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[Revue de presse] Coronavirus : des mesures nationales en série mais un manque de coordination au niveau européen

Revue de presse 13.03.2020

Face à la pandémie qui s’étend au sein des populations et grève l’économie, les Etats membres de l’UE ont pris des mesures au niveau national jeudi 12 mars. La France alerte sur le risque du "repli nationaliste" et appelle à plus de coordination européenne malgré plusieurs annonces de la Commission et de la Banque centrale européenne.

A Rome, les rues sont désertes depuis que le gouvernement italien a ordonné le confinement de la population le 9 mars

A Rome, les rues sont désertes depuis que le gouvernement italien a ordonné le confinement de la population le 9 mars - Crédits : Anton Aleksenko / iStock

La propagation de l'épidémie et la nécessité d'une réponse rapide, conduisent les pays européens à adopter une série de mesures de plus en plus strictes. Annulations de rassemblements publics, fermeture des écoles et commerces, restrictions de la libre circulation… la journée de jeudi a été émaillée d'annonces qui ont "secoué l'économie, l'enseignement et la culture en Europe", constatent Les Echos. Des dispositifs qui diffèrent d’un Etat membre à l’autre, poussant L'Express à poser la question :"Pourquoi tant de disparités dans la lutte au niveau européen ?"

Des territoires fermés

Parmi les annonces les plus marquantes, celle de la Slovaquie qui a fermé ses frontières vendredi 13 au matin.  A l'exception des ressortissants polonais, "aucun citoyen étranger ne sera autorisé à entrer en Slovaquie", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur Peter Lazarov à l'AFP. De même, "tous les Slovaques rentrant de l'étranger devront se mettre en quarantaine pour une période de 14 jours" ajoute Libération. L'Espagne et la République tchèque ont également mis en place des restrictions de circulation. Toutes les liaisons maritimes et aériennes sont désormais suspendues avec l'Italie et le Maroc. Le gouvernement tchèque a en revanche fermé les frontières de son pays "aux voyageurs de zones à risque", soit quinze Etats, dont la France. "Nous avons aussi interdit aux citoyens tchèques d’entrer dans ces zones à risque", a précisé le Premier ministre [Ouest-France]. Enfin, mesure symbolique pour une Europe "construite sur le couple franco-allemand", les premiers contrôles à la frontière franco-allemande ont été effectués par la police de Sarre sur les automobilistes en provenance d'Alsace-Moselle [Les Echos].

Au niveau national, des villes, voire des régions sont mises en quarantaine. En Italie, les habitants sont confinés à leur domicile jusqu'au 3 avril. La mesure a été étendue à l'ensemble du pays lundi 9 mars. En Espagne, La Presse rapporte qu'en Catalogne les habitants de quatre municipalités "ne peuvent pas quitter leur agglomération", depuis 21h ce jeudi.

Une vie à l'arrêt

En France et au Luxembourg, le confinement est appliqué pour les personnes de plus de 70 ans. Les deux pays interdisent désormais les visites aux personnes âgées dans les maisons de retraite et les hôpitaux : "l’urgence est de protéger nos compatriotes les plus vulnérables" a déclaré le chef de l'Etat français. Lors de son allocution télévisée prononcée jeudi 12 mars, Emmanuel Macron a également décrété la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités "jusqu'à nouvel ordre" [Le Monde]. La France s'ajoute ainsi à la liste toujours croissante, des pays qui ont adopté des mesures similaires.

Dans une dizaine de pays, les écoles et établissements d'enseignement supérieurs sont fermés pour des durées indéterminées. Au Portugal et en Belgique, toutes les écoles seront fermées à partir de lundi "au moins jusqu'à Pâques" [Le Monde]. "Les écoles sont aussi fermées en Grèce, en Roumanie, en Lituanie (jusqu'au 27 mars), en Norvège, au Danemark et en Autriche", listent Les Echos. Au Royaume-Uni, la fermeture des écoles est également "à l'étude" par le gouvernement.

Les restrictions ne se limitent néanmoins pas aux rassemblements scolaires ; de plus en plus de magasins et de lieux culturels ferment leurs portes. En République tchèque, après l'interdiction des rassemblements de plus de 30 personnes, la fréquentation des théâtres, cinémas, salles de concert, piscines et bibliothèques est également interdite [Ouest-France]. Des restrictions similaires s'appliquent en Slovaquie et en Irlande [Les Echos]. En Italie, à l'exception des pharmacies et magasins alimentaires, c'est l'ensemble des commerces qui sont désormais fermés. En France, ce sont tous les matchs de football de Ligue 1 et de Ligue 2 qui sont suspendus "jusqu'à nouvel ordre" [Le Monde].

Une réponse européenne nécessaire

Face à cette multitude de mesures prises unilatéralement, Emmanuel Macron a invité ses homologues européens à trouver une réponse coordonnée au niveau européen. "Il faut éviter le repli nationaliste" a-t-il déclaré jeudi soir, "ce virus n’a pas de passeport". Il rappelle ainsi la nécessité d'apporter une réponse européenne, notamment sur le plan économique. Les premières annonces formulées en la matière par la Banque centrale européenne sont jugées insuffisantes par le chef de l'Etat [Le Monde]. Christine Lagarde, directrice de l'institution, a en effet annoncé jeudi 12 mars une série de mesures pour soutenir l'économie. Elle n'a en revanche pas baissé ses taux d'intérêt, ce qui n'a pas permis de rassurer les investisseurs ni empêché de nouveaux reculs des indices boursiers [Libération].

 

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