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[Revue de presse] Face à l'afflux de migrants, la Grèce en appelle au soutien de l'UE

Revue de presse 02.03.2020

Le 28 février, la Turquie a annoncé qu'elle n'empêcherait plus les migrants installés sur son sol de se rendre vers l'Union européenne. Athènes a réclamé l'appui rapide des autorités européennes afin d'éviter une nouvelle crise migratoire.

En première ligne de la crise migratoire depuis 2015, la Grèce craint de voir affluer les réfugiés depuis l'ouverture des frontières turques. Ici, l'ancien camp de réfugiés d'Idomeni, au nord du pays - Crédits : Jim Black / Pixabay

En première ligne de la crise migratoire depuis 2015, la Grèce craint de voir affluer les migrants depuis l'ouverture des frontières turques. Ici, l'ancien camp d'Idomeni, au nord du pays - Crédits : Jim Black / Pixabay

"Nous avons ouvert les portes", se félicite le journal islamo-nationaliste turc Yeni Safak [Courrier International]. Vendredi 28 février, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a déclaré cesser d'honorer sa part de l'accord signé en 2016 avec l'Union européenne. Un traité qui octroie un soutien financier à Ankara en échange du blocage des migrants à destination de l'Europe.

Que contient l'accord UE-Turquie sur les migrants ?

Conséquence immédiate de cette décision : le regroupement de "quelque 13 000 migrants (…) à la frontière gréco-turque, dont des familles avec de jeunes enfants qui ont passé la nuit dans le froid", s'inquiétait samedi soir l'Organisation internationale des migrations (OIM) [20 Minutes avec l'AFP]. Athènes indique depuis "avoir bloqué l'entrée 'illégale' de 10 000 migrants" entre samedi matin et dimanche matin, rapporte France 24 avec l'AFP. "5 500 tentatives supplémentaires de franchir la frontière ont été empêchées dimanche après-midi", ajoute Politico, tandis que "500 migrants ont accosté sur les îles de Lesbos, Chios et Samos" le même jour.

La situation s'est rapidement envenimée : des migrants tentant de franchir la clôture frontalière "ont été repoussés par des grenades lacrymogènes tirées par les policiers grecs", qui ont reçu en retour des jets de pierre, relate France 24. "Aux cris de 'rentrez en Turquie', un groupe d'habitants de Lesbos a empêché d'autres migrants d'accoster" sur l'île, tandis que d'autres habitants ont "mis le feu à un centre d'accueil inoccupé", rapporte le média. Alors que "les ONG craignent aujourd’hui la montée de mouvements xénophobes dangereux" [Le Figaro], L'agence de réfugiés de l'ONU (HCR) "appelle au calme et au relâchement des tensions à la frontière" [20 Minutes].

"Chantage" turc

Si la Grèce en paie le prix fort, c'est toute l'Union européenne qui est visée par cette décision d'Ankara. Le président turc a invoqué l'argument d'un retard de paiement européen. Mais pour les observateurs, il entend en réalité "faire pression sur la communauté internationale afin de bénéficier d’un appui dans le conflit syrien", où 34 soldats turcs ont récemment trouvé la mort, analyse Libération. Et pour s'assurer du soutien européen, il dispose d'un moyen de pression important : les "3,7 millions de migrants et réfugiés en Turquie", considérés par le gouvernement comme une "monnaie d’échange" [Le Figaro]. Un procédé que France 24 qualifie de "chantage".

La Turquie "a déployé les grands moyens", indique Le Figaro : "des bus ont été affrétés pour transférer migrants et réfugiés, moyennant 10 euros, à la frontière terrestre de la Grèce et la Bulgarie", des cartes indiquant le chemin de la frontière ont été distribuées aux réfugiés, et des interviews de passeurs à la radio et à la télévision turques ont été diffusées, incitant les migrants à rejoindre rapidement la frontière avec l'Europe. "Non seulement ils ne les arrêtent pas, mais ils les aident", s'est indigné le vice-ministre grec de la Défense, Alkiviadis Stefanis [Franceinfo avec Reuters].

Appel à l'aide

Face à l'ampleur de la crise, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a immédiatement "réhaussé le niveau de dissuasion aux frontières à son maximum", explique Politico. Concrètement, "quelque 4 000 soldats et policiers ainsi que des drones à la frontière nord, et 52 bateaux, dont des navires de guerre", ont été dépêchés [Le Figaro]. Malgré tout, la Grèce, qui partage 212 km de frontière terrestre avec la Turquie, "ne dispose pas d’infrastructures suffisantes" pour faire face à un tel afflux de réfugiés à ses frontières, estime le quotidien. Le gouvernement hellénique a ainsi "invoqué un article du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne" imposant à l'Union de soutenir un Etat membre confronté à "une situation d'urgence caractérisée par un flot soudain de ressortissants étrangers", détaille Politico.

La Commission européenne, qui "craint une nouvelle crise migratoire semblable à celle qui a secoué le continent en 2015" [France 24], a ainsi déclaré avoir "pris des mesures pour redéployer de l'équipement technique et des agents supplémentaires en Grèce", indique L'Express avec l'AFP. "Nous sommes prêts à fournir un appui supplémentaire, notamment par l'intermédiaire de Frontex (l'agence européenne de garde-frontières) aux frontières terrestres", a ainsi déclaré samedi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen [Le Figaro]. Le commissaire européen chargé des Migrations, le Grec Margaritis Schinas, a également convoqué cette semaine "une réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur" de l'Union, afin de discuter de la crise [Le Figaro]. Mardi, le président du Conseil européen Charles Michel visitera la frontière en compagnie du Premier ministre grec, note enfin Politico.

 

 

 

 

 

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