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[Revue de presse] Elections législatives en Grèce : la gauche d'Alexis Tsipras en difficulté

Revue de presse 05.07.2019

Le 7 juillet, les électeurs grecs se rendront aux urnes pour des législatives anticipées. Un scrutin qui devrait, selon les sondages, entraîner le départ du Premier ministre Alexis Tsipras et le retour de la droite au pouvoir, menée par Kyriakos Mitsotakis.

Kyriakos Mitsotakis et Alexis Tsipras

Kyriakos Mitsotakis et Alexis Tsipras - Crédits : René Rossignaud / Flickr

A deux jours des élections législatives en Grèce du 7 juillet, la défaite d'Alexis Tsipras et le retour de la droite au pouvoir paraissent inévitables. "Les jeux semblent faits", affirme Euronews, les nombreuses enquêtes d'opinion donnant le parti Nouvelle démocratie largement gagnant face à Syriza.

Austérité

Mené par Alexis Tsipras, le parti de gauche radicale anti-austérité Syriza a remporté les législatives en janvier 2015. Une "entrée fracassante", qui a porté au pouvoir "le plus jeune chef de gouvernement que la Grèce ait connu en 150 ans", rappelle Euronews.

A l'époque, le pays était englué dans la crise. Il frôlait le défaut de paiement de sa dette et la sortie de la zone euro, tandis que son taux de chômage s'élevait à 26 %. En juillet 2015, les Grecs rejettent par référendum les mesures de rigueur exigées par les Européens en échange d'un plan d'aide financière. Puis, pour échapper au "Grexit", Syriza fait "volte-face" et accepte "un plan d'austérité" qui frappe durement la population, détaille l'éditorialiste des Echos Jacques Hubert-Rodier.

Depuis, le parti a continué de décevoir, et pas seulement les classes populaires : "en dépit d’une relative stabilisation économique après de violentes années de récession, la classe moyenne ne lui pardonne ni ses promesses mirifiques, ni de l’avoir essorée fiscalement", résume ainsi La Croix.

Pour le journal, celle-ci a été "étranglée". Ses revenus "qui oscillaient entre 28 000 et 40 000 € annuels, ont dégringolé entre 7 500 et 18 000 €/an ; seuls 20 % ont gardé un niveau de vie d’avant la crise", analyse Vassilis Korkidis, le président de la chambre de commerce et d'industrie du Pirée, cité par La Croix.

Déconvenue

"Ces derniers mois", le gouvernement grec a néanmoins mis en place "des mesures plus sociales", comme "la hausse du salaire minimum". Des engagements tardifs et "insuffisants" pour "une classe moyenne lourdement imposée", expliquent Les Echos.

Et de fait, Syriza a enregistré des "résultats très décevants" aux élections européennes (23,8 %). "On s’attendait à ce que Nouvelle démocratie (opposition conservatrice) gagne, mais pas avec une marge aussi importante (33,1 % des voix)", décrypte George Pagoulatos, professeur de politique européenne et d’économie interrogé par Le Figaro. Le 2 juin, les élections locales confirment la tendance, avec une nette victoire des conservateurs.

Au-delà des préoccupations économiques, "l’accord de Prespa sur la Macédoine a aussi provoqué des pertes significatives pour la coalition gouvernementale", poursuit le chercheur. Cet accord consacre "le nom officiel de République de Macédoine du Nord (…). Depuis 1991, la Grèce s’opposait à ce que cet Etat, issu de l’éclatement de la Fédération de Yougoslavie, porte le même nom qu’une de ses régions, la Macédoine" [Le Monde]. En outre, "les incendies de l’été dernier à Mati près d’Athènes et la perte d’une centaine de vies ont sévèrement terni l’image du gouvernement" [Le Figaro].

Suite à ces déconvenues, Alexis Tsipras "a donc été contraint de convoquer des élections législatives anticipées ce 7 juillet" [La Croix].

Dynastie politique

Le scrutin devrait voir le parti Nouvelle démocratie l'emporter avec une certaine avance. Un succès "dû avant tout à un rejet de M. Tsipras et moins à un vote d'adhésion", pour Les Echos. Néanmoins, Kyriakos Mitsotakis, le leader du parti de droite, a su, "seulement trois ans après avoir repris en mains le traditionnel parti conservateur, lui redonner du brillant mais aussi de la modernité", explique Euronews.

Issu d'une véritable "dynastie politique" [Les Echos], ce diplômé de Stanford et Harvard "n'est pas sorti de nulle part" : son père, élu député en 1946 est lui-même "un ancien Premier ministre (1990-1993), et sa soeur a été maire de la capitale, Athènes, et ministre des Affaires étrangères", relate Euronews. Son neveu "vient d'être élu maire d'Athènes", précise en outre Le Point.

Identifié comme "un réformateur", Kyriakos Mitsotakis "vient de l'aile centriste libérale" de son parti, explique George Pagoulatos pour Le Figaro. Cela fait de lui un véritable "Macron grec", pour Le Point. Comme le président français, "c'est un libéral" qui a fait "ses armes dans le secteur financier", pointe le journal.

Lors de sa campagne, le candidat a notamment promis "de relancer la croissance et de faire venir plus d'investisseurs étrangers dans le pays grâce à une baisse des impôts pour les entreprises", détaille Euronews.

Il ne manquera par ailleurs pas d'alliés au niveau européen, croit savoir George Pagoulatos, qui voit en Kyriakos Mitsotakis un "allié politique d'Angela Merkel" et rappelle que "Nouvelle démocratie appartient au Parti populaire européen (PPE). (…) Ces liens, tissés avant les européennes, se sont renforcés depuis" [Le Figaro].

 

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