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[Revue de presse] Finlande : les sociaux-démocrates en tête, score historique pour l'extrême droite

Revue de presse 15.04.2019

Arrivé en tête du scrutin législatif dimanche 14 avril, le Parti social-démocrate de Finlande est en bonne position pour diriger le prochain gouvernement. Mais il devra peut-être composer avec le parti d'extrême droite des Vrais Finlandais, qui le talonne de très près. La formation du nouvel exécutif ne s'annonce donc pas aisée dans ce pays qui doit assurer la présidence de l'UE à partir du 1er juillet. 

Le chef du Parti social-démocrate de Finlande Antti Rinne le 23 août 2018 - Crédits : Jukka-Pekka Flander / Flickr

Le chef du Parti social-démocrate de Finlande Antti Rinne le 23 août 2018 - Crédits : Jukka-Pekka Flander / Flickr

Succès des sociaux-démocrates…

En Finlande, "pour la première fois depuis 1999, les sociaux-démocrates sont le parti du Premier ministre", s'est réjoui Antti Rinne, chef de file du parti pour ces élections législatives, devant ses militants après avoir obtenu la première place avec 17,7 % des voix [La Croix avec l'AFP].

Les sociaux-démocrates n'avaient en effet pas remporté de scrutin législatif depuis celui de 1999, à la suite duquel "Paavo Lipponen avait alors conduit une coalition gauche-droite, jusqu'en 2003", fait savoir RFI.

M. Rinne a fait campagne contre la politique d'austérité de l'actuel Premier ministre Juha Sipilä (Parti du centre). Ce dernier, à la tête depuis 2015 d'une coalition regroupant également le Parti de la coalition nationale (droite) et Réforme bleue (eurosceptique), "n’obtient que 13,8 % des voix (contre 21,1 % en 2015) et perd dix-huit députés, ce qui constitue son pire résultat depuis 1917" [Le Monde].

"Préoccupé par le coût élevé du système social finlandais face au vieillissement de la population, M. Sipilä avait fait de la lutte contre la dette de la Finlande l'un des principaux objectifs de son gouvernement", explique la BBC.

Si ses mesures d'austérité, telles que le gel de retraites ou les coupes dans les prestations sociales, ont permis une réduction de la dette du pays pour la première fois depuis 10 ans, elles se sont "révélées politiquement controversées". Et ont abouti à une popularité grandissante des sociaux-démocrates, qui proposent notamment d'augmenter les impôts pour combattre les inégalités, ajoute la BBC.

"La victoire des sociaux-démocrates finlandais représente un succès rare en Europe pour les partis de centre gauche, qui ont connu ces dernières années un soutien en baisse dans des pays comme la France, l'Allemagne et l'Italie", commente pour sa part Politico. Le résultat du scrutin du 14 avril témoigne également d'un renouveau des socialistes dans les pays nordiques, précise le média. Même s'ils se trouvent "bien en-deçà de leur gloire d'antan", des partis de gauche sont au pouvoir en Suède et en Islande, et caracolent en tête des sondages pour les législatives danoises de juin.

… et de l'extrême droite

Mais les sociaux-démocrates ne sont pas les seuls à revendiquer un succès dans cette élection : le parti des Vrais Finlandais les suit de très près avec 17,5 % des voix, à l'issue d'un scrutin qui s'est déroulé "dans un contexte d'inquiétude pour l'avenir du système de protection sociale et la politique migratoire" [France 24 avec Reuters].

Le parti d'extrême droite a ainsi "plus que doublé son nombre de sièges, passant de 17 à 39", n'en ayant remporté qu'un de moins que les sociaux-démocrates, rapporte La Croix (avec l'AFP). "Victoire de la gauche ou de l'extrême droite ?", s'interroge ainsi France Culture.

Il y a peu encore, l'extrême droite semblait pourtant être en mauvaise posture dans cette élection, avec "moins de 10 % des intentions de vote en décembre 2018" [Le Monde]. Le parti avait effectivement été privé de ses cinq ministres, qui avaient rejoint le parti Réforme Bleue en 2017 après une scission des Vrais Finlandais. En cause : le virage extrémiste pris par le leader actuel du parti, Jussi Halla-aho. "De parti populiste modéré, les Vrais Finlandais sont passés à un discours nationaliste, anti-immigration, dénonçant aussi ce qu’ils appellent 'l’hystérie climatique'", relate RFI.

"Ces derniers mois, la question du climat s’est imposée dans la campagne électorale, forçant les partis traditionnels à présenter des mesures pour réduire les émissions du pays", précise à ce sujet Le Monde. A l'exception des Vrais Finlandais donc, "climatosceptiques, qui ont réussi à en faire un sujet supplémentaire de polarisation".

Vers une très large coalition ?

Le chef des sociaux-démocrates Antti Rinne devra former une coalition gouvernementale, dans un pays où elles sont monnaie courante. Si les écologistes de la Ligue verte (11,5 % des voix) figurent parmi ses partenaires privilégiés et ont obtenu un score historiquement haut, il n'exclut pour le moment pas de compter, à l'instar de la quasi-totalité des autres partis, les Vrais Finlandais dans son gouvernement, indique Le Monde.

"Le résultat devrait également être largement commenté à Bruxelles", annonce France 24 (avec Reuters). Car après les élections européennes de mai, "les Vrais Finlandais comptent s'allier à la Ligue italienne de Matteo Salvini et à d'autres partis d'extrême droite au Parlement européen afin de peser sur la politique continentale".

Qui plus est, "si la constitution d’un gouvernement s’annonce difficile avant les élections européennes du 26 mai, le temps presse : à partir du 1er juillet, la Finlande assumera la présidence de l’Union européenne", rappelle Le Monde.

 

 


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Crédits : Maryna Yazbeck / Unsplash

 


 

 

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