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[Revue de presse] Face aux variants du coronavirus, l’Europe met en place de nouvelles restrictions aux frontières

Revue de presse 22.01.2021

Jeudi soir, un nouveau sommet a réuni par visioconférence les 27 dirigeants des pays de l'Union européenne. Passeport vaccinal et accélération de la vaccination… Face à l'apparition de variants du coronavirus, les chefs d'Etat et de gouvernement ont évoqué les solutions envisagées pour remédier à la fermeture des frontières intérieures de l'UE, de plus en plus envisagée par certaines autorités nationales.

Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement essaient de coordonner leurs actions en matière de libre circulation et de campagnes de vaccination

Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement essaient de coordonner leurs actions en matière de libre circulation et de campagnes de vaccination - Crédits : Conseil européen

"Les dirigeants européens, réunis jeudi par vidéoconférence, ont discuté de nouvelles mesures de restrictions [ainsi que de] l'accélération de la campagne de vaccination et la création d'un certificat commun", résume le quotidien belge L'Echo. Avec l'émergence de nouveaux variants du virus, "des tensions réapparaissent, [et celles-ci] pourraient, une nouvelle fois, menacer le marché intérieur et paralyser l’économie du Vieux Continent", souligne Virginie Malingre pour Le Monde. La correspondante à Bruxelles du journal rappelle qu'il y a "presque un an", les Vingt-Sept avaient adopté leurs mesures de restriction de manière unilatérale.

Si certains observateurs bruxellois qualifient ces sommets par visio-conférence de "thérapie mensuelle", ces rendez-vous restent pour les pays de l'UE "une occasion d'échanger sur la situation épidémiologique, la structure de leurs économies, les libertés civiles et le pouvoir détenu. Il n'est donc pas étonnant qu'il y ait des opinions diverses sur ce qui est le mieux pour lutter contre la propagation du coronavirus", estime Florian Eder dans Politico.

Eviter le "chaos frontalier" du printemps dernier

"Les frontières internes de l'Union européenne doivent rester ouvertes, mais tous les voyages non essentiels doivent être évités", résume Euronews. La majorité semble s'accorder pour vouloir éviter "le chaos frontalier observé lors de la première vague de Covid-19" [Euronews]. "Nous sommes totalement convaincus que nous devons maintenir les frontières ouvertes pour garantir le bon fonctionnement du marché intérieur", a déclaré en ce sens le président du Conseil Charles Michel à l'issue du sommet [L'Echo]. Cependant, "tous ne voient pas les choses de la même manière. [...] Les Etats membres sont seuls compétents en matière de frontières comme pour les mesures de restriction qu’ils peuvent imposer à leurs populations", rappelle Le Monde.

Le Premier ministre belge Alexander de Croo envisagerait par exemple "une interdiction de voyage [lorsque jugé non-essentiel] afin que les gens ne puissent pas quitter son pays et revenir avec le virus 'dans leur valise'" [Politico]. Côté allemand, la chancelière Angela Merkel veut elle aussi pouvoir aller plus loin en cas de dégradation de la situation sanitaire. "Nous ne pouvons exclure la fermeture des frontières", a-t-elle déclaré à l'issue du sommet.

"Chacun chez soi et les virus seront bien gardés ?", s'interrogent Les Echos. "Une fermeture de toutes nos frontières ébranlerait notre économie et n'aurait aucun effet sur la propagation du virus", répond la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, également présente jeudi soir [L'Echo]. Sur la même longueur d'onde, Emmanuel Macron souhaite "préserver une certaine fluidité au sein de l’UE afin de ne pas accentuer les ravages économiques de la pandémie". Le président français a également milité "pour que ceux qui vont d’un pays à l’autre pour des raisons dites 'essentielles' – comme les travailleurs transfrontaliers ou les transporteurs routiers – puissent continuer à circuler librement" [Le Monde]. Les autres devront en revanche "présenter un test PCR négatif réalisé 72 heures avant leur arrivée sur le sol français" à compter de dimanche minuit [Euronews].

Le passeport vaccinal, solution temporaire ?

Evoqués depuis plusieurs jours, le certificat de vaccination pourrait, selon ses partisans, permettre de faciliter les déplacements. Une proposition "lancée par la Grèce et appuyée par les pays du sud de l’Union, dont l’économie dépend beaucoup du tourisme", précise La Libre. Si l'idée fait son chemin, le projet semble encore loin d'aboutir. "Beaucoup de questions restent en suspens", a souligné Ursula von der Leyen. "Comment assure-t-on le respect des droits de ceux qui n’ont pas eu accès aux vaccins et quelles sont les alternatives pour ceux qui ont des raisons légitimes de ne pas se faire vacciner ?", s'interroge la présidente de l'exécutif européen [La Libre].

Néanmoins, les chefs d'Etat et de gouvernement se sont entendus pour "'travailler à l’élaboration d’un certificat de vaccination standard et interopérable' qui facilitera le suivi médical du patient". "Le débat sur les droits – par exemple au voyage – qu’il pourrait ouvrir est reporté à plus tard", la question divisant encore les capitales [Le Monde]. "L'idée de se servir de ce certificat pour permettre aux personnes vaccinées de voyager est jugée prématurée" notamment par Paris, "en raison de la faible proportion de la population vaccinée et des incertitudes concernant l'effet du vaccin sur la transmission du virus" [France 24].

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L'accélération de la vaccination, solution durable ?

Les dirigeants européens ont également discuté de leurs stratégies vaccinales respectives. "Face aux variants du Covid-19, les Vingt-Sept savent qu’il leur faut aussi vacciner au plus vite", explique Le Monde. Mardi, la Commission les a exhortés à accélérer la cadence "en fixant un objectif de 70 % des adultes de l'UE vaccinés fin août (et 80 % des plus de 80 ans et des personnels de santé d'ici au mois de mars)", rapportent les Echos. Pour cela, les Européens misent "sur l'arrivée sur le marché, attendue fin janvier, d'un troisième vaccin, celui du britannique AstraZeneca", poursuit le quotidien économique. "C'est un effort énorme mais c'est faisable", a estimé Ursula von der Leyen [Ouest-France].

Mais "les retards de livraisons de Pfzier-BioNTech cette semaine [ont] exaspéré les Européens" et ont contraint les pays à revoir leurs calendriers de vaccination [Ouest-France]. A ce titre, le Danemark et l'Autriche proposent que "les vaccins AstraZeneca soient pré-acheminés dans les pays avant leur autorisation de mise sur le marché ce qui permettrait, une fois celle-ci acquise, de les injecter sans tarder et de gagner une semaine", poursuit le quotidien régional. Mais "la mise en œuvre sur le plan logistique  [d'une telle mesure] et [ses] répercussions sur la confiance dans le régulateur, l'Agence européenne des médicaments, si son approbation est considérée comme une simple formalité", continuent de diviser les capitales [Politico].

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