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[Revue de presse] France-Italie : un apaisement des tensions est-il possible ?

Revue de presse 11.02.2019

Après une rencontre entre Luigi Di Maio et des Gilets jaunes français la semaine dernière, la France a rappelé son ambassadeur en Italie. Le gouvernement italien semble désormais vouloir "calmer le jeu". Mais un rapprochement s'opère sur le terrain : une rencontre a eu lieu entre des Gilets jaunes des deux pays à la veille d'une importante manifestation contre la coalition italienne samedi.

Matteo Salvini ; Emmanuel Macron - Crédits : ministère de la Défense italien ; Parlement européen

Matteo Salvini ; Emmanuel Macron - Crédits : ministère de la Défense italien ; Parlement européen

"Calmer le jeu"

Luigi Di Maio, vice-Premier ministre italien et patron du Mouvement 5 étoiles (M5S) avait rencontré des membres emblématiques des Gilets jaunes, le 5 février à Montargis. Une rencontre vue par Paris comme de l'ingérence dans les affaires intérieures et qui a mis le feu aux poudres dans les relations franco-italiennes. En conséquence, l'ambassadeur français à Rome a été rappelé jeudi 7 février, une "première depuis 1945" (Franceinfo).

Certainement conscients de l'ampleur que peut prendre la situation, les leaders italiens essaient depuis de "calmer le jeu" selon Yves Bourdillon dans Les Echos. Le ministre de l'Intérieur et chef de file de la droite nationaliste italienne, Matteo Salvini, "d'ordinaire prompt à la surenchère vis-à-vis de Paris", a ainsi invité son homologue français Christophe Castaner à venir discuter des "dossiers en cours", assurant dans un communiqué sa volonté de "tourner la page", relate le journal. Pour sa part, le gouvernement français a indiqué que le rappel de son ambassadeur n'était que "temporaire".

Pour le quotidien italien Il Corriere della Sera, cité par Le Monde, l'Italie a plus à perdre que la France de cette querelle de voisinage : "L’Italie a beaucoup plus à perdre dans cette confrontation en se mettant dans une position d’isolement orgueilleux à un moment où les relations entre Paris et Berlin deviennent de plus en plus étroites". L'inquiétude du journal italien ne s'arrête pas là : "En une seule semaine nous avons ouvert une crise diplomatique avec la France et détruit la solidarité atlantique sur le Venezuela. Que se passe-t-il ? Où va l’Italie ? La vérité est que l’on ne sait pas" [Le Monde].

Manifestation à Rome contre le gouvernement

La coalition gouvernementale composée de la Ligue de M. Salvini et du M5S de M. Di Maio a en outre essuyé son premier mouvement de contestation, à l'occasion d'une manifestation à Rome, qui a réuni 200 000 personnes samedi 10 février [Franceinfo]. L'objectif du défilé, convoqué par les trois confédérations syndicales du pays : dénoncer "la politique économique et sociale du gouvernement populiste" [Le Parisien avec AFP]. Comme l'explique le quotidien, "les syndicats jugent le plan d’investissements annoncé par le gouvernement trop timide et sa réforme des retraites trop limitée".

"Il y a un ressenti de la population avec la pauvreté qui avance", confirme Ludmila Acone, historienne et chercheuse à l'université Paris 1, interrogée par Franceinfo. "Ce que cette manifestation a mis en avant c'est l'accusation portée au gouvernement de s'occuper, par exemple par le revenu citoyen, de la pauvreté mais pas suffisamment du travail", ajoute-t-elle. Avant d'ajouter que, dans le même temps, "ce gouvernement voit sa popularité augmenter", grâce à la politique migratoire menée par Matteo Salvini ou encore aux promesses de baisse de l'âge du départ à la retraite.

Division des Gilets jaunes sur le soutien de l'Italie

En parallèle de la manifestation de Rome, d'autres rassemblements ont eu lieu de part et d'autre de la frontière franco-italienne, à San Remo puis à Menton vendredi 8 et samedi 9 février. Maxime Nicolle, l’une des têtes d’affiche du mouvement des Gilets jaunes en France s'est en effet déplacé à San Remo et s'est affiché aux côtés d'une vingtaine de Gilets jaunes italiens [France Inter]. "Nous n’avons pas de leader, nous sommes apolitiques", a-t-il déclaré. Le lendemain, alors qu'il se trouvait du côté français à Menton, M. Nicolle a été empêché de traverser la frontière par les autorités, informe Libération.      

Beaucoup plus radical, Eric Drouet, autre figure des Gilets jaunes français, a quant à lui affirmé : "Les Gilets jaunes ont commencé un mouvement apolitique depuis le début, il ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans ça ! Nous refuserons tout aide politique, peu importe d’où elle vienne ! (...) "Nous avons commencé seul, nous finirons seul", a-t-il écrit sur Facebook [France inter].

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