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[Revue de presse] Finlande : place aux femmes dans le nouveau gouvernement

Revue de presse 11.12.2019

La Première ministre Sanna Marin a prêté serment hier devant le parlement finlandais. Elle devient, à 34 ans, la plus jeune cheffe de gouvernement au monde. Un gouvernement composé, comme celui de son prédécesseur, d'une majorité de femmes.

La nouvelle Première ministre Sanna Marin (au centre), entourée des dirigeantes de trois des cinq partis membres de la coalition - Crédits : Flickr FinnishGovernment CC BY 2.0

La nouvelle Première ministre Sanna Marin (au centre), entourée des dirigeantes de trois des cinq partis membres de la coalition - Crédits : Flickr FinnishGovernment CC BY 2.0

"Femmes, je vous aime" : la Première ministre finlandaise n'a probablement jamais entonné ces paroles de Julien Clerc, qui servent de titre à son portrait dressé par Les Echos. Mais son arrivée au pouvoir confirme le tournant initié par son prédécesseur : "on ne peut pas faire plus féminin que la nouvelle coalition gouvernementale finlandaise", indique le quotidien.

Comptant 12 femmes pour un total de 19 ministres, le gouvernement de Sanna Marin a été adoubé par les parlementaires, mardi 10 décembre, "par 99 voix pour et 70 contre", rapporte La Croix avec l'AFP. La nouvelle cheffe du gouvernement conserve la même coalition que son prédécesseur, et s'assure la confiance du Parti du centre. En retirant sa confiance au précédent gouvernement d'Antti Rinne, celui-ci avait provoqué sa démission le 3 décembre.

Arrivée chaotique au pouvoir

En cause, "une grève dans le secteur postal, pendant laquelle" l'ex-Premier ministre, "ancien leader syndical, a pris position en faveur des employés, s’attirant les foudres de la droite", explique Le Monde.

Antti Rinne a alors sacrifié son poste pour sauver la coalition. Un mal nécessaire, selon le New York Times : "aucun de ses partenaires (...) ne voulait risquer de la renverser" et de se lancer dans de nouvelles élections. Car le parti social-démocrate (SDP) "est au plus bas dans les sondages. Avec 13,2 % d'opinions favorables, il est loin derrière le parti d'extrême droite Vrais Finlandais qui en recueille 24 %", rapporte France 24. Pour ne rien arranger, "lundi 9 décembre, près de 100 000 salariés ont commencé une grève de trois jours à l’appel des syndicats de l’industrie et des employés", ajoute Le Monde.

Mais la nomination de Sanna Marin pourrait changer la donne : "c'est le nouveau départ dont les sociaux-démocrates avaient besoin depuis longtemps", avance Jenni Karimaki, chercheuse au Centre d'études parlementaires de l'Université de Turku [New York Times]. "La nouvelle Première ministre s'est engagée à rétablir la confiance dans son parti", rapporte La Croix.

"Etoile montante" de la gauche finlandaise

Sa popularité devrait l'aider à atteindre cet objectif : "alors que le monde découvre seulement la nouvelle leader de gauche, Mme Marin est une étoile montante du parti social-démocrate finlandais" et incarne un "choix naturel" pour beaucoup, explique le New York Times. "Elle a intégré le mouvement de jeunesse du SDP en 2006, s'est forgée une solide base électorale à Tampere, troisième ville du pays, dont elle devient présidente du conseil municipal en 2013", explique France 24. "En 2014, la jeune femme avait été élue vice-présidente du SDP. En début d’année, elle a remplacé Antti Rinne, pendant près de deux mois, à la tête du parti", lorsque ce dernier était hospitalisé, retrace Le Monde. "Le 14 avril, elle a été réélue au Parlement avec près de 20 000 voix, soit le score le plus élevé pour un candidat social-démocrate" : une victoire qui l'a rapidement propulsée au ministère des Transports et des communications en juin 2019.

Après la démission du Premier ministre, elle a remporté l'adhésion de la direction du SDP, qui l'a préférée "à un autre jeune loup du mouvement, Antti Lindtman, 37 ans", issu de l'aile centriste du parti, note France 24. Sanna Marin est pour sa part membre de "l’aile gauche de sa formation, avec une sensibilité écolo marquée" [Le Monde]. L'ancienne ministre des Transports a déjà "promis de faire de l'environnement une priorité et de promouvoir la justice sociale et l'égalité", rapporte la Deutsche Welle. "Pour moi, les droits de l'Homme et l'égalité n'ont jamais été des questions d'opinion, mais la base de ma conception morale", a-t-elle déclaré [New York Times].

Ainsi, la jeune dirigeante prévoit de s'écarter des pas de son prédécesseur : "tous ceux qui me connaissent savent qu'on ne peut pas me contrôler", a-t-elle averti [Le Monde]. Attendue pour prendre la direction du parti au congrès de juin 2020, "c'est elle qui est d'ores et déjà à la manœuvre", estime La Croix.

Renouvellement

Sanna Marin s'est en effet toujours "attachée à gommer l'image de pur produit du parti qu'elle pouvait donner", commente France 24. "Première de sa famille à entrer à l’université", dont elle sort diplômée en 2017 [Le Monde], "elle a financé ses études en multipliant les petits boulots", sa famille n'ayant "jamais roulé sur l'or", poursuit France 24. Après une enfance marquée par "une mère ayant grandi dans un orphelinat, un père alcoolique, le divorce de ses parents quand elle n’avait que quelques années", la jeune femme originaire d'Helsinki a ensuite été élevée par sa mère et la nouvelle compagne de cette dernière : "j’ai grandi dans une famille arc-en-ciel", revendique-t-elle [Le Monde].

A ses origines sociales s'ajoute son âge, 34 ans. Elle devient ainsi "la plus jeune cheffe de gouvernement en exercice de la planète", même si "elle pourrait être détrônée dans les semaines qui viennent par l'ex-chancellier autrichien Sebastian Kurz, 33 ans", indique La Croix. Et elle amène avec elle d'autres jeunes personnalités : parmi ses cinq partenaires de coalition, "toutes, sauf une, ont moins de 35 ans". Mais surtout, les cinq partis sont dirigés par des femmes, "de quoi donner des vapeurs aux machos du pays du sauna", raillent Les Echos. Un contraste marquant avec "le gouvernement de centre-droit, plus vieux et en majorité masculin" de Juha Sipilä, qui avait dirigé le pays entre 2015 et juin 2019, note le New York Times.

Mais "bien que son âge soit remarquable, son genre n'est pas d'une telle importance en Finlande, ou la plupart des postes de leadership ont déjà été occupés par des femmes", nuance la Deutsche Welle. Dans ce pays, "47 % des députés sont des femmes. La moyenne dans les pays de l'Union est de 29 %", rappelle le journal allemand.

 

 

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