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[Revue de presse] Espagne : vers de nouvelles élections législatives ?

Revue de presse 26.07.2019

Vainqueur des élections législatives d'avril, le socialiste Pedro Sanchez n'a pas obtenu la confiance des députés, jeudi 25 juillet. Les négociations avec Podemos en vue de former un gouvernement de coalition ayant échoué, le parti de gauche radicale s'est abstenu lors du vote. Faute d'accord d'ici septembre, des législatives anticipées auraient lieu en novembre.

Pedro Sanchez soumis à l'investiture des parlementaires, le 23 juillet 2019 - Crédits : La Moncloa - Gobierno de España / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Pedro Sanchez soumis à l'investiture des parlementaires, le 23 juillet 2019 - Crédits : La Moncloa - Gobierno de España / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

"Situation politique troublée en Espagne", titre France24. Les députés espagnols ont en effet refusé de reconduire Pedro Sanchez à la tête du gouvernement, jeudi 25 juillet, par 155 votes négatifs contre 124 favorables – 67 élus s'étant abstenus et 4 n'ayant pas participé au vote [Le Figaro]. "La Chambre lui avait [déjà] refusé la confiance au premier tour" mardi 23 juillet lorsqu'il avait besoin d'une majorité absolue, rappelle Le Point. Lors de ce deuxième tour, "pour être investi, il lui suffisait cette fois-ci de recueillir plus de oui que de non au Parlement". Le dirigeant socialiste n'y est pas non plus parvenu.

Pedro Sanchez n'obtient pas la confiance du Parlement

Pedro Sanchez tente de former un gouvernement depuis la victoire de son parti, le PSOE, aux législatives d'avril dernier. Mais avec "seulement" 123 sièges sur 350, il ne dispose pas d'une majorité à lui seul. Ainsi se retrouve-t-il aujourd'hui "dans l'impasse", écrit Le Point.

"Arrivé au pouvoir il y a un an à la faveur d’une motion de censure" à l'encontre du Parti populaire (droite), Pedro Sanchez devient "le premier candidat à échouer à deux reprises à se faire élire chef du gouvernement" après une première occasion manquée en 2016 [Le Monde].

"Je suis très déçu de constater la persistance du blocage parlementaire", a-t-il déclaré devant les députés hier, regrettant qu'un accord avec le parti de gauche radicale Podemos n'ait "pas été possible" [Le Point].

Echec du rapprochement avec Podemos

De fait, le chef du gouvernement sortant avait absolument besoin d'une alliance pour rester au pouvoir [France24]. Mais les négociations avec Podemos "n’ont réellement commencé que samedi 20 juillet, après des semaines de blocage" , informe La Croix. En vain puisque, faisant partie des abstentionnistes lors du vote, Podemos a "voué l'investiture de M. Sanchez à l'échec" [Le Point].

Par conséquent, "la coalition de gauche n’aura finalement pas lieu, en tout cas pas cette fois", observe RFI. Or, pour la RTBF, un tel accord aurait pourtant été "historique" et "aurait abouti à la formation du premier gouvernement de coalition des gauches en Espagne et cela depuis la guerre civile (1936-1939)".

Pour obtenir le soutien de Podemos, les socialistes auraient proposé au parti, "à prendre ou à laisser, une vice-présidence du Conseil et trois ministères", alors que la formation issue du mouvement des Indignés "en exigeait 5, dont celui du Travail", relate France Culture. Car selon les termes de Pablo Iglesias, son mouvement Podemos ne compte pas entrer au gouvernement "pour y faire de la figuration" [France Culture]. "Mais les socialistes n’ont pas voulu céder les portefeuilles de poids" que sont à leurs yeux la Transition écologique ou le Travail, indique RFI. Pour le PSOE, Podemos, "qui n’a jamais eu de sièges au gouvernement, met la barre trop haut". "On peine à imaginer les gens de Podemos négocier avec le patronat", craint un proche du gouvernement socialiste, cité par Le Figaro.

Plus généralement, M. Sanchez craignait que Podemos veuille "entrer au gouvernement pour le contrôler", note la RTBF. "Vous ne comprenez toujours pas, M. Iglesias, qu’il faut un gouvernement cohérent et en cohésion. Pas deux gouvernements en un", a ainsi affirmé Pedro Sanchez.

Ce dernier n'a en réalité pas voulu prendre le risque de se voir "défié" au sein de son propre gouvernement, explique, pour Le Figaro, Alberto Penadés, professeur de science politique à l’université de Salamanque.  Dans le système espagnol, le président du gouvernement a une "grande autorité sur ses ministres" et les ministres Podemos auraient pu avoir "du mal à accepter les ordres d’un président socialiste", décrypte encore M. Penadés.

Des législatives anticipées en novembre ?

Conséquence de ce nouveau blocage politique après celui, long de plusieurs mois, de 2016 : le pays se rapproche des élections anticipées, "qui seraient les quatrièmes en quatre ans" [France24]. "Le Parlement a deux mois, jusqu’au 23 septembre, pour organiser une nouvelle session d’investiture, soit d’un candidat différent - mais aucun ne semble rassembler une majorité -, soit de Pedro Sanchez", précise Le Figaro. "Faute de quoi les Espagnols devraient retourner aux urnes en novembre" [France24], le 10 plus précisément, selon Le Figaro. En attendant, M. Sanchez "continue à expédier les affaires courantes" [France24], et de réfléchir à une entente avec Podemos.

"À moins que le PSOE, comme l’accuse la gauche, ne préfère chercher à nouveau à convaincre le Parti populaire (PP, droite) ou Ciudadanos (C’s, centre droit) de s’abstenir", fait savoir Le Figaro.

Dans tous les cas, quand bien même les deux formations parviendraient à se mettre d'accord d'ici septembre, "le mal est déja fait" au pays tout entier, estime ABC, repris par France Culture. Pour le quotidien conservateur espagnol, Pablo Iglesias et Pedro Sanchez "humilient l'Espagne, par leur déballage d'hostilité et d'arrivisme, leurs jeux d'intrigues et d'obsessions personnelles".

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