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[Revue de presse] Covid-19 : face aux résultats économiques alarmants, les Etats membres à la relance

Revue de presse 02.09.2020

Récession, chômage, baisse des prix… Pour le deuxième trimestre 2020, Eurostat observe le plus fort recul de l'économie européenne depuis plus de vingt ans. Les Etats membres, eux, finalisent leurs plans de relance nationaux pour tenter d'en limiter l'impact.

Conséquence de la crise du coronavirus, le chômage monte en flèche dans les pays européens

Conséquence de la crise du coronavirus, le chômage monte en flèche dans les pays européens - Crédits : nito100 / iStock

Comme attendu, l'économie européenne a particulièrement marqué le pas en 2020. Les derniers chiffres publiés par l'office européen de statistiques Eurostat le confirment : "l’ensemble de la zone euro a vu son PIB se contracter de 12,1 % au printemps après -3,6 % au trimestre précédent", rapporte Le Monde. Soit "le recul le plus important" depuis plus de 20 ans. L'Allemagne, première économie européenne, voit plonger son PIB de 9,7 % au deuxième trimestre. La France, qui a mis en place "un confinement plus strict et plus long que son voisin d’outre-Rhin", constate quant à elle une baisse de 13,8 % du PIB à la même période, note le quotidien. Quant à l'Italie et l'Espagne, la chute se chiffre respectivement à 12,8 % et 18,5 %.

Du côté du prix des biens, "l'inflation en zone euro est passée en territoire négatif en août pour la première fois depuis mai 2016", indique La Dépêche, avec une estimation de -0,2 %. Des chiffres en deçà des objectifs de la Banque centrale européenne (BCE), "qui estime qu'une inflation proche de 2% est optimale pour une croissance saine de l'économie", poursuit le journal. Les liquidités injectées par l'institution monétaire depuis le début de la pandémie n'auront donc "pas suffi à soutenir un redémarrage qui se manifesterait par une hausse, même modeste, des prix", souligne Le Figaro, qui parle de "spectre de la déflation". Concernant l'emploi enfin, "le taux de chômage ne fait que commencer à s’envoler", poursuit le quotidien, en atteignant 7,9 % en juillet contre 7,7 % en juin.

Les plans de relance européens

Après s'être accordés en juillet sur un plan de relance européen de 750 milliards d'euros, les Vingt-Sept planchent chacun sur leur programme de relance national. Ainsi "l'Espagne et l'Italie, qui seront les deux principaux bénéficiaires du plan de relance européen, élaborent déjà les grandes lignes de leurs dépenses", explique Le Point. L'Espagne va en effet toucher 72 milliards d'euros de subventions de l'UE. "Une énorme opportunité de transformer, corriger et rendre la société plus résiliente d'un point de vue social et économique", a déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. Celui-ci entend concentrer ses efforts sur le secteur de la construction, qui "devrait employer 221 000 personnes aujourd'hui sans emploi, selon les estimations du gouvernement espagnol", note l'hebdomadaire. L'Italie a également dressé les grands axes de son plan, qui bénéficierait de 82 milliards de subventions européennes. Le gouvernement envisage notamment "un investissement massif pour développer les régions du Sud ainsi que l’école, l’université et la recherche", explique le quotidien.

La France doit quant à elle présenter son plan de relance jeudi 3 septembre. Selon La Tribune, "le plan de relance de 100 milliards (…) qui doit se déployer sur deux ans" promet un soutien direct aux entreprises, notamment par une baisse des impôts de production de 10 milliards d'euros en 2021 et en 2022, mais également un soutien à l'emploi des jeunes d'une hauteur de 6,5 milliards. Et au-delà des mesures de court terme, "l'exécutif veut profiter de l'occasion pour accélérer le verdissement de l'économie française et stimuler la production industrielle sur le territoire, en particulier dans certains secteurs stratégiques comme la santé", poursuit le média. Un programme qui vise ainsi à soutenir "l'offre et l'investissement", à l'inverse donc de "l’Allemagne, qui a au contraire décidé de doper la demande", note Le Monde.

La reprise allemande

Premier pays à annoncer son plan de relance au mois de juin, l'Allemagne espère une récession moins forte qu'elle ne l'avait initialement prévue : le ministre allemand de l'Economie Peter Altmaier a même annoncé un rebond "plus rapide et dynamique" que ne le craignait le gouvernement. Ce dernier "table désormais sur une chute de 5,8 % du Produit intérieur brut en 2020, moins mauvaise que les 6,3 % initialement annoncés", explique Ouest-France. Si l'automobile, la gastronomie et le tourisme ont été très affaiblis par la crise, le commerce de détail a par exemple "réussi à enregistrer une progression de 0,8 % du chiffre d’affaires au premier semestre 2020 par rapport aux six derniers mois de 2019, notamment grâce à la vente en ligne", note Libération. Sur le marché du travail enfin, la "situation reste stable" et le chômage ne progresse plus, continue le quotidien.

Une reprise économique "est possible même en temps de coronavirus", a ainsi vanté Peter Altmaier. "En 2022, nous retrouverons les niveaux de croissance d'avant crise", a même avancé le ministre d'Angela Merkel [Ouest-France]. "Nous ne procédons pas à de nouveaux assouplissements et respectons les règles d'hygiène, le port du masque et de distanciation" afin de pouvoir éviter un "nouveau confinement général", a-t-il cependant prévenu. Tandis que les partis de la coalition gouvernementale reconnaissent que pour maintenir ce cap, l'Allemagne devrait "de nouveau recourir en 2021 à un niveau d'emprunt dépassant la règle du frein à l'endettement inscrit dans la constitution", notent Les Echos.

 

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