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[Revue de presse] Covid-19 : en Allemagne, la stratégie de déconfinement du gouvernement fait débat

Revue de presse 28.04.2020

En Allemagne, le déconfinement s’opère de manière progressive depuis le 20 avril. Mais les débats sur l'arbitrage entre santé et économie divisent la société, y compris au sein du parti de la chancelière.

En Allemagne, la stratégie de déconfinement de la chancelière Angela Merkel divise

En Allemagne, la stratégie de déconfinement de la chancelière Angela Merkel divise - Crédits : Arno Mikkor / CC BY 2.0

"Le retournement est spectaculaire. En l’espace de quelques jours, le climat qui régnait en Allemagne depuis le début de l’épidémie de Covid-19 s’est profondément altéré", observe Le Monde. Depuis plusieurs jours en effet, la chancelière allemande appelle à la progressivité dans la levée des restrictions mises en place par les différents Länder. Angela Merkel a ainsi mis en garde contre les risques d'un déconfinement accéléré : "Ne gâchons pas ce que nous avons accompli jusqu'à présent et ne risquons pas un retour de bâton" [Libération].

Une prudence critiquée

"Jusqu'ici portée aux nues" pour "sa préparation et sa réponse sanitaire à la pandémie", la chancelière avait "réalisé l’union sacrée autour de sa gestion de crise", commente Le Huffington Post avec l'AFP. Elle fait désormais face aux premières dissensions, "y compris au sein de son propre camp" [Le Figaro]. Plusieurs ténors du parti conservateur ont pris position dans les médias ces derniers jours pour critiquer "l’extrême prudence" de la chancelière. "Ceux qui, à gauche comme à droite, souhaitent la levée des restrictions reprochent au gouvernement de tuer les libertés individuelles. Les autres parlent d'un déconfinement trop précipité", résume Libération.

L’ancien ministre des Finances et actuel président du Bundestag, Wolfgang Schäuble, a ainsi déclaré dans les colonnes du Tagesspiegel ne pas vouloir "laisser les décisions aux seuls virologues" : selon lui, le gouvernement doit également "prendre en compte les énormes implications économiques, sociales, psychologiques et autres" des mesures de confinement [RTBF]. Son point de vue est notamment partagé par le président de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Armin Laschet, candidat à la succession d’Angela Merkel, qui invite à "prendre en compte les dégâts que le confinement provoque", en particulier sur les enfants "qui depuis six semaines restent chez eux et n'ont pas quitté leur domicile", rapporte Le Point avec l’AFP. Cette critique se retrouve également au sein des partis d’opposition. Le président du parti libéral-démocrate Christian Lindner a pour sa part annoncé "‘la fin de la grande unité’ nationale sur le coronavirus", alors que "son mouvement s’inquiète de l’impact économique sur les PME et s’en prend aux restrictions de libertés individuelles imposées par les autorités", poursuit le média.

Les critiques des personnalités politiques viennent s’ajouter à celles exprimées par la population, dont l’impatience semble grandir "face aux mesures de restriction instaurées depuis un mois et demi et leur impact économique" [Le Point avec l’AFP]. Le soutien aux mesures gouvernementales "décroît à mesure que le temps passe, et que les températures grimpent", confirme Libération.

Les risques d’un déconfinement précipité

Pour autant, plusieurs scientifiques "dont le célébrissime virologue Christian Drosten, évoquent le risque d'une deuxième vague, dont l'ampleur pourrait bien réduire à néant les efforts de ces dernières semaines", poursuit Libération, alors même que des "signes d'aggravation de l'épidémie de nouveau coronavirus apparaissent en Allemagne" [RTBF]. Quelques jours plus tôt, le directeur adjoint de l’Institut Robert-Koch, qui publie chaque jour le chiffre des épidémies en Allemagne, avait déjà alerté sur le "danger fondamental que le nombre des infections reparte à la hausse si l’ensemble des mesures restrictives [était] supprimé de manière précoce" [Le Monde].

Une mise en garde qui conforte la politique de prudence du gouvernement. Celui-ci "se refuse à toute nouvelle discussion sur un assouplissement avant le 6 mai", rapporte Le Figaro. "Je recommande à chacun d’entre nous d’avancer très prudemment afin de ne pas être obligé au bout du compte d’annuler les mesures de déconfinement", a ainsi prévenu le ministre de l’Économie Peter Altmaier [Le Figaro]. Une façon de mettre en garde les ministres-présidents de région qui ont affiché leur volonté de gérer le déconfinement "à leur guise", comme sur le port du masque, rapporte Le Monde. "En étant trop différenciées selon les Länder", les mesures de déconfinement risqueraient pourtant de générer "une dangereuse confusion", alerte le quotidien.

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