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[Revue de presse] Dieselgate : le premier grand procès allemand s'ouvre contre Volkswagen

Revue de presse 11.09.2018

Le scandale du Dieselgate avait, en septembre 2015, ébranlé le constructeur automobile allemand : il était alors accusé de manipulation dans les tests d'émissions de CO2 par l'Agence américaine pour l'environnement (EPA). Ce sont aujourd'hui, devant la justice allemande, les actionnaires du groupe qui lui demandent des comptes : 9 milliards d'euros de dommages et intérêts.

Pollution automobile

Pollution automobile - Crédits : gabort71 / iStock

Un nouveau procès et d'importants enjeux financiers

"Trois ans après le 'dieselgate', le premier grand procès contre Volkswagen (VW) s’est ouvert lundi [10 septembre] en Allemagne", relate Libération : "le géant automobile est accusé d’avoir truqué les moteurs de millions de véhicules pour cacher la réalité de leurs émissions de gaz polluants".

Initialement mise en cause le 18 septembre 2015 par l’Agence américaine pour l’environnement (EPA), "la marque allemande aura truqué 11 millions de moteurs diesel. Jamais jusqu’ici, on n'avait connu une fraude à une telle échelle", rappelle le média belge RTBF. "Le titre Volkswagen qui faisait référence à la bourse de Francfort s'était effondré, perdant 40% en à peine deux jours".

Mais si le scandale est en premier lieu environnemental, il s'agit bien ici d'une histoire d'argent : dans le procès d'une envergure peu commune qui vient de s'ouvrir en Allemagne, "le nombre de plaignants est considérable", indique Le Monde : "près de trois mille actionnaires du groupe accusent VW et sa société mère, Porsche SE, d’avoir informé trop tard des conséquences probables de la manipulation de millions de moteurs diesel, en septembre 2015 (…). Ces actionnaires réclament à VW 9 milliards d’euros de dommages et intérêts".

"Les investisseurs demandent réparation pour ce préjudice, estimant que le constructeur aurait dû prévenir les marchés financiers de ces faits entre 2008 et 2015", précise France Inter. Mais qui est réellement responsable de la fraude ? "C'est l'argument de Volkswagen : la ligne de défense de la firme allemande consiste à affirmer que la tricherie était le fruit d'une poignée d'ingénieurs".

Cette stratégie de défense reste à éprouver : la justice devrait par exemple s'intéresser "au rôle de Martin Winterkorn, ingénieur de métier resté aux commandes de Volkswagen de 2007 à 2015 et qui se vantait de connaître 'chaque boulon' de ses modèles", rapporte Le Figaro Le fabricant avait, en 2016, "indiqué que son ex-patron avait été mis au courant par un 'mémo' de mai 2014 d'irrégularités sur les niveaux d'émissions aux États-Unis".

La coûteuse accumulation des procédures

Au cours de ce procès, "les magistrats de Brunswick se pencheront sur plus de 200 questions soumises par les deux parties", détaille Le Point. "Leurs réponses, susceptibles de recours devant la cour fédérale, s'appliqueront à l'identique à plus de 3 000 requêtes d'investisseurs (…) et permettront de décider d'éventuelles indemnisations".

En revanche, et au grand dam de l'industrie allemande, "l'audience de Brunswick est loin d'être la seule procédure en cours dans le cadre du 'dieselgate', qui a déjà coûté à Volkswagen plus de 27 milliards d'euros en rappels de véhicules et frais de justice", selon Euronews. Et l'ardoise risque encore de s'allonger : "le gouvernement allemand a mis en place des procédures collectives pour les consommateurs" en mai dernier. Conséquence : "les 2 millions de propriétaires ont désormais la possibilité de faire une action groupée contre Volkswagen avant la fin de l'année, une mesure qui était jusqu'alors impossible".

S'ajoutant à la longue liste des doléances des uns et des autres, "de nombreuses enquêtes sont par ailleurs toujours en cours, dont celle menée par le parquet de Munich sur Audi, filiale de Volkswagen basée en Bavière", ajoutent Les Échos. "Son ancien dirigeant, Rupert Stadler, mis en cause notamment pour 'fraude', a été placé en détention provisoire il y a près de trois mois, pour l'empêcher de nuire à l'enquête".

Les réponses aux questions des investisseurs ne devraient cependant pas être pour demain : "si un nouveau procès débute en Allemagne, un jugement n’est pas attendu dans cette procédure lourde avant 2019", estime RFI. Au-delà de l'aspect financier, ces procès en feuilletons sont "un dossier difficile à gérer pour l'entreprise, car il revient en permanence sur le devant de l’actualité. Et donc ça a aussi une conséquence en termes d’image".