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[Revue de presse] En Lituanie, le futur président devra lutter contre la fracture sociale

Revue de presse 13.05.2019

Après le premier tour de l'élection présidentielle en Lituanie, dimanche 12 mai, l'économiste indépendant Gitanas Nauseda affrontera sa rivale conservatrice Ingrida Simonyte le 26 mai. Arrivé en troisième position, le Premier ministre a, quant à lui, annoncé sa démission. Au cœur de la campagne : la fracture entre les riches et les pauvres, très marquée dans le pays.

Palais présidentiel à Vilnius, en Lituanie - Crédits : agustavop / iStock

Palais présidentiel à Vilnius, en Lituanie - Crédits : agustavop / iStock

L'économiste Gitanas Nauseda en tête

Près de 55 % des électeurs de Lituanie ont participé, dimanche 12 mai, au premier tour de l'élection présidentielle. Ils ont placé en tête l'économiste indépendant Gitanas Nauseda, un "ex-banquier novice en politique" [RFI] qui a rassemblé 31,07 % des voix. Au second tour, organisé le même jour que les européennes, soit le 26 mai, il affrontera l'ex-ministre conservatrice des Finances, la chrétienne-démocrate Ingrida Simonyte, arrivée tout juste derrière lui avec 29,46 % des voix, explique Euronews. "Seulement 2600 voix les séparent à l'issue du premier tour", précisent Les Echos. "Cela faisait bien longtemps que l'intrigue n'avait pas été aussi grande", commente RFI.

D'autant plus que le Premier ministre sortant, Saulius Skvernelis (centre-gauche) n'est arrivé qu'en troisième position avec 20,72 % des voix [Le Monde].

Au moment de voter, ce dernier avait estimé que ce scrutin était "une évaluation" de son travail à la tête du gouvernement. Battu, il a dès lors annoncé qu'il démissionnerait le 12 juillet, à la fin du second mandat de la présidente sortante Dalia Grybauskaite, qui de son côté "pourrait chercher à succéder à Donald Tusk à la présidence du Conseil européen", relate l'AFP.

La fracture sociale au cœur de la campagne

Les neuf candidats présents au premier tour étaient tous des "partisans convaincus de l'Union européenne et de l'OTAN, considérés comme une assurance contre le grand voisin russe" [La Croix].  

Dans un pays marqué par la pauvreté et les inégalités de salaires, qui restent parmi "les plus élevées de l'UE […] en dépit d'une croissance enviable" [Ouest France], les trois favoris avaient plutôt axé leur programme autour de ce problème.

"Environ un quart de la population - surtout les ruraux - vit au-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 307 euros par mois", précise en effet Ouest France.

Europe : où les inégalités ont-elles augmenté ?

Ainsi, les citoyens ont "soif de justice sociale" [La Tribune de Genève]. Et "cherchent un candidat capable de surmonter la polarisation sociale actuelle", explique Donatas Puslys, de l'Institut d'analyse politique de Vilnius, interrogé par l'AFP.

Les prétendants à la présidence du pays ont donc dû capitaliser sur la question. "Nous ne pouvons pas isoler Vilnius du reste de la Lituanie", avait déjà lancé Ingrida Simonyte au cours de son dernier meeting dans la capitale. Selon l'agence de presse, c'est en stimulant la croissance que la candidate espère réduire le fossé économique entre zones rurales et urbaines.

"Indépendamment des résultats que nous avons obtenus au premier tour, nous devons encore tenir compte de choses qui sont importantes non seulement pour les grandes villes de ce pays, mais aussi pour les petites villes et régions afin d'avoir un pays prospère", a d'ailleurs répété Mme Simonyte à l'issue du premier tour [Euronews]. Car pour rivaliser face à M. Nauseda, l'ancienne ministre, "soutenue par les habitants de la ville et les émigrés", doit encore élargir sa base électorale, observe le pure player lituanien Delfi.

De son côté, M. Nauseda, ancien conseiller d'une banque d'affaires, propose de "combattre l'injustice sociale partout dans ce pays de 2,8 millions d'habitants, à la démographie déclinante en raison, notamment, d'une migration massive de jeunes vers l'Occident", poursuit l'AFP. Sa cible ? "Les électeurs à la recherche d'un président impartial au-dessus des querelles politiques", note le quotidien suisse La Tribune de Genève. "Je veux remercier tous ceux qui ont pris à cœur notre message qui dit que nous voulons un Etat-providence en Lituanie et que nous voulons plus de paix politique", a-t-il déclaré dimanche soir [Les Echos].

Un président doté de faibles pouvoirs

Mais en Lituanie, les pouvoirs du président sont limités et ne s'exercent pas au quotidien. Il "nomme les ministres, les juges et les chefs de l'armée et la banque centrale, mais le plus souvent il doit obtenir l'assentiment du Premier ministre ou du parlement", observe le média belge RTBF.

Parmi ses prérogatives figurent tout de même la participation aux sommets de l'UE, et les orientations en matière de politique étrangère. Mais sur ce point, "aucun des favoris n'introduirait de changements radicaux concernant la diplomatie et la défense", décrypte La Croix.

Ingrida Simonyte espère néanmoins se tourner encore plus vers ses voisins baltes, analyse RFI : "Nous devons repenser nos actions communes. Je voudrais que les trois pays baltes soient très visibles dans les formats de coopération avec les pays nordiques et ailleurs aussi", a déclaré l'ancienne ministre.

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