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[Revue de presse] Espagne : la Catalogne au cœur des élections législatives du 28 avril

Revue de presse 25.04.2019

Les Espagnols sont appelés à se rendre aux urnes dimanche 28 avril pour des élections législatives anticipées. Au cœur des débats : les réponses à apporter aux volontés indépendantistes catalanes. Une question qui a contribué à la récente émergence du parti d'extrême droite Vox, partisan d'une Espagne centralisée.

Indépendantistes catalans à Barcelone le 11 septembre 2017 - Crédits : Màrius Montón / Wikimedia Commons

Indépendantistes catalans à Barcelone le 11 septembre 2017 - Crédits : Màrius Montón / Wikimedia Commons

Epineuse question catalane

En Espagne, où le Parlement refuse de voter le budget 2019 du gouvernement minoritaire de Pedro Sánchez, des élections législatives anticipées auront lieu dimanche 28 avril.

Au centre de l'attention : la Catalogne. "La querelle autour de l’indépendance de la Catalogne continue aujourd’hui, en Espagne, un an et demi après ce qui a été vécu comme un tremblement de terre dans le pays et en Europe : le référendum et la déclaration manquée d’indépendance", explique France Culture. Dans le pays, ce sujet "structure, phagocyte, même, le débat politique". Notamment au cours des débats télévisés de lundi 22 et mardi 23 avril entre les principaux candidats.

La campagne a également été "parasitée ou alimentée, c’est selon, par le procès de 12 dirigeants catalans – procès historique encore en cours, deux mois après son ouverture". La question catalane divise "profondément la société espagnole" et "révèle aussi des fractures plus anciennes, et peut-être plus profondes", ajoute France Culture. En résumé, "elle fragilise – sans en être la seule cause – l’unité du pays".

Les velléités catalanes ont, en effet, largement contribué à l'émergence de Vox, un parti d'extrême droite né en 2013 et qui a fait de la lutte contre les indépendantistes l'un de ses chevaux de bataille.

Le premier parti d'extrême droite depuis Franco

La résurgence d'un parti d'extrême droite est un fait notable en Espagne. Car "depuis la mort du dictateur Francisco Franco en 1975, le Parti populaire conservateur [avait] réussi à maintenir les partisans de la ligne dure sous son égide" et l'ancien parti du dictateur, la Phalange, "était réduit à une curiosité", note le média américain Bloomberg. Mais l'indépendantisme catalan et le référendum de 2017 "ont provoqué un furieux retour de bâton qui a ouvert la porte à Vox".

La formation politique promet ainsi "de faire reculer les pouvoirs que les séparatistes catalans ont exploités pour saper l'État espagnol et ramener le pays aux structures de pouvoir centralisées de l'ère franquiste", rapporte Bloomberg.

Le parti était absent des deux derniers débats télévisés, au motif qu'il n'est pas représenté actuellement au Parlement espagnol, indique El País. Pour autant, "Vox est sur la bonne voie pour remporter des sièges pour la première fois dimanche" [Bloomberg]. Bien que la formation politique devrait probablement être le "plus petit groupe de l'assemblée", elle "a déjà une influence démesurée qui a permis de maintenir la Catalogne au centre du débat électoral", analyse le média. Notamment grâce aux réseaux sociaux, où Vox est "le parti le plus suivi" [Franceinfo].

La question catalane est d'ailleurs ce qui fait la spécificité européenne de ce parti d'extrême droite, selon Carlos Conde Solares, professeur d'études hispaniques à la Northumbria University de Newcastle. "Ce qui se passe en Espagne n'est pas comme l'euroscepticisme populiste et anti-immigration en vogue ailleurs", commente-t-il dans un article paru dans The Conversation. Alors que dans d'autres pays européens, les partis d'extrême droite utilisent avant tout le récit nationaliste "pour dépeindre l'UE ou d'autres puissances supranationales comme l'ennemi", Vox s'attaque en premier lieu à l'indépendantisme des catalans et des basques qui constituerait une atteinte à la nation espagnole, souligne le chercheur.

Atomisation de l'offre politique

Ces élections devraient ainsi achever d'enterrer le bipartisme espagnol, déjà remis en cause par la montée en puissance des partis d'extrême gauche Podemos et de centre droit Ciudadanos. Notamment du fait du vote de "l'Espagne dite 'vide'", à savoir les zones rurales progressivement dépeuplées, "devenue l'une des principales priorités des partis politiques" [Euronews]. Et où "Vox et son leader, Santiago Abascal, espèrent réaliser de gros scores", précise Mediapart.

Dans la province rurale de la Cuenca, par exemple, où la victoire de la droite conservatrice (le Parti populaire) est "habituelle", "le nouveau scénario politique apporte quelques incertitudes" et la victoire du parti n'est plus assurée [Euronews].

D'après un sondage réalisé pour El Mundo entre les 3 et 17 avril, les socialistes menés par Pedro Sánchez pourraient gagner le scrutin avec 30,3 % des voix, devant le Parti populaire de Pablo Casado avec 20,1 % des suffrages. Les deux partis sont ensuite suivis dans les intentions de vote par Ciudadanos, formation conduite par Albert Rivera, qui recueillerait 15 % des votes, puis par Podemos, représenté par Pablo Iglesias, avec 13,2 % des suffrages. Vox, enfin, pourrait obtenir 10,2 % des voix.

 

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