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[Revue de presse] Etat de droit : la Hongrie demande la démission de la commissaire en charge des Valeurs et de la Transparence

Revue de presse 30.09.2020

A la veille de la publication d'un rapport sur l'état de droit dans l'Union européenne, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a exigé mardi 29 septembre la démission de la commissaire européenne Věra Jourová, responsable du dossier. Celle-ci avait auparavant qualifié la Hongrie de "démocratie malade".

La commissaire européenne Věra Jourová s'est attirée les foudres du Premier ministre Viktor Orbán sur la question de l'état de droit

La commissaire européenne Věra Jourová s'est attirée les foudres du Premier ministre Viktor Orbán sur la question de l'état de droit - Crédits : Commission européenne

"M. Orbán aime dire qu'il construit une démocratie illibérale. Je dirais : il construit une démocratie malade". Les termes utilisés par la Vice-présidente de la Commission européenne en charge des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, n'ont semble-t-il pas été appréciés par le Premier ministre hongrois [Le Figaro]. Quelques jours après la publication d'une interview de Mme Jourová dans l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, le chef du gouvernement de ce pays d'Europe centrale a qualifié ces propos d'"humiliation de la Hongrie et du peuple hongrois".

Deux visions de la démocratie

Ils sont "en contradiction avec le rôle de la Commission comme institution neutre et objective entériné par le Traité de Lisbonne", a-t-il ainsi dénoncé dans une lettre adressée hier à l'exécutif européen, exigeant alors la démission de la commissaire. "Aucune institution démocratique ne devrait tolérer un dirigeant qui utilise de telles insultes comme elle l'a fait dans son interview", a également tweeté la ministre hongroise de la Justice, Judit Varga [Politico].

"J'ai un immense respect pour le peuple hongrois et les choix qu'il fait", a rétorqué Mme Jourová, citée par Politico. "Cela ne signifie pas que nous ne devons pas nous exprimer également de manière critique, si nécessaire, sur les actions des gouvernements et des représentants élus, à la Commission ou dans les États membres. En démocratie, aucune action n'est exempte de critiques", a-t-elle ajouté. La présidente de l'institution européenne, Ursula von der Leyen, a aussitôt soutenu sa commissaire en déclarant lui accorder sa "pleine confiance", et promettant de répondre à la lettre de M. Orbán [Le Monde].

"Sérieux défis"

"Cet incident diplomatique majeur intervient à la veille de la présentation par la Commission – et notamment Věra Jourová – d'une revue générale sur l'état de droit dans les 27 pays de l'Union", rappelle Le Point. Un "tout premier audit" à paraître ce midi, et qui souligne les "sérieux défis" auxquels sont confrontés "les principes européens de l'état de droit (…) dans certains pays membres", explique Politico.

"Viktor Orbán ou le gouvernement polonais se défendent toujours selon le même schéma : ils se réfèrent parfois à une loi espagnole similaire aux règles qu'ils édictent, puis à un règlement en Allemagne. C'est fini tout ça. Maintenant, on pourra comparer", annonçait la commissaire dans son interview [Le Figaro]. L'étude scrute en effet à la loupe "la situation du pluralisme des médias, l'indépendance du système judiciaire, la lutte contre la corruption et l'équilibre des pouvoirs" dans chaque pays de l'UE, explique Le Point. Autant de "domaines dans lesquels Budapest et Varsovie sont en conflit avec Bruxelles", continue l'hebdomadaire. Comme la Pologne, la Hongrie est en effet visée par une "procédure exceptionnelle" dite de l'article 7 "pour risque de 'violation grave' des valeurs de l'UE", note Le Figaro.

"Répression idéologique libérale"

La Hongrie n'en est pas à son premier coup d'éclat sur la question de l'état de droit. En guise de réponse au rapport de l'Union européenne, "la Hongrie et la Pologne ont annoncé lundi la création d'un Institut pour lutter contre 'la répression idéologique libérale' et le 'deux poids, deux mesures' des institutions européennes à leur égard", rapportent Les Echos. Le ministre des Affaires étrangères hongrois a déclaré à cette occasion en avoir "assez que certains responsables politiques d'Europe occidentale [les] utilisent comme punching-ball"  [Politico].

"Ces deux pays bloquent par ailleurs la procédure d'adoption du plan de relance européen massif décidé en juillet, en refusant que le versement des fonds européens soit conditionné au respect de l'état de droit", note Le Point. Si la question n'avait pas été clairement tranchée par le Conseil européen en juillet, le Parlement exige quant à lui que le respect de l'état de droit soit une condition pour bénéficier des subventions du plan de relance. Une condition jugée "inacceptable" par la ministre hongroise de la Justice : "Ce n'est pas le règne de l'état de droit, c'est celui du chantage", a-t-elle dénoncé mardi sur Facebook.

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