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[Revue de Presse] Covid-19 : les restrictions de déplacements mettent à mal l'espace Schengen

Revue de presse 01.09.2020

Face à l'augmentation des contaminations au coronavirus, de plus en plus de pays européens limitent l'entrée de résidents étrangers. En Hongrie, c'est même une fermeture totale des frontières qui entre en vigueur ce mardi 1er septembre. Face à la disparité des mesures, l'Allemagne, la France et la Commission européenne prônent des règles communes.

Avec la recrudescence de l’épidémie, les voyageurs doivent composer avec les restrictions mises en place par certains Etats membres de l'Union européenne

Avec la recrudescence de l’épidémie, les voyageurs doivent composer avec les restrictions mises en place par certains Etats membres de l'Union européenne - Crédits : stellalevi / iStock

Comme souvent, la Hongrie de Viktor Orbán se démarque dans sa gestion de crise. Le pays a ainsi décidé d'interdire, dès ce mardi 1er septembre, l'accès de son territoire aux résidents étrangers. "Avec 614 morts pour 10 millions d’habitants, et 5 500 cas de contamination, le pays a été moins touché que d’autres par l’épidémie de Covid-19", explique RFI. Pour autant, "il y a un risque d'introduction du virus et la plupart des nouvelles infections sont d'origine étrangère", a annoncé Gergely Gulyás, chef de cabinet du Premier ministre [Challenges]. "Les citoyens hongrois qui reviennent de l’étranger doivent être mis en quarantaine pendant 14 jours ou doivent présenter deux tests négatifs", a-t-il également annoncé [Ouest-France avec l'AFP].

Des exceptions sont toutefois prévues. Les étrangers qui travaillent dans le pays et les étudiants étrangers inscrits dans des universités hongroises peuvent franchir la frontière selon les mêmes conditions que les citoyens hongrois. Certains citoyens tchèques également, après que "le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, est personnellement intervenu auprès du Premier ministre hongrois" rapporte RFI. Il a "demandé un traitement de faveur pour les touristes tchèques qui ont réservé leurs vacances en Hongrie depuis longtemps", poursuit la radio. Ailleurs en Europe, la décision hongroise a été vivement critiquée, Budapest n'ayant pas "prévenu les voyageurs et ses partenaires européens", note Euronews. Interviewée par le média, la députée néerlandaise Sophie in't Veld y voit même "une autre provocation vis-à-vis de l'Union européenne".

Des restrictions disparates

Si la Hongrie a pris une mesure extrême, elle n'est pas la première à limiter de nouveau la circulation à ses frontières. Après une accalmie cet été, plusieurs pays ont réinstauré des restrictions de déplacements en fonction des pays de provenance. Et les règles sont particulièrement disparates, note Politico : ainsi les résidents bruxellois doivent se soumettre à des tests ou une quarantaine lorsqu'ils se rendent en Allemagne et aux Pays-Bas, mais pas en France, tandis que le Danemark leur refuse l'entrée. Sans compter les différences dans le nombre de jours de quarantaine ou de validité d'un test, ainsi que les régions concernées. Côté français, "21 des 100 régions de France se trouvent désormais dans la 'zone rouge'", rappelle Euronews. De sorte que, par exemple, les Allemands ont été incités à ne pas s'y rendre.

Jusque-là, "les poussées périodiques de Covid-19 ont incité les pays à réimposer des restrictions moins draconiennes" qu'au printemps – "de la Norvège et du Royaume-Uni qui ajoutent une série de nouveaux pays à leurs listes de quarantaine obligatoire, aux pays baltes qui remanient chaque semaine leurs listes de pays à faible taux d'infection", poursuit Politico. Une approche prônée notamment par la Commission, qui souhaite "remplacer les restrictions générales à la libre circulation par des mesures plus ciblées, qui sont limitées dans le temps ou dans leur portée géographique", explique la porte-parole de l'institution Vivian Loonela [Euronews]. Pour autant, l'initiative de la Hongrie "laisse entrevoir le début d'une nouvelle phase", alerte Politico.

Préserver "l'intégrité de l'espace Schengen"

C'est pour freiner cette tendance et préserver "l'intégrité de l'espace Schengen" que l'Allemagne va proposer d'harmoniser ces restrictions, lors d'une réunion des ambassadeurs européens à Bruxelles ce mercredi [Ouest France avec l'AFP]. "Une réponse cohérente est cruciale pour éviter une approche morcelée, comme on l’a vu plus tôt dans l’année", prévient le pays qui assume actuellement la présidence du Conseil de l'Union européenne.

Berlin souhaite mettre en place un "cadre commun pour les mesures concernant les zones à risques et les restrictions imposées aux déplacements avec une 'attention particulière pour les régions frontalières'", explique Challenges. Le gouvernement propose également d'"uniformiser la communication sur les restrictions de déplacement décidées par les Etats, parfois mises en place sans que le ou les pays concernés n'aient été informés à l'avance", poursuit le média.

L'initiative allemande a été saluée par la France, qui plaide pour une telle uniformisation. Le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune a de son côté déclaré avoir échangé avec les voisins transfrontaliers "pour éviter ou limiter les nouvelles mesures restrictives", et permettre aux 350 000 travailleurs transfrontaliers de "continuer à circuler et travailler" [Ouest-France].

 

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