ne sera pas tenue", conclut Le Monde.

 

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