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[Revue de presse] Economie : l'Europe se prépare à une récession d'ampleur

Revue de presse 08.07.2020

Les nouvelles prévisions dévoilées par le commissaire européen à l'Economie sont plus alarmantes que celles présentées il y a deux mois. Pour l'exécutif européen, elles justifient d'autant plus l'urgence d'un plan de relance sur lequel les Etats doivent encore s'entendre.

Le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, a dévoilé mardi 7 juillet des prévisions économiques pessimistes pour l'Union européenne et la zone euro

Le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, a dévoilé mardi 7 juillet des prévisions économiques pessimistes pour l'Union européenne et la zone euro - Crédits : Xavier Lejeune / Commission européenne

"Tous les Etats membres vont connaître une croissance négative cette année et tous les Etats membres auront un rebond l'année prochaine avec une croissance positive. Mais il y a beaucoup de divergences dans ces chiffres." Ainsi Paolo Gentiloni, commissaire européen à l'Economie, résume-t-il la situation à Euronews.

Mardi 7 juillet, ce dernier a présenté de nouvelles prévisions de croissance, ou plutôt de récession, pour l'ensemble des pays membres. D'après elles, "l’activité devrait se contracter de 8,3 % au sein de l’Union européenne et de 8,7 % dans la zone euro" sur l'année 2020, "avant de rebondir, en 2021", sans pour autant que le PIB n'atteigne alors les niveaux d'avant-crise [Le Monde].

Aggravation de la crise

Les précédentes prévisions dataient d'il y a deux mois. Depuis, les chiffres de la récession ont été revus à la hausse. Parmi les raisons de cet écart, "l'impact économique du confinement est plus sévère que ce que nous avions prévu initialement", justifie le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis [Financial Times]. Et la "réponse politique rapide et complète" à la pandémie, tant "au niveau communautaire qu'aux niveaux nationaux,  n'a pas suffi à contenir une récession inédite", ajoutent Les Echos.

Par ailleurs, l'exécutif européen préfère souligner l'incertitude du rebond attendu en 2021. Ses estimations restent en effet soumises à de nombreux aléas, dont "une nouvelle vague importante d'infections" au Covid-19, avertit Valdis Dombrovskis [Capital]. "L’environnement international de l’Union européenne pourrait également être moins porteur que ne l’a prévu la Commission", qui mentionne le risque d'un no deal avec le Royaume-Uni [Le Monde].

Inégalités entre pays

Par ailleurs, l'ampleur de la crise ne sera pas la même partout. Les pays les plus impactés, France, Italie et Espagne, "devraient voir leur PIB reculer de plus de 10 % en 2020", notent Les Echos. Le Portugal, la Grèce et la Belgique s'apprêtent également à subir des récessions proches de 10%. Tandis que plusieurs pays de l'Est, comme la Croatie, la Hongrie et la Slovaquie, sont eux aussi "sévèrement atteints" [Les Echos].

A l'inverse, "les pays du Nord sont comme attendu, un peu moins touchés (…) : -6,3 % pour l'Allemagne et la Finlande, -5,3 % pour la Suède", détaille le quotidien. Et c'est la Pologne, dont l'économie devrait se contracter de "seulement 4,6%", qui affiche "le chiffre le moins mauvais de tout le bloc", relève Politico.

Par conséquent, la récession "devrait aggraver les écarts entre pays dans des proportions que les économistes européens n’imaginaient pas au printemps", note Le Monde. Car "les pays les plus touchés sont le plus souvent ceux où la pandémie a le plus frappé et qui ont le moins les moyens de dépenser pour soutenir leur économie", poursuit le média.

Plan de relance

Avec ces nouveaux chiffres, la Commission souhaite faire pression sur les Etats pour qu'ils s'accordent sur un plan de relance. "Cette prévision illustre parfaitement pourquoi nous avons besoin d'un [tel] accord", déclare Valdis Dombrovskis dans Politico. Présenté le 27 mai par la Commission, ce plan de 750 milliards d'euros vise à "aider les économies les plus touchées, notamment par l'octroi de centaines de milliards d'euros de subventions qui ne devront pas être remboursées", rappelle le Financial Times. Mais il fait encore l'objet d'importantes négociations entre les Etats membres, qui se réuniront en sommet les 18 et 19 juillet.

La Commission insiste notamment sur "l'urgence d'une adoption rapide", souligne Le Figaro. "On ne peut pas accepter l'idée que ces divergences se consolident et se prolongent à l'avenir", ajoute Paolo Gentiloni [Euronews], pour qui l'argument d'un tel scénario est "aujourd'hui plus fort que jamais" [Politico]. Un accord sur le plan de relance permettrait d'améliorer "sensiblement les perspectives d'une reprise synchronisée", confirment les économistes de la banque Morgan Stanley [Financial Times].

 

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