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[Revue de presse] Covid-19 : malgré des mesures sanitaires divergentes, l'Union européenne tente une réponse coordonnée face à la crise

Revue de presse 18.03.2020

Mardi 17 mars, les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont formellement acté ensemble la fermeture des frontières extérieures de l’UE. Une décision commune, à l'heure où les réponses nationales restent très diverses.

Un Conseil européen dédié à la lutte contre le coronavirus s'est tenu le 17 mars. Ci-dessus, les présidents de la Commission Ursula von der Leyen et du Conseil européen Charles Michel en présentent les conclusions lors d'une conférence de presse

Un Conseil européen dédié à la lutte contre le coronavirus s'est tenu le 17 mars. Ci-dessus, les présidents de la Commission Ursula von der Leyen et du Conseil européen Charles Michel en présentent les conclusions lors d'une conférence de presse - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

Mardi 17 mars dans l’après-midi, les Vingt-Sept se sont à nouveau réunis par visioconférence afin de valider la proposition de la Commission de fermer les frontières extérieures de l’Union pour une durée de 30 jours. La réinstauration des contrôles, qui doivent être mis en œuvre par les États membres, entrera en vigueur "le plus rapidement possible", a annoncé le président du Conseil européen Charles Michel.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a également ajouté que "des appels d'offre seraient lancés pour acquérir des masques et des gants de protection ainsi que des appareils médicaux de respiration artificielle", précise l’AFP. Ces mesures complètent celles adoptées depuis le Conseil européen du 10 mars : 37 milliards d’euros alloués au soutien des systèmes de santé, 180 millions d’euros pour financer la recherche d’un vaccin, flexibilité des règles sur le déficit public ou encore aide à la production et l’importation de matériel médical, liste Libération. Mais la multiplication de ces initiatives prises au niveau européen ne masque pas les disparités affichées par les Etats membres dans la gestion de crise.

Unité européenne économique

Ces derniers jours en effet, les pays européens ont adopté des politiques "plus ou moins drastiques" face au coronavirus. Certains pays comme l'Italie, l'Espagne, la France, et depuis le 18 mars la Belgique,"ont opté pour un confinement de la population", tandis que les Pays-Bas ou la Suède "excluent une telle solution en misant sur le développement d'une immunité collective" [Euronews]. Face à cette absence de concertation, "les Européens ont voulu démontrer qu’ils étaient capables de faire front commun", note Le Figaro. Les dirigeants des pays de l’Union tentent ainsi "de coordonner l'effort sanitaire", confirment Les Echos. Pour les institutions européennes, l’objectif de ce sommet était ainsi de "montrer que l’Union agit pour combattre le coronavirus", explique un diplomate européen à Libération.

Pour "remettre un peu d’ordre" dans ces mesures nationales, les ministres des Finances de la zone euro avaient la veille affirmé leur "forte détermination à faire tout ce qui est nécessaire" pour soutenir l’activité économique [Libération]. De quoi donner "un habillage européen aux plans d’aide nationaux aux économies" estime Libération. Les membres de l’Eurogroupe suivis par le Conseil européen ont ainsi affirmé leur "forte détermination à faire tout ce qui est nécessaire" pour soutenir l’activité économique et  temporairement levé les règles limitant le déficit public des Etats membres. L'attitude des dirigeants européens est néanmoins un signal encourageant, poursuit le media, qui considère que les Etats ont "appris leurs leçons" de la crise de la zone euro il y a quelques années.

 

Des Etats membres en ordre dispersé sur le plan sanitaire

Alors que l’Italie, l’Espagne et la France ont déjà adopté des mesures de confinement total de leur population, la Belgique a attendu mercredi 18 mars à midi pour leur emboîter le pas. Une décision jugée nécessaire par le ministre-président de la Wallonie Elio Di Rupo, qui affirme que "sans mesures complémentaires, les services d’urgence auraient dû accueillir 5 000 patients dans une semaine" [Le Monde].

Aux Pays-Bas et en Suède, les mesures adoptées restent encore "basiques", juge France info. En Suède, le télétravail est ainsi encouragé et "une campagne sur les mesures d’hygiène a été lancée". Mais les écoles restent ouvertes, malgré l’interdiction des rassemblements de plus de 500 personnes. De même, les frontières restent ouvertes car leur fermeture n’a pas été jugée nécessaire par l’agence publique de Santé suédoise. Le gouvernement suédois se contente donc de suivre "à la lettre" les recommandations de ses autorités sanitaires, conclut le média. Une rhétorique que l’on retrouvait dans le discours du Premier ministre britannique, avant que des prévisions scientifiques n'incitent le gouvernement à changer de stratégie [20 Minutes avec AFP]. Cette diversité de positions face à la pandémie pousse Libération à appeler à encore plus de coordination européenne des mesures nationales. Le quotidien considère en effet que la réponse ne peut être "qu’européenne" pour faire face à l’épidémie, mais aussi "pour relancer l’économie des Vingt-sept après l’orage".

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