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[Revue de presse] En Allemagne, la CDU se prépare à tourner la page Angela Merkel

Revue de presse 15.01.2021

Le congrès de la CDU, le parti chrétien-démocrate allemand, s'ouvre ce vendredi à 18h. Au cours du week-end, les délégués du parti devront choisir leur prochain leader. Son défi : succéder à Angela Merkel, avec en ligne de mire, les élections fédérales au mois de septembre.

Arrivée au pouvoir en 2005, Angela Merkel quittera l'arène politique en septembre prochain. Ce week-end, le congrès de son parti, la CDU, a la charge de lui trouver un successeur

Arrivée au pouvoir en 2005, Angela Merkel quittera l'arène politique en septembre prochain. Ce week-end, le congrès de son parti, la CDU, a la charge de lui trouver un successeur - Crédits : Conseil de l'UE

"Difficile d’imaginer l’Allemagne sans elle, et pourtant, elle s’apprête à tirer sa révérence après les élections législatives de septembre prochain après un règne exceptionnel de seize années à la tête du gouvernement fédéral", explique Pierre Haski au micro de France Inter ce matin. Dès lors, "pas facile pour les Allemands de couper le cordon avec 'Mutti' ("maman" en allemand) le surnom d'Angela Merkel", renchérit L'Express. De nombreux sondages indiquent que les électeurs outre-Rhin souhaiteraient la voir se présenter pour un cinquième mandat. "Mais rien n’y fait ! Malgré un indice de popularité de plus de 70 %, Angela Merkel ne rempilera pas", annonce Libération. Lui succéder ne sera donc pas une tâche aisée. C'est pourtant celle qui attend en théorie le futur dirigeant de la CDU, le parti chrétien-démocrate dont la chancelière est issue. Les délégués devront choisir ce samedi "une nouvelle direction lors d’un congrès entièrement virtuel pour remplacer Annegret Kramp-Karrenbauer ('AKK'). La dauphine d’Angela Merkel avait jeté l’éponge après avoir été lâchée par son parti il y a un an, après une série de boulettes politiques et de défaites électorales", poursuit le quotidien.

"Le vainqueur deviendra instantanément le favori pour succéder à Angela Merkel au poste de chancelier, une fois qu'elle aura quitté ses fonctions après les élections en septembre", fait savoir The Economist. "Pour autant, le vainqueur du jour ne sera pas forcément le candidat à la chancellerie des conservateurs lors des législatives de septembre prochain", tempère L'Express. "Il y a un peu plus de deux ans, la tension au sein du public était palpable à l'annonce de la victoire sur le fil du rasoir d'Annegret Kramp-Karrenbauer (AKK) […] à la présidence de la CDU", se remémorent Les Echos. "L'élection de son successeur n'a rien à envier au suspens d'alors tant le jeu semble ouvert à quelques heures du scrutin". Si trois hommes sont officiellement candidats, d'autres pourraient sortir du bois pour accroître les chances du parti de se maintenir au pouvoir. Ainsi, "dans le cadre de l'alliance avec la CSU bavaroise, son populaire leader, Markus Söder, pourrait être choisi dans les semaines qui viennent. A moins que ne l'emporte l'étoile montante de ce parti, Jens Spahn, actuel ministre de la Santé, plébiscité pour sa relative bonne gestion de l'épidémie de Covid-19 au niveau fédéral", analyse L'Express. En attendant, les délégués devront départager trois personnalités.

Trois candidats officiels pour une issue incertaine

"Rival libéral de Merkel" pour France Inter, Friedrich Merz est "le candidat de ceux qui trouvent que la CDU doit amorcer un virage à droite, en rompant avec la 'sociale-démocratisation' des années Merkel" [L'Express]. M. Merz développe "un discours sur l’immigration destiné à récupérer les électeurs conservateurs partis à l’extrême droite", précise Pierre Haski  [France Inter]. Populaire auprès de la base électorale du parti, "les délégués [pourraient] considérer qu'il est leur meilleure chance de remporter de nouveaux postes d'élus, une fois Merkel sortie du jeu, mais aussi estimer [qu'il] est trop clivant pour être le choix le plus judicieux", considère L'Express. Avec ses positions plus conservatrices que celles de Merkel, le président du groupe CDU au Bundestag est en effet "la cible idéale à gauche pour une campagne électorale", selon Libération.

Armin Laschet, "considéré comme le dauphin d'Angela Merkel", a quant à lui "toujours soutenu les choix politiques de sa mentor" [L'Express]. Pour Libération, "sa complicité avec les écologistes est aussi l’assurance d’une stabilité politique". Compte tenu de la recomposition politique outre-Rhin, le journal estime d'ailleurs "qu'une alliance avec les Verts est l’option la plus probable en septembre". Mais s'il dispose d'un fort soutien parmi les délégués "merkeliens", l'actuel dirigeant du puissant Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie souffre d'un "manque criant de popularité […] auprès de la base de la CDU", écrivent Les Echos.

Norbert Röttgen, dernier candidat déclaré, est quant à lui "l’outsider qui monte" [France Inter]. Le "cavalier noir de la course" est vu comme "l'une des voix les plus crédibles dans les affaires internationales à Berlin", note Politico. Mais "malgré une remontée dans les sondages et ses talents d’analyste politique, [il] reste marqué par sa défaite historique aux élections de Rhénanie-du-Nord-Westphalie de 2012", estime Libération.

Quel candidat pour l'Europe ?

"L’élection du Président de la CDU peut sembler anodine, mais l’Allemagne est à la fois la première économie d’Europe, et LA puissance incontournable du continent", juge Pierre Haski sur France Inter. "Véritable figure de stabilité, [Angela Merkel] est largement respectée pour sa capacité à résoudre les conflits, à trouver des compromis et à servir de médiateur entre les camps opposés. Un nouveau chancelier signifiera inévitablement un nouveau style de leadership allemand en Europe", selon le Financial Times.

"Tous les gouvernements européens attendent avec intérêt de savoir qui sera élu, car ce choix pèsera nécessairement sur l’évolution de l’Union européenne", considère Pierre Haski, donnant l'exemple de la relance européenne initiée par le couple franco-allemand. Pour le chroniqueur, "sans Merkel, ce plan n’avait aucune chance. Pas sûr qu'un Friedriech Merz l'aurait signé", ce dernier étant "plus proche des positions des États dits 'frugaux'" [France Inter]. "A Paris, on se dit serein quel que soit le choix de la CDU, en misant sur la maturité des rapports franco-allemands, et sur une 'évidence européenne' qui finit par s’imposer au chancelier, quel qu’il soit", poursuit Pierre Haski. Pourtant, "si l'Élysée avait la possibilité de voter pour l'un des trois candidats, il opterait à coup sûr pour Norbert Röttgen", qui souhaite "renforcer le partenariat franco-allemand, de même que l'ancrage européen de son pays", nuance L'Express.

 

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