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[Revue de presse] Crise politique en Italie : la Ligue appelle à des élections anticipées

Revue de presse 09.08.2019

En Italie, le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini a appelé, jeudi 8 août, à la tenue d'élections anticipées. Un coup de tonnerre qui plonge le pays dans une grave crise politique. Le leader d'extrême droite espère parvenir à gouverner seul à l'avenir, mais les élections pourraient n'avoir lieu que dans 8 mois.

Matteo Salvini et Giuseppe Conte

Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur et Giuseppe Conte, Premier ministre italien - Crédits : Geert Vanden Wijgaert / Pietro Naj-Oleari / Parlement européen

"Allons tout de suite au Parlement pour prendre acte qu’il n’y a plus de majorité (…) et restituons rapidement la parole aux électeurs." Voilà ce qu'a demandé Matteo Salvini dans un communiqué publié jeudi 8 août, dans la soirée [La Croix].

Le ministre de l'Intérieur italien a par ces mots provoqué "l'éclatement de la coalition au pouvoir", composée de la Ligue (son propre parti d'extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), relate Le Monde.

Multiples conflits

Si "le divorce n'était pas encore officiellement prononcé" [RTBF], les crises politiques s'étaient enchaînées depuis les élections législatives du 4 mars 2018, qui avaient vu le M5S triompher avec 32 % des voix, et la Ligue remporter 18 % des suffrages.

A l'époque, la formation d'un gouvernement avait déjà nécessité plusieurs mois de tractations, détaille La Libre. Les deux partis avaient fini par s'accorder sur le novice en politique Giuseppe Conte, sans étiquette, au poste de Premier ministre, et sur un programme "anti-austérité et très à droite sur des thèmes comme l'immigration et la sécurité", poursuit le média.

Mais dès le départ, la coalition est apparue déséquilibrée. S'il n'est devenu "que" le numéro 2 du gouvernement, Matteo Salvini s'est en effet rapidement imposé comme son "vrai patron", et "l'homme fort" d'Italie [Le Monde]. Un sentiment confirmé par les dernières élections européennes, à l'issue desquelles le M5S a récolté deux fois moins de voix que la Ligue [La Libre].

La coalition, "au pouvoir depuis maintenant quatorze mois", rappelle La Croix, avait ainsi fait face à "de multiples conflits". Notamment "sur la réforme de la justice ou sur le tour de vis sécuritaire et anti-migrants" qui avaient alimenté "des doutes sur la longévité du gouvernement", explique La Libre.

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Crise politique

C'est finalement le dernier vote parlementaire avant la pause estivale, sur "le projet de ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin", qui a porté le coup de grâce à la coalition. Mercredi, le Mouvement 5 étoiles a en effet tenté de bloquer le projet par une motion déposée au Sénat, alors que la Ligue y était favorable, souligne Politico. Et c'est donc le lendemain que Matteo Salvini a suggéré la tenue de nouvelles élections. Contre toute attente puisque le matin même, la presse italienne assurait qu'il "avait posé ses conditions pour rester au sein de l’alliance", précise Le Monde.

"Cette décision unilatérale a provoqué la colère" du chef du M5S Luigi di Maio et de Giuseppe Conte, note ainsi La Croix. "Ce n’est pas du ressort du ministre de l’Intérieur de convoquer le Parlement, ce n’est pas à lui de dicter les étapes de la crise politique", a déclaré le chef du gouvernement [Le Monde].

"Un recadrage bref mais sec", pour le Huffington Post, car la décision finale de convoquer des élections anticipées revient en principe au Président de l'Italie. Si Sergio Mattarella "dispose de peu de pouvoir", il "détient les clés pour résoudre les crises politiques", rappelle ainsi Le Parisien. Le Président de la République est en effet "le seul à pouvoir de dissoudre le Parlement, après consultation des présidents des deux chambres et des principaux dirigeants politiques".

Plusieurs scénarios sur la table

Le ministre de l'Intérieur, "pointé du doigt comme instigateur de la crise", est donc aujourd'hui accusé de vouloir capitaliser sur sa popularité pour forcer l'organisation d'un nouveau scrutin, dans l'espoir que la Ligue parvienne à gouverner sans le M5S.

"Personne ne peut encore dire ce qui va se produire dans les prochaines semaines", explique néanmoins la RTBF. Pour l'instant, la "scission du gouvernement ne sera pas officielle tant qu'un acte formel, tel qu'une motion de censure ou la démission du Premier ministre, n'aura eu lieu", détaille Politico.

Plusieurs scénarios sont sur la table : "des élections anticipées pourraient être convoquées, comme le demande Matteo Salvini, pour la mi-octobre au plus tôt, compte tenu des délais constitutionnels". C'est ce qui se produirait si "une motion de censure qui ferait tomber le gouvernement" était votée le 20 août, hypothèse évoquée par les médias italiens, rapporte La Libre.

Le Président italien, "notoirement opposé à des élections à l'automne", pourrait toutefois repousser l'échéance à février ou mars et "opter pour la mise en place d'un gouvernement technique" afin de préparer le budget 2020, précise Le Parisien.

D'autant plus que la "chute du gouvernement causerait une incertitude majeure pour l'Union européenne", s'inquiète Politico, l'Italie étant la troisième économie de la zone euro. "Le pays n'a en outre pas encore nominé son candidat au poste de commissaire européen", pointe le média.

L'extrême droite déjà en campagne

Cette option d'un report ne ravit donc pas l'extrême droite, préparée à affronter l'opposition dans les urnes. Car les sondages lui sont aujourd'hui "ultra favorables". La Ligue "recueillerait en cas d’élections de 36 % à 38 % [des suffrages]", indique la RTBF et pourrait ainsi "gouverner seule, en s’alliant avec le petit parti d’extrême droite Fratelli d’Italia", souligne Le Monde.

Ainsi, mercredi, "les élus de la Ligue ont reçu sur leur smartphone un message leur demandant de ne pas s’éloigner pendant l’été", révèle la RTBF, tandis que Matteo Salvini "a quasiment lancé sa campagne en tenant un meeting à Pescara dans le centre du pays" [La Croix].

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