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[Revue de presse] En Méditerranée, front commun des pays du Sud face à la Turquie

Revue de presse 11.09.2020

Hier s'est tenu à Ajaccio le 7e Sommet des pays du sud de l’Union européenne (MED7). Face aux tensions avec la Turquie en Méditerranée orientale, les dirigeants ont fait front commun, appelant au dialogue avec Ankara tout en la menaçant de sanctions en cas de non-coopération.

Jeudi 10 septembre, le président français Emmanuel Macron a accueilli les six autres dirigeants des pays de l'Europe du Sud pour adopter une position commune face à la Turquie en Méditerranée orientale

Jeudi 10 septembre, le président français Emmanuel Macron a accueilli les six autres dirigeants des pays de l'Europe du Sud pour adopter une position commune face à la Turquie en Méditerranée orientale - Crédits : Pool Moncloa - Borja Puig de la Bellacasa / Gouvernement espagnol

"Ils étaient d’accord sur tout", résume Le Monde. "Réunis à Ajaccio pour la conférence Med-7, jeudi 10 septembre, les dirigeants des sept pays européens de la Méditerranée (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Malte et Chypre) ont affiché une entente non feinte sur les grands sujets du moment", estime le quotidien.

Les sept dirigeants ont ainsi appelé la Turquie "à cesser sa politique de 'confrontation' en Méditerranée orientale", écrit Le Huffington Post. La Grèce et Chypre sont en effet "en première ligne face à la Turquie, qui revendique le droit d’exploiter des gisements d’hydrocarbures dans une zone maritime qu’Athènes estime relever de sa souveraineté", rappelle le média. "Les tensions entre Athènes et Ankara se sont aggravées depuis le lancement en août d'une campagne turque de prospection gazière dans une zone contestée de Méditerranée orientale riche en hydrocarbures", complète France24.

Mais s'ils en appellent à un retour au dialogue, les dirigeants n'excluent pas d'adopter des sanctions, "en cas de refus de tout compromis" de la part d'Ankara. Dans une déclaration commune à l'issue du sommet, les chefs d'Etat ont néanmoins convenu que "si la Turquie ne progress[ait] pas sur la voie du dialogue et ne met[tait] pas un terme à ses activités unilatérales, l’UE [serait] prête à élaborer une liste de mesures restrictives supplémentaires", rapporte 20 Minutes.

Emmanuel Macron appelle à un "dialogue responsable"

"Nous voulons envoyer un message clair pour un dialogue véritable. Nous pensons que ce dialogue authentique est possible, nous pensons qu’il est possible de suivre la voie de la désescalade", a résumé le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, cité par Le Huffington Post. "Après des mois d'escalade de tensions, tant verbales que militaires" [Politico], l'ambition est de parvenir à un "dialogue responsable" avec la Turquie, estime le président français Emmanuel Macron, à l'initiative de la rencontre [France 24]. De son, côté, le président chypriote Nicos Anastasiades a mis en garde contre de “vrais risques de déstabilisation de la Méditerranée en raison des menaces de la Turquie”, appelant l’UE à “utiliser tous les moyens" dont elle dispose pour "éviter un conflit catastrophique pour toute la région", cite Le Huffington Post.

Les Européens du Sud posent néanmoins des conditions au rétablissement du dialogue : "le respect de l’embargo sur les armes à destination de la Libye, la délimitation des zones économiques exclusives par la négociation et le respect du droit international, le renvoi de la question des frontières maritimes avec Chypre devant la Cour internationale de justice", liste Le Monde. "[Ces] lignes rouges sont simples", a commenté Emmanuel Macron, martelant "qu’aucun dialogue n’est possible s’il repose sur un abandon de souveraineté ou une faiblesse coupable".

Menaces de sanctions

Les Européens ont donc jusqu'au prochain sommet européen des 24-25 septembre pour "pousser la Turquie à discuter les termes d’un accord avec la Grèce" [20 Minutes]. Si aucun compromis n'est trouvé d'ici là, "les dirigeants de l'UE n'auront d'autre choix que d'imposer des 'sanctions significatives' à la Turquie", avertissait déjà le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis en amont de la rencontre à Ajaccio, dans une tribune au journal Le Monde. "Des intérêts vitaux - des intérêts européens stratégiques - sont désormais en jeu", alertait-il également.

"La position des sept États membres de l'UE ne reflète pas nécessairement la position de l'ensemble du bloc", nuance Reuters. Mais Le Figaro estime qu'un changement de dynamique est en train de s'opérer en faveur "[du] message français de fermeté vis-à-vis de la Turquie". Le média évoque l'exemple du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, qui a lui aussi "durci le ton" face à Ankara. "La France est davantage soutenue au sein de l’UE. Le logiciel a changé. Tout le monde est désormais d’accord pour prendre des sanctions", confirme un responsable français au journal.

De son côté, "la Turquie invite l’UE à 'rester impartiale', assurant que la menace de sanctions n’aidera 'pas à résoudre le problème'" [Le Huffington Post]. "Nous sommes prêts à dialoguer sans aucune condition préalable", a de nouveau déclaré jeudi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu. Mais "si la Grèce insiste sur des conditions préalables, nous insisterons également sur nos conditions préalables" a-t-il averti [Euronews].

 

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