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[Revue de presse] Espagne : vers les quatrièmes élections législatives en quatre ans

Revue de presse 18.09.2019

Actant l'échec des partis à s'entendre pour former un nouveau gouvernement, le Premier ministre Pedro Sánchez a annoncé hier 17 septembre que les Espagnols retourneraient aux urnes le 10 novembre. Il s'agira du quatrième scrutin législatif organisé depuis quatre ans dans le pays, marqué depuis 2015 par la fin du bipartisme et l'instabilité politique.

Le Premier ministre espagnol sortant Pedro Sánchez - Crédits : Borja Puig de la Bellacasa / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Le Premier ministre espagnol sortant Pedro Sánchez - Crédits : Borja Puig de la Bellacasa / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Nouvelle "répétition électorale" en Espagne, titrent de nombreux médias espagnols dont El País et El Mundo.

Le pays est en effet "voué à (organiser) de nouvelles élections le 10 novembre", selon les termes du Premier ministre Pedro Sánchez mardi 17 septembre, "après avoir été reçu par le roi d'Espagne Felipe VI qui menait depuis lundi des discussions de la dernière chance", rapporte L'Express (avec l'AFP).

Le souverain espagnol cherchait un leader politique capable de réunir une majorité à la chambre des députés. Mais il a finalement confirmé mardi soir, peu avant l'allocution de M. Sánchez, qu'"aucun candidat ne compte les appuis nécessaires pour que la chambre des députés lui octroie sa confiance", cite L'Obs (avec l'AFP). Le 23 septembre étant la date butoir avant que le Parlement ne soit dissous, des élections législatives seront donc convoquées.

"Près de cinq mois après le scrutin d'avril qui avait été remporté par le président du Conseil sortant, Pedro Sánchez (…), la situation est au point mort et l'Espagne s'apprête à retourner à la case départ", résument Les Echos. Au cours de ces longues semaines de négociations, le leader socialiste n'a pas réussi à convaincre une majorité de députés d'approuver son investiture.

Ces quatrièmes élections législatives en 4 ans sont le "signe de la grave crise institutionnelle qui paralyse le pays depuis l’irruption de nouveaux partis sur l’échiquier politique il y a cinq ans : la gauche radicale Podemos, la formation libérale Ciudadanos, puis Vox à l’extrême droite", estime pour sa part Le Monde.

Echec des tractations entre partis

Pourtant, " jusqu’au dernier moment, les grands partis ont tenté de forger une coalition et d’éviter [ce scrutin]", remarque Le Figaro.

Le 23 juillet, le parti socialiste PSOE de M. Sánchez et Unidos Podemos (extrême gauche) semblaient être "sur le point de former un gouvernement de coalition" [Le Monde]. "Mais la décision du chef de file de la gauche radicale, Pablo Iglesias, de faire monter les enchères pour obtenir plus de pouvoir au sein du conseil des ministres, a provoqué l’échec du vote d’investiture au Parlement", relate le journal.

Depuis, le chef du PSOE, refusant de satisfaire ces demandes, "s'était contenté de demander à Podemos, au Parti populaire (PP, conservateur) et à Ciudadanos des 'abstentions techniques' afin de débloquer la législature d’un gouvernement socialiste 'en solitaire'", poursuit Le Monde. "La perspective de nouvelles élections était donc plus que probable".

La formation politique libérale Ciudadanos avait cependant fait lundi 16 septembre "une offre surprise de dernière minute pour faciliter l'investiture de Pedro Sánchez" [France 24 avec l'AFP]. En échange de son abstention lors du vote de l'investiture, le parti avait formulé une proposition "liée à trois conditions inacceptables pour les socialistes : renoncer au gouvernement régional de Navarre ; exclure, avant même le verdict, une grâce des indépendantistes catalans ; et se garder de toute hausse des impôts", rapporte Le Figaro.

Reculer pour mieux sauter ?

Ces élections annoncées permettront-elles de résoudre la crise politique espagnole ? Rien n'est moins sûr "car les sondages prédisent un résultat similaire à celui des élections d'avril dernier", expliquent Les Echos. Avec toutefois "une hausse des deux grandes formations, PSOE et Parti populaire (PP, droite), (…) et une baisse de Podemos et de Ciudadanos" [Le Figaro].

Mais c'est surtout l'abstention qui pourrait augmenter, étant donnée la frustration des électeurs après plusieurs votes successifs et vains. Et ainsi jouer un rôle majeur dans le nouveau scrutin, "si elle se concentre sur les partis d'un seul bord" politique, considère El País.

"Nous constatons aujourd'hui une désaffection beaucoup plus grande [des électeurs], répartie de façon égale entre la gauche et la droite. La question est de savoir si cette tendance va se poursuivre", indique à cet égard Belén Barreiro, directeur de l'institut de sondage 40dB, interrogé par le journal.

 

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