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[Revue de presse] Coronavirus : l'UE s'organise face à la panique boursière et au ralentissement économique

Revue de presse 10.03.2020

Face à la progression du nombre de malades du coronavirus dans le monde, les places boursières européennes ont connu une forte baisse lundi 9 mars. Pour éviter des conséquences à plus long terme sur une économie déjà fragile, les Etats en appellent au soutien de l'Union européenne.

Le Président du Conseil italien, Giuseppe Conte, craint de voir son pays, gravement touché par l'épidémie de coronavirus, sombrer dans la récession. Il fait appel à l'aide de l'Union européenne pour limiter les effets négatifs de l'épidémie - Crédits : Dipartimento Protezion Civile / Flickr CC BY 2.0

Le Président du Conseil italien, Giuseppe Conte, craint de voir son pays, gravement touché par l'épidémie de coronavirus, sombrer dans la récession. Il fait appel à l'aide de l'Union européenne pour limiter les effets négatifs de l'épidémie - Crédits : Dipartimento Protezion Civile / Flickr CC BY 2.0

"Qu'obtient-on lorsqu'on soumet une économie en berne à un cocktail de crise géopolitique, de frayeur pandémique et de fuite des investisseurs ? L'Europe est sur le point de le découvrir" [Politico]. Pire, les places boursières du Vieux Continent l'ont même déjà expérimenté hier, lundi 9 mars : "A Paris, le CAC 40 a perdu 8,39 %, (…) à Francfort, la Bourse a plongé de 7,94 %, (…) la Bourse de Milan finit, elle, sur une dégringolade de plus de 11 % et celle de Madrid sur une chute de 7,96 %", liste Le Monde. Un "lundi noir", pour les marchés européens et mondiaux, largement dû à l'épidémie de COVID-19 qui frappe une bonne partie de la planète et désormais tous les Etats membres de l'UE.

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"La décision de l'Italie de confiner le nord de son territoire [et poumon de son économie] à cause du coronavirus" a indéniablement joué un rôle dans cette panique boursière, indique Politico. Néanmoins, l'épidémie a surtout joué un rôle de "catalyseur" des faiblesses de l’économie mondiale, estime Shen Zhengyang, analyste chez Northeast Securities [Le Monde]. En clair, le virus ne ferait que révéler des failles déjà existantes dans le système financier. Autre déclencheur, l'échec vendredi dernier des "négociations entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie", qui a entraîné la plus grosse chute des prix du pétrole depuis 1991, ajoute le quotidien.

Des paramètres étroitement liés : les conséquences de l'épidémie "pesaient sur les cours du pétrole depuis déjà plusieurs semaines", rappelle Nicolas Goetzmann, responsable de la recherche et de la stratégie macroéconomique à la Financière de la Cité, interrogé par Le Figaro.

Limiter la casse

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'économie européenne n'avait pas besoin d'une épidémie. "Les leaders européens espéraient silencieusement que le virus partirait comme il est venu et que l'impact économique sur le continent serait limité", indique Politico. Car la situation de l'UE laissait déjà à désirer : l'Allemagne "voyait tout juste arriver un léger rebond dans son secteur industriel stagnant quand le coronavirus a frappé", poursuit le média. En Italie, l'épidémie "vient se greffer sur une économie déjà en difficulté et une situation des finances publiques très fragile", analyse également Il Sole-24 Ore, principal quotidien économique du pays, repris par La Croix et l'AFP.

D'autres conséquences à plus long terme se font sentir. L'Italie "menace de plonger (...) dans la récession" [Le Figaro]. En France comme en Allemagne, "les dernières prévisions de croissance pour cette année ont déjà été divisées par deux dans certains cas", ajoute-t-il. L'impact du virus sera "sévère", a enfin reconnu le ministre français des Finances, Bruno Le Maire [Politico].

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Certains Etats ont ainsi immédiatement réagi. Berlin "vient d’annoncer quelques mesures de soutien, mais sans dévoiler le vigoureux plan de relance qu’espéraient les experts", rapporte Le Monde. Le pays, qui dispose de solides finances publiques, apparaît préparé. Ce n'est en revanche pas le cas de tous les Etats membres : le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a d'ores et déjà déclaré que son pays "devrait probablement demander à la Commission européenne plus de flexibilité" sur son déficit, les 7,5 milliards d'euros d'emprunts annoncés à Bruxelles vendredi dernier s'avérant finalement "insuffisants" pour répondre à la crise [Politico].

Promesses européennes

L'Italie n'est pas la seule à en appeler à l'Europe. Bruno Le Maire a également invité les Européens à mettre en oeuvre une réponse "massive", ainsi qu'un plan de relance [Politico]. Pour le moment, "la BCE se contente d’un silence complet dans l’attente de sa prochaine conférence de presse ce 12 mars" [Le Figaro]. La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a cependant assuré être "en contact constant" avec Christine Lagarde, la présidente de la BCE, pour trouver les meilleures réponses macroéconomiques à la crise actuelle, rapporte Politico.

L'Union "usera de toutes les mécanismes de flexibilité nécessaires", a déclaré Ursula von der Leyen en conférence de presse lundi. La possibilité d'une aide financière aux pays en difficulté a même été évoquée. "La question est de savoir d'où viendrait cet argent", interroge toutefois Politico : l'UE ne disposant que de ressources limitées et ne pouvant pas s'endetter, elle devrait faire appel à la solidarité des Etats membres. Et l'Allemagne "se trouverait encore une fois obligée de prendre les devants", comme lors de la précédente crise financière, indique le média.

Pour le moment, et "tant qu'il n'y aura pas plus de visibilité sur l'ampleur de l'épidémie, les leaders européens admettent qu'ils ne peuvent pas faire beaucoup plus qu'observer et attendre", résume Politico. Ce qui ne les empêche pas de se concerter : ce 10 mars à 17h, les dirigeants européens tiendront une visioconférence pour coordonner leurs actions face au coronavirus, a annoncé la présidence française citée par RFI et l'AFP.

 

 

 

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