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[Revue de presse] En Roumanie, les libéraux pro-européens contrôlent désormais tout l'exécutif

Revue de presse 25.11.2019

Le candidat pro-européen Klaus Iohannis a largement remporté l'élection présidentielle du 24 novembre en Roumanie. Le parti de sa rivale sociale-démocrate va de défaite en défaite après des réformes judiciaires controversées. En octobre, le gouvernement était déjà passé aux mains des libéraux de centre droit. 

Pour son deuxième mandat, le président Klaus Iohannis travaillera cette fois-ci avec un Premier ministre du même bord politique -  Crédits : Annika Haas / Flickr EU2017EE Estonian Presidency CC BY 2.0

Pour son deuxième mandat, le président Klaus Iohannis travaillera cette fois-ci avec un Premier ministre du même bord politique - Crédits : Annika Haas / Flickr EU2017EE Estonian Presidency CC BY 2.0

C'est une victoire de plus pour les libéraux roumains. Dimanche 24 novembre, "trente ans après la chute du communisme", Klaus Iohannis a largement remporté le second tour de l'élection présidentielle avec "un peu plus de 63% des voix sur 95% des bulletins dépouillés" [Euractiv]. La participation s'est élevée à près de 55%, "avec plus de 10 millions de Roumains venus voter dimanche", rapporte Politico.

"Une Roumanie moderne, européenne et normale a gagné aujourd'hui", a déclaré le vainqueur à l'annonce des résultats [Euractiv]. "C’est la quatrième fois de suite qu’un représentant du parti libéral de centre droit est porté à la [présidence] du pays", précise Le Figaro. "Son opposante, la dirigeante du Parti social-démocrate (PSD) et ancienne Première ministre Viorica Dăncilă, a reçu les 37% de voix restantes, le plus mauvais résultat jamais récolté par son parti", ajoute Euractiv.

Populaire après un premier mandat à la présidence roumaine, la victoire de Klaus Iohannis était attendue. Mais "son ampleur vient clore une cohabitation tendue entre ce chef d’Etat de centre droit et un gouvernement de gauche qui avait multiplié les réformes pour affaiblir la lutte anticorruption, sous les vives critiques de la rue et des institutions européennes", analyse Le Monde.

Quelques semaines plus tôt, le gouvernement de son opposante Viorica Dăncilă avait déjà été renversé par une motion de censure du Parlement, ce qui avait permis l'accès au pouvoir du libéral Ludovic Orban, issu du même parti que Klaus Iohannis.

[Revue de presse] Roumanie : un gouvernement minoritaire de centre droit au pouvoir

Un président pro-européen

"Membre de la minorité des Saxons de Transylvanie, protestant dans un pays orthodoxe, taciturne dans un monde politique du scandale, adepte de la discrétion au royaume du reality show politique, cet homme au sourire éclatant est parvenu à faire de ses différences une force", avance La Libre. Surtout, Klaus Iohannis s'est illustré pour son engagement pro-européen, à l'opposé du PSD, "parti de gauche aux accents populistes et eurosceptiques", souligne La Croix [avec l'AFP].

Lorsqu'il était au pouvoir, "le gouvernement social-démocrate s'était engagé dans une longue bataille contre l'Union Européenne", rappelle Euractiv, alors qu'il était soupçonné de "vouloir stériliser le pouvoir judiciaire". "Iohannis avait soutenu Bruxelles dans le litige", souligne le média européen. La campagne présidentielle avait ensuite été marquée par l'absence de débat télévisé. Un débat que "Iohannis avait refusé d'engager", accusant le parti de son adversaire de "gouverner contre les intérêts des Roumains" [Politico].

Les résultats de dimanche auront-ils un impact sur la future stratégie du PSD ? "Victor Negrescu, cadre du parti et ancien ministre des affaires européennes […] avait quitté le gouvernement en signe de protestation contre le virage eurosceptique du parti", rapporte Le Monde. "La seule direction possible est la direction proeuropéenne", plaide désormais ce représentant de l’aile modernisatrice du parti [Le Monde].

Vote-sanction contre le PSD

Derrière la victoire de Iohannis, c'est donc la défaite historique du PSD qui apparaît en clair-obscur. Ce dernier, "qui a dominé la vie politique roumaine depuis 1990, a multiplié les revers après sa victoire aux législatives de 2016", relate la RTBF [avec l'AFP]. Le PSD est désormais "perçu comme un vestige du communisme par ses détracteurs", ajoute La Libre.

Les multiples réformes de la justice du gouvernement de Viorica Dăncilă semblent y être pour beaucoup. Celles-ci étaient "officiellement destinées à limiter les abus des procureurs, mais [profitaient] en réalité à l’ancien président du parti , Liviu Dragnea", explique Le Monde. Alors que ce dernier a tout de même été "condamné à trois ans et demi de prison ferme dans une affaire d’emplois fictifs" [Le Figaro], cette tentative de verrouillage de la justice aurait finalement "coûté au PSD plus d'un million de voix", selon le sociologue Alin Teodorescu, interrogé par l'AFP [RTBF].

Enfin, "l'émigration et l'accès à internet, qui ont permis aux Roumains de découvrir l'Europe de l'ouest, ont modifié leurs préférences électorales, au détriment du PSD", avance la RTBF.

Une majorité libérale étriquée

Boutés en-dehors du gouvernement, les sociaux-démocrates pourraient néanmoins "profiter d’un an dans l’opposition pour 'se refaire'", avant les prochaines élections législatives prévues pour fin 2020, analyse Le Monde. De son côté, le Parti national-libéral dont sont issus Klaus Iohannis et le Premier ministre Ludovic Orban "ne bénéficie que d’une majorité disparate et étriquée au Parlement, qui l’empêche de mener toutes les réformes qu’il souhaiterait" [Le Monde].

De plus, le contexte économique roumain reste instable. Certes, "la Roumanie a enregistré de forts taux de croissance économique (7% en 2017 et 4,1% en 2018)", mais celle-ci aurait été "dopée par des hausses des retraites et des salaires dans le secteur public octroyées par le PSD", rapporte La Croix. Des largesses qui "ont suscité l'inquiétude de l'UE et du Fonds monétaire international (FMI), qui ont mis en garde contre une explosion du déficit" [La Croix].

 

 

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