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[Revue de presse] En moins de quatre mois, la Roumanie perd deux gouvernements

Revue de presse 06.02.2020

Le 5 février, le parlement roumain, dominé par les sociaux-démocrates, a renversé le gouvernement libéral de Ludovic Orban. Celui-ci était arrivé au pouvoir trois mois plus tôt, en ayant démis de leurs fonctions de la même manière ses opposants. La manœuvre pourrait cette fois-ci conduire à des élections anticipées.

Malgré la chute de son gouvernement, le libéral Ludovic Orban devrait rester Premier ministre par intérim - Crédits : NATO North Atlantic Treaty Organization / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Malgré la chute de son gouvernement, le libéral Ludovic Orban devrait rester Premier ministre par intérim - Crédits : NATO North Atlantic Treaty Organization (09/01/20) / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Il n'aura duré que trois mois. "Le gouvernement libéral minoritaire de Ludovic Orban a été renversé mercredi 5 février par le parlement roumain", annonce ainsi Le Monde (avec l'AFP et Reuters). "Le gouvernement Orban a été démis, c'est un grand pas pour la démocratie", a déclaré de manière théâtrale Marcel Ciolacu, le président social-démocrate de la Chambre des députés [Les Echos].

Le Parti social-démocrate (PSD), allié à un parti de la minorité hongroise, est à l'origine de la motion de censure qui a mené à la chute de l'exécutif issu du Parti national libéral (PNL, centre-droit). "Un total de 261 parlementaires sur 465 ont voté en faveur du rejet du gouvernement, soit 28 de plus que le nombre requis", note Politico.

Une défiance parlementaire qui trouve sa cause dans l'opposition à un projet de loi du gouvernement Orban. "A six mois des élections municipales, les libéraux voulaient réformer la loi électorale pour rétablir un système de vote à deux tours", explique Le Monde. Or, "selon les analystes, le PSD aurait pu perdre lors de ce scrutin la moitié des quelque 1 700 maires dont il dispose actuellement, car des candidats de centre droit auraient pu s’allier contre lui entre les deux tours", poursuit le quotidien du soir.

Le gouvernement minoritaire de Ludovic Orban, qui n'a aucun lien familial avec le dirigeant hongrois Viktor Orbán, était parvenu au pouvoir le 4 novembre 2019. Il avait alors "remplacé le gouvernement social-démocrate tombé en octobre, là aussi à la suite d'une motion de censure", rappelle Politico.

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Vers des élections anticipées ?

"Nous avons perdu une bataille mais, pour la Roumanie, nous gagnerons la prochaine manche", a répliqué devant le parlement Ludovic Orban [Le Monde], alors qu'il devrait rester Premier ministre par intérim [Euractiv]. La prochaine manche est justement entre les mains du président roumain, Klaus Iohannis, lui aussi issu du PNL, et élu victorieusement il y a deux mois. Celui-ci "est maintenant appelé à désigner un nouveau premier ministre", rapporte Le Monde.

Certes, "le PNL a aussitôt annoncé qu’il allait mener des consultations jeudi avec le chef de l’Etat pour décider de sa stratégie", relève Le Monde. Mais "Marcel Ciolacu, leader du PSD, a déclaré qu'il parlerait avec son ancien collègue de parti Victor Ponta afin de proposer [lui aussi] un prochain Premier ministre" [Politico]. "Victor Ponta avait quitté le PSD après s'être brouillé avec son ancien dirigeant, avant de former son propre parti, Pro Romania", explique Politico.

Au-delà de sa volonté de retourner au gouvernement, le PNL aurait pour ambition de limiter l'influence des sociaux-démocrates au parlement, selon Les Echos. Ludovic Orban avait en effet expliqué en janvier que l'action gouvernementale était freinée par ces derniers. Et avait convenu avec le président Klaus Iohannis du principe d'élections législatives anticipées en mai (celles-ci étaient prévues en novembre), en même temps que les municipales, fait savoir le quotidien. "La chute du gouvernement ne les gêne donc pas vraiment", résume RFI.

Ce qui pose problème pour le PNL : "il faut deux tentatives ratées de formation d'un nouveau gouvernement en l'espace de 60 jours pour que le président puisse dissoudre le parlement. Or de nombreux élus sociaux-démocrates pourraient souhaiter se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible", indiquent Les Echos. Pour l'heure, l'issue de cet épisode de la vie politique roumaine est "extrêmement incertain étant donné des groupement parlementaires fragmentés et polarisés", selon les analystes [Euractiv].

Perte de vitesse des sociaux-démocrates

Des élections anticipées pourraient en effet se révéler tragiques pour les sociaux-démocrates. Si ceux-ci sont toujours majoritaires au parlement, qui avait été renouvelé en 2016, ils ont depuis "perdu les européennes de mai dernier, la présidentielle de novembre, et ils sont bien partis pour perdre les municipales dans six mois", avance RFI.

Le parti "paie le prix d’une refonte controversée de la justice lancée en 2017, qui a suscité des manifestations d’une ampleur sans précédent en Roumanie", relève Le Monde. Mais aussi de l'emprisonnement en mai 2019 de son ex-numéro un, Liviu Dragnea, pour emplois fictifs, "jetant l'opprobre sur tout son parti", analysent Les Echos. "Selon un sondage publié lundi, les sociaux-démocrates ont chuté à 20 % des intentions de vote, contre 45 % aux législatives de 2016", rapporte Le Monde. "Les libéraux ont en revanche le vent en poupe : dopés par la réélection de M. Iohannis en novembre, ils sont crédités de 47 %".

 

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